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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 11:26

 

Une jeunesse en mouvement

 

Paru dans African Business - Juin/Juillet 2012

 

 

 

Au Burkina Faso, comme dans tant d’autres pays, les jeunes aspirent au changement, jouant des coudes pour prendre leur place et apporter leur pierre à l’édification de la nation.

 

 

C’est le style vestimentaire de la jeunesse burkinabè qui nous renseigne le plus justement sur ses aspirations et sur son désir à aller de l’avant. Aujourd’hui, les jeunes affichent sans hésitation leurs couleurs, composant allègrement avec les cultures d’ici et d’ailleurs. Ce que constate le créateur de mode Sibiri François Yaméogo. « Ils ne sont pas complexés à l’idée de mélanger les genres, en portant un costume de coupe européenne confectionné en Faso Dan Fani, le tissu de coton bio du Burkina ». Le styliste modéliste précise que la nouvelle génération se reconnait dans le mixage des tendances, contrairement aux ainés qui ont dû ferrailler pour défendre leur identité face à une pensée dominante venue d’Occident.

Toutefois, il s’interroge sur la capacité des dirigeants à agir en fonction de cette évolution. « Ils sont en déphasage », remarque-t-il. L’empressement de la jeunesse à vouloir changer les mentalités s’est manifesté au 1er semestre de l’année 2011. On se souvient que ce sont des manifestations estudiantines qui ont mis le feu aux poudres et qu’il a fallu beaucoup d’adresse – et l’amorce de réformes – pour ramener le calme dans les esprits.

Aujourd’hui, Achille Marie Joseph Tapsoba, le ministère de la Jeunesse, de la formation professionnelle et de l’emploi, se mobilise en leur faveur. Il a lancé en février un Programme spécial de création d’emploi portant sur 60 000 postes et la formation de plus 40 000 jeunes par an, en moyenne, jusqu’en 2014. Ce programme arrive à point nommé. Au Burkina, plus de 60% des chômeurs ont moins de 35 ans.

 

Innover

Mais si l’initiative est bien accueillie, la jeunesse n’en conserve pas moins son impétuosité et entend être associée au renouvellement d’idées du « pays des hommes intègres ». Mariama, juriste, résume. « Nous voulons que la classe politique mise sur nous, qu’elle nourrisse nos ambitions. Cela signifie plus d’emplois à tous les niveaux, et des responsabilités. Les richesses existent, c’est au système de changer et d’innover. Notre génération est née sous Blaise Compaoré et depuis il n’y a pas eu d’alternance ».  

Un étudiant en sociologie se montre encore plus vindicatif. « Au Burkina Faso, les perspectives d’avenir des jeunes sont limitées et les ambitions peu soutenues. Ce qu’il faudrait, c’est un gouvernement qui investisse sur la jeunesse. Comment ? En encourageant la poursuite d’études, en attribuant davantage de bourses, en recrutant plus d’enseignants, en favorisant l’éclosion de mouvements de jeunes, la formation des cadres… ».  Mais, en l’état de la situation, les gens se bornent au minimum, cherchant n’importe quel emploi pourvu qu’il leur procure un revenu.

Les jeunes Burkinabè s’accordent à dire qu’il faudrait redonner du souffle à un système vieillissant. Ils constatent que la société est démotivée et qu’elle ne croit plus vraiment à une amélioration de ses conditions d’existence. Pourtant Mariama souligne que les investisseurs étrangers sont de retour au Burkina Faso et que les conditions sont réunies pour relancer l’activité économique. « Le Burkina est une niche de paix au niveau de la sous-région », fait-elle remarquer. Elle envisage d’ailleurs d’installer son cabinet de conseil à Ouagadougou pour « faire bouger les lignes » et être associée à la prise de décisions.

Il y a en effet urgence. L’érosion du système éducatif est palpable et l’insertion professionnelle compromise. « Actuellement, dans le sud-ouest du pays, de jeunes gens, analphabètes car ils ont quitté l’école trop tôt, travaillent sur des sites d’orpaillage. Ceux qui ont été scolarisés sont au chômage, et se retrouvent assis devant les maisons à boire du thé ou à vendre des téléphones portables », constate l’étudiant en sociologie.

A Dori, au nord-est du pays, des jeunes revendiquant des emplois dans le secteur minier se sont récemment révoltés. Mais comment favoriser leur entrée sur le marché du travail quand les seniors, à défaut d’un système de protection sociale capable de leur assurer une retraite convenable, se maintiennent en poste le plus longtemps possible ?

En définitive, la colère des jeunes a mis en exergue des dysfonctionnements. La classe dirigeante s’emploie aujourd’hui à réajuster tout un ensemble de variables pour que la société burkinabè – jeunesse incluse - puisse plus largement bénéficier des revenus que procurent la production et l’exportation d’or, de coton, de karité, de noix de cajou, commercialisées sur les marchés d’Europe, d’Asie et d’Amérique.

 

10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 06:36

 

Ouagadougou a lourdement payé

 

Le Magazine de l'Afrique - Janvier/Février 2012

 

 

Le Burkina Faso a payé un lourd tribut à la barbarie perpétrée sur son territoire par des puissances étrangères.

 

La traite transatlantique a durement frappé, tout comme la traite transsaharienne qui a fourni en main d’œuvre les pays du Maghreb et de la péninsule arabique. Ces siècles d’esclavage ont profondément et durablement bouleversé les équilibres. Pour éviter les razzias, l’agriculture s’est développée loin des circuits commerciaux, et les rendements ont alors considérablement chuté. Des régions ont été délestées de leurs habitants quand d’autres se sont trop rapidement densifiées. Dans le Sahel, où transitaient les esclaves en partance vers le nord, des populations se sont fixées, tandis que des Ghanéens ont fui les esclavagistes de la Gold coast en se réfugiant au Burkina Faso. Les stigmates de cette période se sont aussi inscrits sur les peaux - scarifiés pour la circonstance - et ont durablement marqué de leur empreinte les mémoires.

C’est dans cet environnement délétère que le colonisateur français arrive, à la fin du 19e siècle, précipitant son installation pour doubler ses concurrents anglais et allemands qui convoitent également ce territoire. En Haute-Volta, la résistance s’organise, mais la France en vient à bout, n’hésitant pas à exécuter Karamokho Ba Sanogo, un lettré avec qui elle avait pourtant signé un traité d’établissement.

En 1904, l’opération dite de « pacification » s’achève et la conquête commence. Elle est totale et brutale, et dérégule les équilibres. « Avant la colonisation, il n’existait pas d’Etat burkinabé tel que constitué dans ses frontières actuelles », explique l’archéologue Elisée Coulibaly. « C’était de grands empires hiérarchisés, placés sous l’autorité d’un souverain, le Moogo Naaba. En parallèle, coexistaient les populations villageoises Bwa, qui étaient des sociétés de type communautaire. Elles géraient collectivement la brousse, la forêt et les eaux, sous la conduite d’un chef de terre ». La France bouleverse cette organisation, s’adossant sur certains groupes sociaux pour conforter son autorité en perpétuant, au besoin, certaines pratiques… comme les travaux forcés. « On a transféré le mode brutal - employé par les esclavagistes - au mode colonial », fait remarquer un observateur burkinabé.

