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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 14:41

LE MOCI

Moniteur du Commerce international

Lettre confidentielle n° 152 – 25 juin 2016
 

 

Cameroun : l’inauguration du nouveau port en eau profonde de Kribi prévu en septembre


574 millions dollars, c’est le montant global mobilisé pour le financement des deux terminaux du nouveau port en eau profonde de Kribi (PEPK), au Cameroun. Il résulte d’un partenariat d’investissement entre l’État camerounais (15%) et Exim Bank of China (85%). Les travaux, qui ont été confiés à China Harbor Engeneering Company (CHEC), sont à présent achevés. L’entrée en exploitation du PEPK, dont la gestion sera publique, devrait avoir lieu d’ici à septembre, selon les estimations de Patrice Melom, coordonnateur du Comité de pilotage et de suivi de la réalisation du complexe industrialo-portuaire de Kribi.
 

Pour l’heure et en l’attente du choix du statut juridique, le Port de Kribi doit mettre en place les procédures douanières, la sécurité portuaire et sélectionner l’opérateur chargé du contrat de concession des terminaux. Pour l’exploitation des services de remorquage et de lamanage des terminaux (à conteneurs et polyvalent), la société néerlandaise Smit Lamnalco a d’ores et déjà été déclarée adjudicataire du contrat d’appel d’offre international.
 

Dans le dossier de mise en concession du terminal à conteneurs, trois postulants, parmi lesquels plusieurs acteurs français, ont été pré qualifiés, parmi lesquels le consortium français Bolloré-CMA CGM-CHEC (BCC), avec une offre financière de 623 millions euros ; le Philippin International Container Terminal Services (ICTSI), avec une offre de 467 millions euros ; le Néerlandais APM Terminals, avec 403 millions euros. Pour l’exploitation du terminal polyvalent, trois candidats ont été admis au dialogue de pré-qualification et ont déposé des offres finales. Il s’agit d’APM Terminals BV, d’ICTSI Inc. et du groupement Necotrans/KPMO. L’analyse
des offres finales a donné lieu à un rapport qui a été soumis à l’autorité détentrice du pouvoir d’adjudication. Et la publication des noms des deux adjudicataires est attendue.

 

750 millions dollars d'investissements prévus
 

D’un tirant d’eau de 15 à 24 mètres, le port de Kribi est l’un des grands projets structurants de la présidence camerounaise. Ouvert sur le Golfe de Guinée, le port en eau profonde accueillera des navires d’une capacité de 100 000 à 300 000 tonnes et assurera les liaisons maritimes avec l’Europe, premier marché d’exportation de matières premières du Cameroun, mais aussi avec la Chine et la Turquie. Les pays de la sous-région, à commencer par le Tchad, vont également transborder leurs marchandises. Le pétrole tchadien sera acheminé par pipeline et une liaison ferroviaire permettra le transport des minerais de fer de Mbalam.


Avant la fin 2015, les travaux de construction de deux nouveaux quais du terminal à conteneurs vont débuter et la digue de protection sera rallongée de 600 mètres. La livraison des équipements - 700 m de linéaire au total - est prévue en 2018. Le coût des opérations est estimé à 750 millions dollars. Ce terminal sera financé à 85 % par Exim Bank, sous forme de prêt bancaire, et à 15 % par les partenaires privés chargés de financer les équipements et les bâtiments. Le concessionnaire, qui aura été retenu pour l’exploitation de la première phase du terminal à conteneurs, gérera également cette extension.
 

A terme, en 2035, le port de Kribi disposera d’une vingtaine de terminaux. L’installation d’une zone d’activités logistiques et industrielles de 20 000 hectares – dont 3 000 en zone prioritaire – est d’ores et déjà planifiée. La société de minerai de fer Cam Iron a prévu de s’y implanter, ainsi que GDF-Suez, qui a en projet une usine de liquéfaction de gaz naturel. A l’étude également, la réalisation d’une cimenterie, d’une usine d’aluminium et d’une unité indienne de montage de véhicules.
 

Véronique Narame

Port en haut profonde de Kribi - Mai 2015

Port en haut profonde de Kribi - Mai 2015

Published by Narame - dans CAMEROUN
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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 17:26
Cameroun/Lutte contre le terrorisme

Le Cameroun en lutte contre Boko Haram

 

A Maroua et Minawao,

Véronique Narame

 

 

Juin 2015 | Alternatives Internationales n°67

 

 

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l’accueil sur son territoire des 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

A 35 kilomètres au Nord-ouest de Maroua (capitale régionale de l’Extrême-nord du Cameroun), le camp de réfugiés de Minawao. Une ville dans la ville. Sur 150 hectares, 40 000 Nigérians y ont trouvé refuge, dès 2013, pour échapper aux violences de Boko Haram. Sous une chaleur écrasante, ils déambulent entre les tentes attendant qui la distribution d’eau, qui l’ouverture du centre de santé. Des femmes s’activent à la cuisson du riz. A l’entrée, une file de nouveaux arrivants se presse à l’enregistrement auprès du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR). Ils sont chaque jour 250 à 300 à franchir l’enceinte du camp. Et nul ne sait combien de temps ils devront rester au Cameroun. A savoir d’ailleurs s’ils pourront un jour retourner au Nigéria. Ou s’il ne faudra pas envisager leur installation dans un camp définitif. Certains réfugiés n’ont pas attendu cette échéance. Ils ont construit leur hutte en dur - terre sèche et toit de chaume - allant jusqu’à planter un arbuste à l’entrée de l’habitation. « De nombreuses familles sont traumatisées. Leur village a été brûlé. Leurs proches tués. Ils n’envisagent pas un retour immédiat », souligne Nasir Abel Fernandes, Coordinateur du HCR. Certains placent leurs espoirs dans le nouveau président nigérian Muhammadu Buhari, qui a été investi le 29 mai dernier. N’a-t-il pas promis de faire de la lutte contre Boko Haram sa priorité ?

 

Risques de contamination

L’accueil des réfugiés pèse sur l’économie du Cameroun. En partenariat avec les Nations unies, l’Etat vient en aide aux populations du camp de Minawao. En sus du Programme alimentaire mondial, qui fournit des vivres et des citernes d’eau potable, il a fallu creuser des forages sur une terre aride, ce qui n’a pas été sans poser de difficultés. Et a épuisé des ressources déjà rares dans cette zone sahélienne. Le risque de contamination des points d’eau par les latrines, situées à proximité, ajoute au problème. Une soixantaine de cas de choléra a été détectée en 2014. Midjiyawa Bakari, Gouverneur de la région de l’Extrême-nord, commente la situation. « Au départ, les réfugiés disposaient de 4 litres par jour et par personne. A présent, nous leur assurons quotidiennement 11 litres. Nous participons également à la scolarisation des 8 000 enfants présents sur le camp, pourvoyons aux soins des populations et prenons en charge une à deux naissances par jour. » Les urgences médicales sont traitées par l’hôpital de Mokolo. L’Organisation mondiale de la santé, Médecins sans frontière et l’UNICEF apportent leur concours. En dépit de cette assistance, les besoins nutritionnels des populations ne sont pas totalement pourvus.

Le Cameroun paie un lourd tribut à l’effort de guerre. Le chef de l’Etat camerounais a mobilisé 640 milliards de francs CFA (975 millions d’euros). Au Nord, 6 500 militaires sont déployés. « Boko Haram est un gros problème. Nous avons besoin de beaucoup d’argent pour financer la lutte. Et attendons un soutien extérieur », explique Louis Paul Motaze, Secrétaire général du Premier Ministre.

 

Craintes de nouvelles attaques

C’est toute la région de l’Extrême-nord qui est sinistrée. Déjà moins dotée en infrastructures et en équipements car excentrée, elle connaît le taux de pauvreté le plus élevé du pays (à plus de 60%). « Les régions du Nord et de l’Extrême-nord sont régulièrement en proie à des crises alimentaires dues à la fois aux facteurs naturels (aléas climatiques, pauvreté des sols, inondations, invasions d’insectes) et structurels (forte croissance démographique, difficulté d’accès aux intrants agricoles, mauvaise gestion des récoltes et manque de structures de transformation », note Guy Gweth de Knowdys Consulting, un cabinet d’intelligence économique. Se surajoute à présent la crise sécuritaire. A Mora et à Kousséri, la population a fui les villages. L’agriculture est à l’arrêt. Le tourisme ne fait plus recette. Désertée la réserve naturelle de Waza, où la famille française Moulin-Fournier avait été kidnappée, avant d’être relâchée, en 2013. Et bien que l’armée camerounaise ait chassé Boko Haram du territoire, l’inquiétude persiste. La secte islamiste est retranchée à un jet de pierre de la frontière camerounaise, dans la forêt de Sambisa, vaste territoire au nord-est du Nigéria. Là où avaient été retenus en otage, le Père Vandenbeusch, ainsi que le Lamido (chef religieux) et maire de Kolofata, sa femme et ses six enfants, en 2014.