En 1915-1916, les Bwaba se révoltent contre cette entreprise d’asservissement. La guerre se propage. De la boucle de la Volta, elle essaime à l'est, dans le cercle de Ouagadougou, puis dans la région de San au Mali, et jusqu’à Dakar. Les villages sont bombardés, mitraillés, pillés, par l’armée coloniale. Des milliers de soldats sont mobilisés pour mater le mouvement insurrectionnel des populations. Plusieurs dizaines de milliers de morts sont à déplorer parmi les combattants anticoloniaux.

 

Travaux forcés

Trois ans plus tard, en 1919, la Haute-Volta est créée. Les hommes sont contraints aux corvées pour nourrir les ambitions expansionnistes de l’empire français. Ils sont loués à des chefs de plantations. Les femmes et les fillettes sont réquisitionnées pour des travaux de construction, comme à Ouagadougou, ou des milliers d’entre-elles sont mobilisées à cette fin. Certaines sont kidnappées et violées. Leurs enfants sont placés à l’orphelinat de Bingerville, en Côte d’Ivoire. Les jeunes sont enrôlés de force dans l’armée et envoyés au front, dans toutes les guerres – mondiales et coloniales – où la France est engagée. 50 000 combattants voltaïques sont mobilisés en 1939-1945, ainsi qu’en Algérie et en Indochine Des bataillons de recrues venues de Haute-Volta tombent aux champs d’honneur.

Pour imposer son diktat, l’administration coloniale segmente l’espace et réglemente la vie sociale. « Jusqu’aux années 1950, à Bobo-Dioulasso, les « indigènes » étaient sommés de quitter certaines zones habitées par les Blancs avant 17 heures », atteste un Ouagalais, qui précise qu’une sirène retentissait pour les rappeler  à l’ordre.

La terre est confisquée et l’économie détournée de sa fonction vivrière. L’administration coloniale planifie l’exploitation des terres. « Le système colonial fit de la Haute-Volta une productrice de produits de base destinés à l’exportation. Après des tentatives pour le caoutchouc, le karité, le sisal, l’arachide et les fibres de kapok, les Français concentrèrent leurs efforts sur la culture du coton », fait remarquer Moussa Willy Bantenga professeur à l’université de Ouagadougou. Cette culture se met en place au détriment de l’agriculture de subsistance. Pour imposer la pratique, le colonisateur établit des quotas de production. Mais les rendements escomptés ne sont pas atteints et le pays est désinvesti.

En 1932, la Haute-Volta est tout bonnement supprimée de la carte. Elle est rattachée à la Côte d’Ivoire, au Soudan et au Niger. Quant aux populations, elles sont ventilées sur les colonies de rattachement. Des voies de chemin de fer, des routes, des écoles et des dispensaires - financées par un impôt de capitation - sont construits par cette main-d’œuvre non rémunérée. Les équipements sont ensuite destinés aux Français. Bien peu d’autochtones en bénéficient. Les populations locales sont en effet écartées de l’instruction. Le taux de scolarisation est d’à peine 4% à l’indépendance. Pourtant, la Constitution de 1946 a bien modifié le statut des colonies, accordant à tous les ressortissants des territoires d'Outre-mer la qualité de citoyen français. Mais seuls quelques étudiants peuvent poursuivre leurs études en métropole. Joseph Ki-Zerbo est l’un d’eux. Agrégé d’histoire, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, il crée le Mouvement de libération nationale.

En 1947, l’entité voltaïque est de nouveau restaurée dans ses anciennes frontières et fait désormais partie des territoires d’Outre-mer. L’étau se desserre un peu, à la faveur de mouvements politiques, notamment le Rassemblement démocratique africain (RDA), fondé par Félix Houphouët-Boigny et Philippe Zinda Kaboré. L’un des dirigeants historiques est Ouezzin Coulibaly. Il sera le premier chef du gouvernement en 1958. Le 5 août 1960, l’indépendance est proclamée. Maurice Yameogo est le premier président de la République de Haute-Volta. Mais les ravages provoqués par l’esclavage et la colonisation ont gravement obéré l’avenir du pays des hommes intègres.

 

Restaurer l’unité

Saignée de son capital humain et de ses ressources, la Haute-Volta doit restaurer son unité et construire un projet pour son peuple dans un pays laminé, qui a hérité du passif légué par le colonisateur. Le découpage territorial tel qu’opéré durant la période coloniale a en effet fortement ralenti le développement de la région ouest du Burkina Faso, qui ne parvient toujours pas à rattraper son handicap. « La France a rattaché cette partie de la Haute-Volta à la Côte d’Ivoire, de sorte à scinder le pays au lendemain de l’insurrection des Bwaba. L’Ouest a ainsi été sciemment désinvesti et ses infrastructures négligées, pour empêcher toute nouvelle tentative d’insurrection. Cela a créé une fracture au sein du pays », déplore le philosophe Lazare Ki-Zerbo.

Au plan économique, ce n’est guère mieux. Tout est à reprendre. Dans son discours prononcé à l’occasion du cinquantenaire, l’autorité burkinabé a référé à la situation dans laquelle se trouvait le pays à l’indépendance. « La dislocation et la partition du territoire de nos ancêtres, a, pendant longtemps, nourri les interrogations sur la viabilité de notre nation. L’intensité des flux migratoires en direction des territoires voisins plus favorisés par la nature semblait en être l’indicateur. Au fil des ans, et au prix d’un labeur soutenu, notre pays a accompli d’importants progrès », a déclaré Blaise Compaoré, président du Faso, en décembre 2010. Mais les cultures de rente, comme le coton, perdurent. Il est toujours cultivé et massivement exporté, sans subir de transformation, depuis que les financeurs des programmes d’ajustement structurels ont décrété la fermeture des filatures. Pourtant, à Bobo-Dioulasso, avant la conquête française, il se filait des cotonnades d’une très grande finesse de trame et d’une solidité équivalente. Tout cela a été détruit, comme la métallurgie du fer qui n’a pas résisté à l’entreprise coloniale. Depuis, les Burkinabé luttent pour rattraper le retard au développement qui résulte de cette longue période d’asservissement.  

 

7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 20:43

Burkina Faso : Quelles perspectives

pour 2012 ?

 

Paru dans Le magazine de l'Afrique - Mars-Avril 2012

 

Après la crise sociopolitique qui a secoué le Burkina Faso l’an dernier, des améliorations ont été opérées dans le système de gouvernance politique et judiciaire, administrative et économique du pays. Mais les dommages sont considérables et la situation reste difficile pour les Burkinabè.

 

La crise sociopolitique qui a frappé le Burkina Faso au cours du premier semestre 2011 a été une redoutable épreuve dont se remet graduellement le « pays des hommes intègres ». Les dommages collatéraux (structurels, institutionnels et économiques) sont considérables. La croissance, entamée, a aggravé les facteurs de pauvreté. La crise a été d’autant plus aiguë qu’elle est apparue au moment même où la Côte d’Ivoire subissait la sienne, et simultanément à celle de l’Euro et à la grande récession des marchés financiers internationaux.

En dépit du marasme ambiant, le Burkina Faso restaure son unité et entame réformes et consultations pour entériner le retour au calme, lutter contre la vie chère et installer durablement la paix.

Le président Blaise Compaoré a procédé à de nombreux remaniements. En avril, il a nommé Premier ministre Luc Adolphe Tiao, en remplacement de Tertius Zongo dont le gouvernement a été dissous. De nouveaux chefs d’état-major ont été mis en place six mois plus tard pour diriger les armées de terre et de l’air, ainsi que la gendarmerie nationale. Des régiments ont été créés et la carte militaire a été restructurée. La restauration progressive de l’autorité se traduit également par une plus grande fermeté s’agissant de la gestion des affaires et des fonds publiques.

« À la faveur de la crise, de nouveaux responsables ont été nommés à la tête de certaines grandes entreprises de la place, comme la Société nationale burkinabè des hydrocarbures, la Société nationale d'électricité du Burkina Faso, la Société burkinabè des fibres textiles, la Loterie nationale burkinabè et la Société nationale des postes du Burkina Faso », fait remarquer un opérateur d’une chambre consulaire. En janvier, un nouvel inspecteur des douanes a été installé par le ministre de l’Economie et des Finances, en lieu et place de celui qui a été limogé pour fraude et corruption. Le même mois, une commission d’enquêtes parlementaires sur l’attribution des marchés de travaux publics et des subventions dans le secteur de la santé a été installée. Ses conclusions seront rendues en mars.

 

Situation compliquée

La sécurité des populations est également l’une des priorités. Suite aux destructions de biens publics et privés, aux incendies de domiciles et de commerces qui ont occasionné des dégâts considérables et le décès de plusieurs personnes, le dispositif sécuritaire a été renforcé. L’Etat a accédé aux revendications des étudiants qui réclamaient le départ de la police universitaire et les textes ont été abrogés.

A Luc Adolphe Tiao incombe la lourde tâche de conduire les changements en cette année où vont avoir lieu deux scrutins : les élections municipales et législatives. Le Premier ministre encourage toutes les composantes politiques au débat afin que les décisions soient prises collégialement, notamment via le Conseil consultatif sur les réformes politiques qui a été créé en juin 2011. Hermann Yaméogo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le changement (UNDD), préconise lui aussi le dépassement des clivages et émet l’idée d’un pacte entre les partis politiques et les associations autour des questions prioritaires.

Fidèle à son credo « Rien ne se fera sans la volonté du peuple, tout se fera avec le peuple », le chef du gouvernement enchaine consultations et prises de décisions. Aux syndicats, il propose un nouveau partenariat pour rationnaliser davantage encore la gestion des biens publics et répartir plus équitablement les richesses. Les industries minières doivent ainsi verser une quote-part aux communes où elles sont implantées pour contribuer à leur développement. L’amélioration des conditions de travail est aussi à l’ordre du jour. En août, un décret a renforcé les mesures d’hygiène et de sécurité, notamment pour les fonctionnaires, les magistrats et les militaires. Des visites médicales gratuites sont également prévues pour les retraités du privé et du public. On promet, d’ici à trois ans, la mise en place de l’assurance maladie universelle.

De nouvelles politiques éducatives sont annoncées, telles le Programme de développement stratégique de l’éducation de base et le Programme national d’accélération de l’alphabétisation. La durée de formation des enseignants du primaire a été portée à deux ans. Les directeurs régionaux devront faire l’état des lieux des équipements scolaires afin d’améliorer les conditions d’accueil qui ne sont pas toujours satisfaisantes. Concernant l’enseignement supérieur, le Premier ministre exhorte les étudiants et les enseignants à limiter les grèves, assurant que tout sera par ailleurs mis en œuvre pour améliorer la performance du système éducatif.

Dans un pays où les 15-35 ans représentent 70% de la population, il est primordial et urgent de définir comment satisfaire les besoins d’éducation, de formation et d’emploi. L’Etat y travaille mais la marge de manœuvre est mince. Les ressources publiques sont limitées, a fortiori au moment où les partenaires techniques et financiers réduisent la voilure. Personne n’oublie que la mort du collégien Justin Zongo, en février 2011, dans des circonstances troubles, a été l’élément déclencheur de la contestation au sein de la jeunesse burkinabè. Et que les manifestations contre la vie chère se multiplient ces dernières années. « Nous avons un problème fondamental ici, au Burkina, c’est donner suffisamment à manger, à boire, à se soigner et à se loger à nos populations. Quand vous regardez le classement du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), au niveau de l’indice du développement humain, le Burkina est 181e sur 187 », soulignait récemment Ablassé Ouedraogo, chef de file du parti Le Faso autrement. Le gouvernement vient pourtant en aide aux Burkinabè fragilisés par le surenchérissement du coût de la vie.

La taxe de développement communal est annulée. Le prix des produits alimentaires de base a baissé et les pénalités de retards de paiement des factures d’eau et d’électricité sont suspendues. Mais ces mesures ne solutionnent pas tout. Depuis plusieurs semaines, les vivres manquent. Les pluies trop rares, dans certaines provinces, ont entamé l’espoir de bonnes récoltes, et la campagne agricole est en-deçà des espérances. Le spectre d’une crise alimentaire plane.


24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 21:14

Esclavage, colonisation

Quelle responsabilité ?

 

Paru dans Le magazine de l’Afrique – Mars/Avril 2012

 

 

Les Etats qui ont perpétré l’esclave et la colonisation au Burkina Faso sont-ils aujourd’hui tenus au devoir de réparation ? Débat.

 

Gal-Sangoule-Lamizana-3dcb0.jpg« C’est nous les Africains qui revenons de loin »… Impossible d’oublier le sang versé pour une patrie qui enrôla de force les recrues des territoires d’Outre-mer. Le souvenir des tirailleurs venus du Soudan, du Sénégal, du Niger ou de Haute-Volta (actuel Burkina Faso) hante les mémoires. Le cinquantenaire, célébré en 2010, a permis de revenir sur la mobilisation de ces hommes. Au Burkina Faso, on se souvient.