Si depuis deux mois, il n’y a plus d’offensives de l’ampleur de celle d’Amchidé (qui a opposé 150 militaires camerounais à 1 000 éléments de Boko Haram en octobre 2014), dans les villages, chacun vit dans la crainte de nouvelles attaques des terroristes. « On peut parler de victoire sur le plan diplomatique, car le Cameroun a pu rallier la Communauté internationale à sa cause et peut compter sur le soutien de son peuple qui s’est uni contre cette agression, assure le Colonel Didier Badjeck. Mais sur le plan opérationnel, on parlera de victoire quand la guerre sera gagnée. »

Le Cameroun doit défendre, à l’Extrême-nord, 400 kilomètres de frontières avec le Nigéria. Et ne peut poster ses soldats qu’à certains points stratégiques. Il peut en revanche compter sur les 2 000 éléments du Bataillon d’intervention rapide (BIR), les troupes d’élite de l’armée camerounaise, omniprésentes sur le terrain. Et sur l’armée tchadienne, positionnée à Mora et à Fotokol depuis janvier dernier, qui a fait subir de sévères revers à la nébuleuse islamiste. Ainsi que sur le Nigéria, lequel prend sa part à la lutte. « Boko Haram est pris en étau. Nous savons qu’ils ont été sérieusement touchés », indique le Colonel Badjeck. On peut néanmoins craindre de nouvelles intrusions, plus désorganisées. L’utilisation d’engins explosifs improvisés a été expérimentée par les terroristes. « Boko Haram a compris que notre force était mobile et flexible. Ils ont tenté de nous arrêter en plantant des mines sur notre route. Il y a trois mois, trois de nos véhicules ont été pulvérisés. Nous avons perdu une dizaine d’hommes ». Mais l’armée camerounaise a fait face à cette nouvelle menace. Désormais, le BIR est en capacité de détecter les mines et d’en débarrasser le terrain. Il est également formé pour l’utilisation de drones de surveillance et des armes lourdes, utilisées pour des cibles précises.

Au commandement du BIR, à Maroua, on sait que la guerre contre Boko Haram n’est pas finie. Et que la seule riposte militaire ne suffira pas à restaurer la paix. « Les racines sont profondes. Boko Haram agit par stratégie d’endoctrinement. Et sous la menace. La seule intervention militaire ne suffira pas à éradiquer le groupe terroriste. Il faudra travailler sur l’éducation et sur les populations pour mettre un terme à cette guerre. »

 

Les élèves nigérians du camp de réfugiés de Minawao, à l'Extrême-nord du Cameroun.Les élèves nigérians du camp de réfugiés de Minawao, à l'Extrême-nord du Cameroun.

Les élèves nigérians du camp de réfugiés de Minawao, à l'Extrême-nord du Cameroun.

Les populations nigérianes ont fui les violences terroristes en cherchant refuge au Cameroun.

Les populations nigérianes ont fui les violences terroristes en cherchant refuge au Cameroun.

Published by Narame - dans CAMEROUN
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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 08:11

 

Le Cameroun en lutte contre Boko Haram

 

Photo-reportage réalisé en Mai 2015

A Maroua et Minawao

 

Crédit photo Véronique Narame

Le commandement du Bataillon intervention rapide (BIR), à Maroua - Extrême-nord Cameroun.

Le commandement du Bataillon intervention rapide (BIR), à Maroua - Extrême-nord Cameroun.

Depuis août 2014, le BIR est en opération contre Boko Haram, dans l'Extrême-nord du Cameroun.

Depuis août 2014, le BIR est en opération contre Boko Haram, dans l'Extrême-nord du Cameroun.

Un élément du Bir dans le camp de réfugiés nigérians de Minawao.

Un élément du Bir dans le camp de réfugiés nigérians de Minawao.

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