Dans la presse burkinabé, on déplore que le soldat Ioumanga Ouédraogo - et tant d’autres - n’ait jamais eu droit de cité dans aucune production française, qu’aucune rue ne porte son nom ou même que quelques lignes de l’abondante littérature ne soient consacrées à ces anonymes qui partirent au combat. On se réjouit en revanche que « la France accepte enfin de revaloriser les pensions des « tirailleurs sénégalais » à l’occasion de ce 14 juillet 2010 ». Reconnaître le sacrifice consenti à l’effort de guerre, et indemniser les anciens combattants à hauteur de ce que perçoivent leurs coreligionnaires, c’est - en effet - le moins que puissent attendre, en termes de réparations, les Burkinabé. « Si d’ici au mois de mars 2011, cet alignement est effectif, nous serons heureux. Et c’est à ce moment que nous dirions bravo à la France qui aurait tenu parole », déclarait en début d’année Soma Koné, président de l’association des anciens combattants burkinabé.

En 2010, on estimait entre 1 000 à 1 500 le nombre d’entre eux qui pouvaient bénéficier de pensions réajustées. Au total, avec les ayants droits qui perçoivent une pension de réversion, cela représente quelque 6 000 personnes. Pour le réalisateur Didier Bergounhoux, qui a côtoyé ces anciens soldats de la Volta durant le tournage de son film La reconnaissance, il ne fait aucun doute que le paramètre financier est important dans le principe de réparation. Mais pas seulement. « Au-delà de l’argent, ce qui les affecte, c’est ce sentiment d’injustice, de trahison, ce manquement à la parole donnée ». En somme, ce qui est demandé à la France, c’est de s’acquitter de sa dette à l’égard de ceux qui ont combattu sous son drapeau. « Il est scandaleux qu’elle s’affranchisse de ce qu’elle doit sous le prétexte que les anciennes colonies ont souhaité leur indépendance », ajoute le réalisateur.

 

Restaurer et divulguer la vérité historique

Du côté des Burkinabé, on salue les commémorations comme le bicentenaire de l’abolition de l’esclavage, le travail bien documenté des historiens, ainsi que la loi Taubira, mais on convient que ces initiatives ne sont pas suffisamment popularisées en Afrique. « Il y a un travail sur la mémoire à faire et en particulier au Burkina vis à vis des afro-descendants », fait remarquer le président du Comité international Joseph Ki-Zerbo. Quelques initiatives existent pourtant. Sarah Boyain, auteure de Les enfants du Blanc, un documentaire sur les enlèvements et les viols de femmes burkinabè par des militaires durant la période coloniale, indique que des enfants métis ont tenté de se constituer en comité pour que leur soit reconnue la nationalité française. « A défaut d’avoir été reconnus par leur géniteur, ils demandent la reconnaissance de l’Etat français », souligne-t-elle.

Pour réparer le préjudice dont ont été victimes ceux qui ont subi de plein fouet la colonisation et l’esclavage, il est également attendu que soit restaurée et divulguée la vérité historique, même si la réalité risque de faire grincer des dents. On convient, en effet, que l’évocation de certains faits serait difficile à entendre et risquerait fort de « perturber » ; mais en les contournant, on ajouterait encore un peu plus à l’injustice et on manquerait à l’honneur. Alors, chacun s’emploie à son niveau à témoigner, sans esprit revanchard et sans haine, mais dans l’espoir que cela bénéficie à l’Humanité, et qu’elle puisse réapprendre à s’apprécier sans hiérarchiser les cultures, les savoirs et les hommes. Mais pour cela, il faudrait, dit-on, que cesse cette censure qui ne dit pas son nom, et qui pourtant s’exerce. Didier Bergounhoux en a fait l’expérience.

Lorsqu’il décide du tournage de son film qui met en scène les anciens tirailleurs de Haute-Volta, il constate que cela n’intéresse absolument personne. Il sollicite, en vain, des financements auprès de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (SGA/DMPA) du ministère français de la Défense et des anciens combattants. France télévision, contactée pour le préachat, lui oppose le même refus, craignant que ses interviews ne produisent un « effet catalogue ». Quant au film de Sarah Bouyain, s’il a reçu un timide soutien du ministère français des Affaires étrangères, il a en revanche fallu attendre six ans pour qu’une chaine française se décide à le programmer.

Cette nonchalance pose question. « Je ne crois pas que l’esprit soit à la réparation en France », confie-t-on, référant à la surmédiatisation de propos qui tendent,  a contrario, à banaliser les exactions commises – en insistant sur de prétendus bienfaits de la colonisation - ou qui voudraient dédouaner l’ancienne puissance coloniale.

 

Crimes contre l’humanité

Au Burkina Faso et au sein de la diaspora burkinabé de France, on espère que le travail de mémoire va s’effectuer pour ne pas oublier que les générations actuelles paient encore le prix de cette déstructuration profonde du territoire, de l’économie et de l’identité. Il en est qui escomptent d’ailleurs une reconnaissance morale de ces crimes contre l’Humanité. « On n’attend pas que l’on nous verse 10 milliards d’euros de réparations mais que l’on reconnaisse qu’il y a eu crime contre l’Humanité, et que l’on considère que le sous-développement est la conséquence de cette histoire », fait-on remarquer dans certains milieux. On assure aussi que la thèse majoritairement soutenue en Afrique est celle consistant à dire que des réparations auraient dû être faites.

C’est d’ailleurs au Burkina Faso que l’annulation de la dette fut instamment demandée, en 1987, par Thomas Sankara, alors président du Conseil national de la révolution (CNR).

Thomas-Sankara.jpgAu sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), à Addis Abeba, il avait prononcé un discours historique sur la dette de l’Afrique aux bailleurs de fonds des institutions internationales. Le président du Faso avait déclaré : « Nous estimons que la dette s’analyse d’abord de par ses origines. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui nous ont prêté de l’argent, ce sont ceux-là qui nous ont colonisés. Ce sont les mêmes qui géraient nos Etats et nos économies. Ce sont les colonisateurs qui endettaient l’Afrique auprès des bailleurs de fonds, leurs frères et cousins. Nous étions étrangers à cette dette. Nous ne pouvons donc pas la payer. »

Pour certains, le plaidoyer de Thomas Sankara demeure d’actualité et constitue la pierre angulaire du débat sur la réparation. Pour d’autres,  en revanche, le combat est impossible. « Le mal est fait », lance-t-on, ajoutant, qu’aujourd’hui, le discours qui domine en France se rapporte à l’immigration, et au danger qu’elle représente. C’est ce thème qui focalise toutes les attentions et qui a éclipsé toute velléité de réparation de la part de l’ex-puissance coloniale. « La question des réparations est devenue un combat d’arrière-garde », constate-t-on, non sans dépit. D’autres encore veulent sciemment « laisser tomber » cet aspect de l’histoire et aller de l’avant. « Il faut aller la main dans la main, car dans ce monde on ne peut marcher seul », fait remarquer un octogénaire burkinabé. « Ce sont les ancêtres qui ont commis ces actes », ajoute-t-il, poursuivant : « Il faut laisser toutes ces choses-là à l’histoire et considérer que l’on ne peut pas rattraper ce qui a été mal engagé par le passé. ». Certains considèrent aussi qu’après cinquante ans, il y a prescription et que l’on ne peut plus parler de responsabilité.

Toutes les hypothèses sont à ce jour soulevées, avec plus ou moins de véhémence. Signe que le débat n’est pas clos. Mais au-delà de la controverse, c’est bien du Burkina Faso contemporain dont il s’agit et de la façon dont on va pouvoir transformer le passif pour que le futur s’ouvre sur des perspectives plus équitables.  

 

23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 07:09

 

Développement humain : solde négatif

 

 Paru dans New African – Septembre-Octobre 2011

 

Img2.jpgAu nombre des Objectifs du millénaire pour le développement que la communauté internationale est convenue d’atteindre d’ici à 2015, figurent la réduction de l’extrême pauvreté et de la mortalité infantile, l’amélioration de la santé maternelle, la lutte contre les maladies (dont le Sida et le paludisme), ainsi que la généralisation de l’éducation primaire. A quatre ans de cette échéance, ces défis sont-il en passe d’être relevés au Burkina Faso ? Enquête.

 

En dépit de l’aide au développement qu’apportent bailleurs de fonds et ONG par le biais de programmes d’appui et de financements de campagnes, au Burkina Faso, les maladies, la malnutrition et la déscolarisation sont en effet des maux encore trop répandus. Malgré les réformes engagées pour drainer des investissements étrangers qui permettraient d’accroître le développement économique du pays, et la multitude d’interventions dans le cadre de la coopération décentralisée et de missions humanitaires, la pauvreté a augmenté de 1,9% en 9 ans, passant de 44,5% en 1994, à 46,4% en 2003.

 

Accès à l’éducation

Taladidia Thiombiano, professeur d’économie à l’université Ouaga II, fait remarquer que le système scolaire burkinabé est inadapté, que les infrastructures sanitaires ne sont pas dans un état satisfaisant, et que les aléas climatiques sont à l’origine des pénuries alimentaires. Le retard qu’accuse le pays serait dû à une mauvaise répartition de la croissance, et au fait que les bailleurs de fonds n’élaboreraient pas une véritable stratégie nationale de développement. Les Canadiens, qui détiennent près de 60% des entreprises minières (principalement aurifères), appuient pourtant depuis près de vingt ans le secteur éducatif burkinabé. En 2010, un protocole d’entente portant sur 50 millions de dollars a été signé. Cela n’induit pourtant pas d’amélioration significative.

En 2007, moins du tiers de la population adulte était alphabétisée (29% des plus de 15 ans), un des taux les plus faibles du monde. Ces résultats s’expliquent par l’importance du décrochage scolaire. Moins de la moitié des élèves (43% en 2009) achève son cycle d’études primaires. Et ils ne sont que 21% de la classe d’âge à poursuivre en secondaire. Peu d’inscrits aussi dans l’enseignement supérieur, puisque seul 3% des Burkinabé y ont accès. C’est la recherche et le développement qui en pâtit. Ils ne sont que 46 chercheurs, en équivalent plein temps, par million d’habitants. Les conditions d’enseignement ne sont pas optimales. L’école élémentaire fonctionne, en moyenne, par groupe de 48 élèves ; dans le secondaire, ce taux diminue proportionnellement à celui du nombre d’inscrits, passant alors à 30 élèves.

Quant à l’alphabétisation des adultes, les infrastructures sont quasiment inexistantes et les méthodes d’enseignement – par exemple l’initiation assistée par ordinateur - sont en deçà des attentes, nonobstant les contributions des Pays-Bas, de la Suède et du Luxembourg. Au final, ce sont les compétences qui font défaut et le manque de ressources humaines qualifiées. Le déficit social est de même importance.

 

Un système de santé en souffrance

Côté santé, ce n’est pas la panacée. Loin s’en faut. « Un contexte économique difficile, marqué par la raréfaction des ressources, n'a pas permis d'atteindre tous les objectifs d'amélioration de la santé », convient le ministère de la Santé. A l’échelle nationale, on compte 12 hôpitaux régionaux et nationaux pour une population de 15,2 millions d’habitants, et un médecin pour plus de 22 500 habitants. En revanche, il y a 320 établissements privés. Mais ces prestations ne sont pas accessibles à tous. Pour pouvoir en bénéficier, il faut être immatriculé par son employeur. Dans un pays où le secteur informel est important, il y a forcément peu d’assurés sociaux. La Caisse nationale de sécurité sociale gérait au total 45 000 dossiers d’allocataires en 2008. Ce service, ainsi que la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) et l’Office de santé des travailleurs (OST), profitent à seulement 10% de la population burkinabè.

En l’absence d’un système de protection sociale généralisé à l’ensemble de la collectivité, le recours aux soins est un luxe. Les privilégiés qui peuvent s’offrir un suivi médical de qualité en paient le prix fort. Ils font appel aux sociétés privées qui prennent en charge l’organisation de leurs soins en France ou ailleurs. Quelques rares fois, les organisations humanitaires permettent de traiter des pathologies lourdes.

En 2008, le ratio de décès maternels était de 560/100 000 naissances en vie. En Belgique (l’un des premiers clients et fournisseurs du Burkina Faso), il est de 5/100 000, soit 100 fois moins. A Gorom-Gorom, dans la région du Sahel, non loin de la mine d’or d’Essakane (la plus grande du pays), le taux de mortalité maternelle est inquiétant. A Titao, autre région à fort potentiel minéral où une compagnie étrangère exploite également ces ressources, le bilan est aussi alarmant.  

Les enfants ne sont pas épargnés. Le quart des moins de 5 ans souffre de malnutrition. A Baskuy, un arrondissement de la commune de Ouagadougou qui a été sévèrement touché par des inondations en 2005 et en 2009, près de 16% de nouveau-nés sont en sous-poids. A Houndé, dans la région de culture du coton des Hauts-Bassins, ils sont 14% dans ce même cas. C’est là aussi que les taux de malnutrition des enfants de moins de 5 ans sont les plus élevés (3,8%). A Sindou, aux frontières du Mali et de Côte d’Ivoire, où les mêmes pathologies sont identifiées, il n’y a qu’un seul médecin et cinq infirmiers diplômés d’Etat pour une population à majorité rurale de près de 100 000 habitants, éclatée sur 75 villages. Rien d’étonnant alors que le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans soit de 166,4/1000 en 2009 dans le pays, contre 129,6 pour 1000 en Afrique subsaharienne.

L’indice de la tuberculose est également largement supérieur à celui d’autres pays. En 2009, 215 nouveaux cas pour 100 000 personnes ont été relevés. Le taux de prévalence du sida chez les 15-49 ans est de 1,2%. Plus de 4,5 millions de cas de paludisme sont recensés et la lèpre sévit toujours, dans des proportions, certes, infimes. Tout cela est forcément corrélé aux conditions de vie des populations. Dans l’espace public, la gestion de l’habitat et l’accès aux commodités de base demeure, en effet, problématique.   

 

Des conditions de vie à améliorer

Pourtant, de nombreux partenariats existent, notamment avec l’Allemagne et la France. Cette dernière (qui, sur le plan commercial est le deuxième fournisseur du Burkina Faso avec 99 milliards F.CFA de valeur exportée en 2008) a d’ailleurs contribué à hauteur de 55,6 millions d’euros d’aide publique bilatérale en 2009. Au titre de la coopération décentralisée, plus d’une centaine de collectivités de l’Hexagone communiquent à grand renfort de portails et de publications sur l’aide au Burkina Faso. Elles apporteraient ainsi leur expertise sur les segments de l’eau, de l’assainissement et du renforcement des services communaux. Les résultats ne sont pourtant pas probants.

« Le processus d’urbanisation est générateur d’énormes déficits sociaux. La croissance se caractérise par une augmentation de la population vivant en ville, ce qui a comme corollaires immédiats une insuffisance des infrastructures de base et un accès difficile aux services (santé, éducation, assainissement, transport, environnement, etc.), ainsi qu’un déficit croissant en logement », souligne-t-on au ministère de l’Habitat et de l’urbanisme, et on ajoute être mobilisé sur la question. Mais les capacités financières de l’Etat ne sont pas extensibles, et les problèmes inhérents à l’aménagement urbain - ou en zone rural - ne sont, pour l’heure, pas résolues.

A défaut d’un rythme soutenu de construction de logements, et faute de moyens pour résorber l’habitat précaire, c’est l’auto-construction qui prévaut, dans plus de 90% des cas. Les commodités d’usage – l’accès à l’eau et à l’électricité – ne sont pas garanties. Seulement 11% de la population avait du reste recours à des installations d’assainissement améliorées, en 2008. A la campagne, ce sont les constructions de type traditionnel en banco qui suppléent au bâti résistant aux intempéries. 

A l’échéance 2026, si de substantielles améliorations n’opèrent pas, ce sera pire. La population comptera 21,2 millions d’habitants, dont près de 3 millions à Ouagadougou et 1 million à Bobo-Dioulasso. « Ce processus d’urbanisation, s’il n’est pas maîtrisé en fonction des équilibres régionaux, peut afficher des bilans très négatifs sur le plan de l’organisation physique et de l’équité sociale », prévient le ministère de l’Habitat et de l’urbanisme.

 


25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 13:24

 

Restaurer l’intégrité du pays

 

Paru dans New African - Juillet-Août 2011

 

image mairieCrédit photo : RTB

 

En l’espace de quelques semaines, le Burkina Faso a fait face à de vives tensions.  Radioscopie des évènements.

Réputé pour être un pays relativement stable et ses habitants plutôt débonnaires, le « Pays des hommes intègres » a pourtant été confronté à une crise sans précédent, qui a commencé au mois de février.

Les étudiants d’abord, les soldats ensuite, ont manifesté haut et fort pour revendiquer qui justice, qui amélioration de ses conditions de vie et de travail. Des mouvements de protestation ont suivi dans plusieurs autres villes. Le bilan est lourd. On déplore plusieurs victimes.

Les étudiants de Koudougou (la troisième ville du pays) l’ont démontré en février, en manifestant avec virulence après la mort, dans des circonstances troubles, d’un des leurs, Justin Zongo, alors qu’il était en détention. Début mars, à Léo, d’autres manifestations estudiantines ont éclaté, à l’issue desquelles les locaux de la police ont été incendiés, tout comme le commissariat central, à Ouahigouya. Les soldats ont protesté à leur tour, rejetant la condamnation d’une poignée de leurs pairs impliqués dans une affaire de mœurs. La vague de contestation s’est progressivement amplifiée et a gagné d’autres casernes. Certains réclamant des primes, d’autres invoquant des différends avec la hiérarchie. Les militaires de Fada NGourma se sont à leur tour mutinés et ont détruit à l’arme lourde le palais de justice. Pendant ce temps, des soldats qui avaient été mis en cause pour atteinte aux mœurs ont libéré, fin mars, leurs coreligionnaires. Cela a suscité des protestations dans les rangs des syndicats de magistrats qui ont suspendu leurs activités juridictionnelles, demandant au chef de l’Etat Blaise Compaoré le respect des décisions de justice.

De fil en aiguille, les protestations ont gagné en intensité. La résidence du ministre de la Défense a été attaquée, puis celle du chef d’Etat-major général de l’armée ainsi que la maison du maire de Ouagadougou.  

 

 De la colère aux exactions

Le président Blaise Compaoré a réagi en condamnant les exactions. « Des éléments des Forces armées nationales, refusant de se soumettre à des décisions de justice, se sont emparés d’armes de guerre et de munitions pour terroriser les populations et se livrer à des actes de pillage. Ces contestations, accompagnées de comportements qui portent atteinte à la dignité de la femme, ne sauraient être tolérées dans un Etat de droit ». Il a engagé les acteurs politiques à réfléchir à des réformes. Pour faire retomber la colère, le chef de l’Etat a procédé à la révision des salaires des soldats. Mais deux semaines plus tard, de nouveaux incidents ont éclaté. Dans la nuit du 14 au 15 avril, des éléments de la garde présidentielle ont manifesté violemment, causant de lourds dégâts.

« Des armes ont encore crépité à Ouagadougou, et jusque dans le Saint des Saints de la république, à la Présidence du Faso, située à Kosyam. Les habitants de la capitale ont eu peur », écrit Sidwaya, le quotidien national, au lendemain des évènements. Aux mutineries des forces de l’ordre, se sont ajoutés, dans certains cas, des pillages nocturnes. Des commerçants qui avaient subi d’importants préjudices ont alors protesté pour obtenir réparation. Dans la colère, le siège du parti au pouvoir, le CDP, Congrès pour la démocratie et le progrès, a été incendié et des édifices publics, dont le bâtiment de l'Assemblée nationale, la mairie de Ouagadougou et le ministère du Commerce, ont été mis à sac.

Là-dessus se sont greffées les revendications des syndicats qui, à la faveur de la fête du 1er mai, ont réclamé la démocratisation de l’accès aux soins et à l’éducation. Des partis politiques de l’opposition ont rallié le mouvement. Ces derniers ont protesté contre le régime, critiquant la manière dont était gérée la crise. Au regard de tous ces évènements, d’aucuns ont souligné que la crise sociopolitique que traversait le pays était symptomatique d’un malaise profond généré par un sentiment d’injustice.

 

 S’attaquer aux racines du mal

Au lendemain de la mutinerie du régiment de la garde présidentielle, le chef de l’Etat a dissout le gouvernement et limogé le chef d'état-major général des forces armées. Le 18 avril, Blaise Compaoré, qui s’est octroyé le ministère de la Défense, a nommé Beyon Luc Adolphe Tiao à la tête d’un gouvernement resserré de 29 ministres (contre 38 dans la précédente formation). Tout juste nommés, ils ont cherché des solutions pour sortir de la crise qui secouait le Burkina Faso. « Ma préoccupation c'est d'abord de voir avec les partenaires sociaux quelles mesures prendre, en fonction de nos moyens, pour réduire les effets de la vie chère », a promis Luc Adolphe Tiao.

arton697.jpgLa nouvelle équipe ministérielle, sous la direction du Premier ministre qui remplace désormais Tertius Zongo, a entamé sans tarder des consultations et a pris des mesures drastiques pour faire baisser les tensions. Elles concernent la réduction des prix des produits de grande consommation, la suppression de la taxe communale de développement communautaire et l’abattement de 10% de l’impôt sur le traitement des salaires (ITS). A l’ordre du jour également, le retrait de la tarification des coûts médicaux et la suspension des pénalités de retard sur le paiement des factures d’électricité. L’avancement des fonctionnaires qui avaient été suspendus depuis 2008 a été reprogrammé, l’apurement étant prévu au plus tard en septembre 2011. A cela, la société civile répond : « On est un peu satisfait mais on attend les effets. Si les promesses sont tenues, ça va aller. »

Pour l’heure, les revendications des producteurs de coton qui avaient manifesté dans la région de Bobo Dioulasso, à la fin du mois d’avril, ont d’ores et déjà, été entendues. Ils réclamaient la réduction du prix des engrais pour la campagne 2011-2012 et la hausse des prix d'achat du coton. Début mai, le gouvernement a accédé à partie de leur demande en subventionnant davantage les intrants. Les différents corps armés ont également été entendus et leurs doléances – l’amélioration des conditions de vie et de travail – satisfaites. L’armée s’est engagée en retour à rentrer dans les casernes.

En parallèle, le gouvernement a garanti que des fonds seraient alloués à la réparation des locaux des commerçants ayant été pillés par les mutins, et a assuré du démarrage des indemnisations. Le Premier ministre a également déclaré la levée de la police universitaire, laquelle était considérée par les étudiants comme une atteinte aux franchises universitaires et à leurs libertés. Il a en outre été assuré du traitement diligent des dossiers judiciaires. 

 

Grand train de réformes

Dans les autres ministères, on s’active à la mise en œuvre du grand chantier des réformes.  Soungalo Appolinaire Ouattara, qui reprend la direction de la Fonction publique et hérite du ministère du Travail et de la sécurité sociale, a déclaré à l’issue de son installation vouloir « travailler sur la réforme administrative pour que la fonction publique puisse être efficace ». Au ministère de la Justice, Jérôme Traoré, qui cumule également la Promotion des droits humains, précise que la fusion des deux départements ministériels s’inscrit dans un contexte particulier marqué par la remise en cause des institutions républicaines, des acquis en matière de civisme et du respect des biens publics. Il s’agit, souligne-t-il, « d’allier désormais la promotion des droits humains à leur protection ». Jérôme Bougouma, ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité fait remarquer que « le mal est profond » et que « l’incompréhension est grande ». Le professeur Albert Ouédraogo nommé à la tête du ministère des Enseignements secondaire et supérieur dit souhaiter recevoir les conseils des uns et des autres pour que l’enseignement « sorte du marasme dans lequel il est entré, surtout concernant les universités ». Lors de la passation de témoin au ministère de la Jeunesse, de la formation professionnelle et de l’emploi, Justin Koutaba, le ministre sortant, a reconnu que ces dossiers étaient « deux domaines délicats, de priorité, de grande préoccupations », où beaucoup a été fait mais où beaucoup reste à faire. La bataille contre le chômage – en particulier celui des jeunes -  reste donc un combat de premier ordre que devra mener Achille Marie Joseph Tapsoba l’actuel ministre.

Tout cela suffira-t-il à restaurer durablement le calme ? C’est en tout cas le message que délivrent les autorités, exhortant les syndicats, les partis d’oppositions et les organisations de la société civile à leur faire confiance et à leur laisser ce délai supplémentaire pour que s’amorcent les consultations et les changements idoines.

Luc Marius Ibriga, président du Focal, Forum de citoyennes et citoyens de l’alternance, dont la 2è édition sur le thème « Dialogue démocratique, justice et réconciliation nationale » a eu lieu début mai, convient qu’il faut se dire les vérités avant d’évoquer le pardon. Car, dit-il, il y a beaucoup de rancœur, d’exaspération et que la violence va grandissante. « Le Burkina Faso est confronté à une crise multidimensionnelle dont les causes sont très profondes », analyse pour sa part l’Observateur Paalga. Paul Kéré, avocat au barreau de Nancy, en France, fait du reste état d’une trop grande disparité du niveau de vie entre citoyens du même pays. Une meilleure répartition des richesses est attendue. « Dans un contexte de crise multiforme, les ministres sont priés de se jeter immédiatement à l’ouvrage, pour tenter de sauver un quinquennat présidentiel décidément bien mal engagé », fait remarquer le Journal du jeudi. Il en est d’ailleurs qui pensent que le système de gouvernance en place depuis près d’un quart de siècle donne quelques signes d’essoufflement, et qu’il est peut- être temps de préparer l’alternance, en vue des prochaines échéances électorales, à l’horizon 2015.  


29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 10:02

 

Burkina Faso : Le prix de la paix sociale 

 

Paru dans Les Afriques - 12 au 18 mai 2011 

 

Pour restaurer la paix sociale au Burkina Faso, les autorités ont décidé de mesures urgentes visant à l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations.

 

« Nous sommes dans une phase de retour à la discipline ». A l’issue des consultations avec les représentants des différents corps armés, le président du Faso qui assume désormais les fonctions de ministre de la Défense nationale, a pu rendre compte, fin avril, de l’évolution positive de la situation au « pays des hommes intègres ». Pour aboutir à ce résultat, Blaise Compaoré, appuyé par Jérôme Bougouma, ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité, a satisfait aux revendications des forces de maintien de l’ordre, s’engageant à ce que leurs conditions de vie et de travail s’améliorent. En contrepartie des promesses de primes de logement et d’alimentation, le calme a pu être restauré. En parallèle, le chef de l’Etat a engagé le nouveau gouvernement à agir rapidement sur les programmes sectoriels qui touchent le social et l’épanouissement de la famille.

Au lendemain de son investiture à la Primature du Faso, Luc Adolphe Tiao a ainsi pris les décisions idoines qui s’imposaient pour juguler la crise qui secouait le pays. Elles concernent la baisse sensible des prix des produits de grande consommation (riz, sucre, huile, lait). Lucien Marie Noël Bembamba, ministre de l’Economie et des finances, procède à l’étude des causes de la vie chère pour savoir si la responsabilité incombe au gouvernement ou à des détaillants qui spéculent. Des concertations ont lieu avec les importateurs, les commerçants, les ligues de défense des consommateurs et les syndicats. Les opérateurs économiques ont d’ores et déjà souhaité que soient réduits les droits de douane, le prix du carburant et du transport ainsi que le coût des intrants agricoles. S’agissant des commerçants qui ont été victimes d’actes de vandalisme en mars et avril dernier, un mécanisme financier a été mis en place pour venir en appui aux acteurs du secteur informel, et des dispositions prises par la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) pour recenser et transmettre les dossiers des victimes aux autorités compétentes. 

 

Hausse du pouvoir d’achat

Parmi les autres mesures visant à endiguer la contestation et à restaurer la paix sociale figure l’amélioration du pouvoir d’achat via la suppression de la taxe de développement communale (TDC). Il est aussi question de l’abattement de 10%, dès la fin du mois de mai, de l’impôt unique sur les traitement et salaires (IUTS). Sur ce dernier point, le Premier ministre a précisé qu’il avait dans l’immédiat été décidé de privilégier cette option, le relèvement des salaires ne pouvant s’envisager pour le moment en l’absence de visibilité sur la disponibilité des ressources et au regard des importants efforts consentis dans d’autres domaines. « Nous avons, a-t-il ajouté, demandé aux partenaires sociaux de nous laisser le temps de mûrir la question d’ici à la prochaine concertation gouvernements/syndicats ». Les avancements des fonctionnaires, qui avaient été gelés depuis 2008, seront en revanche corrigés au plus tard en septembre 2011. A l’ordre du jour également, la suspension jusqu’en juin des pénalités de retard de paiement des factures d’électricité ainsi que de l’acte instituant une augmentation des frais médicaux.

Pour l’heure, les partenaires sociaux se félicitent de la réceptivité du gouvernement Tiao aux doléances du peuple et attendent l’application de ces mesures. Les Burkinabé réagissent de même. « Si les promesses sont tenues, ça va aller », assure un citoyen ouagalais.

 

29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 09:17

 

L'équipe du Premier ministre

Luc Adolphe Tiao en question 

 

Paru dans Les Afriques -  du 12 au 18 mai 2011

 

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Pour ramener la paix sociale, restaurer l’autorité de l’Etat et soutenir la croissance économique du Burkina Faso, des mesures ont été prises par le président Blaise Compaoré, parmi lesquelles l’amélioration de la gouvernance politique, économique et administrative. 

Un nouveau gouvernement a été constitué le 21 avril par le Premier ministre Luc Adolphe Tiao. Tout juste nommés, les 29 ministres sont d’ores et déjà à pied d’œuvre pour trouver des solutions à la crise qui secoue le Burkina Faso. Ceux qui sont maintenus dans leurs fonctions renforcent leurs actions en faveur de l’amélioration du climat social. Parmi ces personnalités de premier rang, on retrouve Bongnessan Arsène Yé, devenu ministre d’Etat chargé des relations avec le Parlement et des Réformes politiques, ainsi que Lucien Marie Noël Bembamba à l’Economie et aux finances.

Yipènè Djibril Bassolé, qui avait été ministre de la Sécurité  de 2000 à 2007 puis médiateur conjoint ONU-Union africaine pour le Darfour, réintègre le gouvernement en qualité de ministre des Affaires étrangères et de la coopération régionale. Laurent Sédogo conserve l’Agriculture et l’Hydraulique, et Gilbert Noël Ouédraogo revient au Ministère des Transports, avec, en sus, les Postes et l’économie numérique. Soungalo Appolinaire Ouattara qui reprend la direction de la Fonction publique et hérite du ministère du Travail et de la sécurité sociale, a déclaré à l’issue de son installation vouloir « travailler sur la réforme administrative pour que la fonction publique puisse être efficace », et qu’il fallait « permettre à toutes les structures administratives de pouvoir soutenir la production aussi bien au niveau du public que du privé. ». Trois ministres délégués de l’ancien gouvernement sont toujours en poste, au nombre desquels François Marie Didier Zoundi au Budget, et Toussaint Abel Coulibaly aux Collectivités territoriales. 

La plupart des ministres qui avaient fait leur entrée - ou leur retour - sur la scène politique en janvier 2011, dans le précédent gouvernement Zongo, conservent leurs attributions. Il s’agit de Jérôme Traoré au Ministère de la Justice, qui cumule également la Promotion des droits humains. Ce dernier a précisé que la fusion des deux départements ministériels s’inscrit dans un contexte particulier marqué par la remise en cause des institutions républicaines, des acquis en matière de civisme et du respect des biens publics. Il s’agit, a-t-il souligné, « d’allier désormais la promotion des droits humains à leur protection ».

Jérôme Bougouma est également reconduit au Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation, et hérite, en sus, du portefeuille de la Sécurité. Ministre du Travail et de la sécurité sociale de 2006 à 2010, il a été l’instigateur de négociation avec les syndicats, notamment en 2008 lors d’un mouvement de grève des salariés contre la vie chère.

Lamoussa Salif Kaboré conserve le Ministère des mines, des carrières et de l’énergie, et Patiendé Arthur Kafando celui de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat.

Baba Hama est promu ministre de la Culture et du tourisme, et le professeur Gnissa Isaïe Konaté poursuit à la Recherche scientifique et à l’innovation.

 

Nouveaux entrants

Près de la moitié du gouvernement est constitué de nouveaux entrants. A la Communication, Alain Edouard Traoré, diplomate de formation, devient le Porte-parole du gouvernement. Yacouba Barry, secrétaire général du gouvernement sortant, est à présent ministre de l'Habitat et de l’Urbanisme et Jean Bertin Ouédraogo, ancien directeur régional de campagne présidentielle du Centre-sud, prend ses fonctions aux Infrastructures et au Désenclavement. Le professeur Albert Ouédraogo, de l’Université de Ouagadougou, est nommé à la tête du ministère des Enseignements secondaire et supérieur. Il a dit souhaiter recevoir les conseils des uns et des autres pour que l’enseignement « sorte du marasme dans lequel il est entré, surtout concernant les universités ».

Au Ministère de la santé, c’est Adama Traoré, secrétaire général du ministre sortant, qui prend le témoin. Le Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation est à présent aux commandes de Koumba Boly-Barry, l’une des trois femmes à siéger au gouvernement, avec Nestorine Sangaré-Compaoré à la Promotion de la femme ainsi qu’avec Clémence Traoré-Somé, économiste gestionnaire, nommée à l’Action sociale et à la Solidarité nationale. Le professeur Jean Coulidiaty, président de l'université de Ouagadougou, prend en charge l’Environnement et le développement durable. Achille Marie Joseph Tapsoba succède à Justin Koutaba au Ministère de la jeunesse, de la formation professionnelle et de l’emploi. Lors de la passation de témoin, l’ancien ministre a reconnu que ces dossiers étaient « deux domaines délicats, de priorité, de grande préoccupations », où beaucoup a été fait mais où beaucoup reste à faire. La bataille contre le chômage – en particulier celui des jeunes -  reste donc un combat de premier ordre dans ce gouvernement.