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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 16:46

 

 

Badr El Houari, un expert Java aux commandes

de la filiale d'Objis Maroc

 

Paru dans CIO Mag - Décembre 2014

 

 

Après dix années d’expertise en France et en Afrique subsaharienne, Objis redéploye sa stratégie avec de nouveaux projets à l’horizon 2025. A commencer par l’ouverture d’une filiale au Maroc. Focus sur le nouveau projet.

 

Après le Congo et le Sénégal, Objis campe ses positions au Maroc. Aux commandes de l’opération, Badr El Houari, ingénieur de son état. Cet expert Java, connu pour son activisme dans l’organisation d’évènements IT - il est à l’origine de Morocco Java User Group (MoroccoJUG) et de la conférence JMaghreb - s’est lancé dans l’aventure Objis en pilotant le démarrage, à Casablanca, du centre de formation. Il explique. « Avec Douglas Mbiandou, Co-fondateur et président d'Objis depuis sa création en 2005, nous ambitionnons de positionner Objis Maroc comme Hub technologique de nos activités en Afrique ». L’objectif ? Prendre le leadership de la formation et du consulting SI au Maroc et en Afrique en devenant le référent technique Java. Et conquérir ensuite l’Europe en commercialisant des activités de conseil. « Nous disposons d’offres pour toutes les cibles de clientèle - Testeur, Développeur, Concepteur, Intégrateur, Architecte - et pour tous niveaux : expertise pointue, soutien à l’inclusion des jeunes sur le marché d’emploi, à la concrétisation de projets entrepreneuriaux… Nous proposons aussi des solutions de consulting SI, de l’audit et de la formation pour les cadres de grandes entreprises ». L’inclusion des femmes dans le domaine des NTIC en Afrique n’est pas oubliée. Elle figure au rang des priorités d’Objis.

 

Maroc : un écosystème vertueux

L’implantation d’Objis au Maroc ne doit rien au hasard. Le pays dispose de ressources humaines qualifiées, lesquelles seront mobilisées pour accompagner le développement de la société dans le royaume chérifien et plus largement sur le continent africain. « En 2015, nous comptons déployer une caravane pour soutenir l’employabilité des jeunes en Afrique », annonce d’ores et déjà le gérant de la future franchise marocaine.

Le parcours professionnel et la compétence métier de Badr El Houari ont également joué en faveur de l’implantation d’Objis à Casablanca. Identifié comme le leader de la communauté Java, l’architecte senior est co-fondateur et chef d’orchestre de JMaghreb, la plus grande conférence Java en Afrique. « JMaghreb est une plateforme de rencontres, d’échanges et de réseautage entre des experts internationaux, des entreprises IT et des professionnels marocains (développeurs, chefs d’équipes, chefs de projets, décideurs IT, etc.) », commente-t-il. Il indique que l’édition de novembre 2014 a enregistré la participation de plus de 1 500 participants (dont 31% de femmes) provenant de 15 pays. Plus de 50 conférenciers internationaux, représentant plus de 25 pays, ont animé les débats. Cette année, la conférence a été notamment sponsorisée par Oracle, BNP Paribas, Redhat… et par Objis, qui a du reste annoncé le lancement de ses activités au Maroc à cette occasion. L’évènement était également soutenu par les acteurs IT locaux, a l’instar de Méditel, d’HP CDG, de Neoxia Maroc, d’IT Road…

 

L’expertise d’Objis en Afrique et en Europe

Il ne fait aucun doute que l’offre de formation dispensée par Objis va accroître le développement des technologies Java et renforcera substantiellement les potentialités du pays au plan continental, ainsi que son attractivité à l’international et en Europe en particulier. « Nous allons capitaliser sur l’excellence d’Objis, et sur ses dix années d’expertise en France, en apportant notre savoir faire local.  La collaboration avec Douglas Mbiandou contribuera à la création d’opportunités pour l’Afrique et sa jeunesse. Son dynamisme et sa détermination vont de pair avec mes ambitions personnelles et professionnelles pour le continent », précise Badr El Houari. Ses compétences y contribueront grandement.

A 31 ans, le gérant d’Objis Maroc dispose d’un capital métier plus qu’éloquent. A son actif, dix années dans l’analyse et la modélisation des systèmes d’information, l’audit technique des projets (revue de conception, d’architecture et de code), les technologies Web, le Cloud, l’Internet des objets, la maitrise de l’écosystème Java… S’ajoutent, en sus, ses nombreuses contributions à l’international : JavaOne à San Fransisco ; JFokus en Suède ; Devoxx en Belgique… et sa participation dans plusieurs projets Open source (Arquillian, un Framework pour développer des tests dans un environnement JavaEE, Agorava…). Et enfin, last but not least, le pilote d’Objis Maroc est Co-fondateur et Président de Morocco Java User Group (MoroccoJUG), et depuis 2013, membre du Comité exécutif de la Java Community Process (JCP).

23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 09:37

 

Croissance organique pour les solutions de gestion

de Sage Maghreb

 

Paru dans CIO Mag - Octobre/Novembre 2013

 

 

Quelques années seulement après l’ouverture de sa filiale dans le Royaume chérifien, Sage Maghreb est passé leader dans le développement et la commercialisation de logiciels de gestion.

 

Sage est le troisième éditeur de solutions ERP (Enterprise Resource Planning) dans le monde, après SAP et Oracle, et devant Microsoft et Infor (Source Gartner “ERP Software Worldwide” - Mars 2012 - Classement des éditeurs de logiciels par chiffre d’affaires). Il dispose d’une gamme diversifiée de solutions de gestion, parmi lesquelles des logiciels de gestion intégrée ERP, de relation client CRM (Customer Relationship Management), de traitement de la paie et ressources humaines, ou encore de gestion commerciale, finance, comptabilité. L’éditeur propose notamment une solution pour optimiser la gestion de trésorerie des entreprises.

Les logiciels et les services de Sage accompagnent les décideurs et les opérateurs du monde de l’économie et de la finance dans leur développement. En informatisant leur gestion, Sage leur permet d’être en phase avec la réglementation et les normes comptables. Il leur offre la possibilité de maitriser leurs données et la circulation de l’information, tout en améliorant leur productivité et la maitrise des Echanges de données informatique (EDI).  

Une soixantaine de collaborateurs - techniciens conseil, consultants et ingénieurs support - développe et déploie les solutions de l’éditeur, via un réseau de 120 distributeurs au Maghreb. 800 consultants opèrent au Maroc et en Tunisie sur les produits Sage.

 

Premier éditeur au Maghreb

Présent depuis plus de 20 ans au Maghreb, à travers un réseau de partenaires locaux, Sage a fait le choix de s’installer à Casablanca en novembre 2007. « Ce choix se justifie par la volonté de l’éditeur de s’affirmer en tant qu’acteur de référence sur le marché des logiciels au Maghreb. Sage souhaite ainsi donner une nouvelle dimension à son activité par une présence directe et un réseau de distribution élargi. Le but est d’offrir une gamme complète de solutions répondant aux besoins de gestion des entreprise, quelles que soient leur taille ou leur secteur d’activité », précise Hicham Mounsif, Directeur des Services Sage Maghreb. Il ajoute : « Nous sommes les premiers en termes de volume clients, avec 20 000 utilisateurs Sage au Maroc et en Tunisie, pays dans lequel nous distribuons nos produits et services depuis 2009. Nous servons des entreprises de différentes tailles, que ce soit les TPE, les PME&PMI, les administrations ou encore les grands comptes. Nous disposons de solutions pour l’industrie, le négoce, les services... »   

 

Maroc Numeric 2013

Sage Maghreb a pu créer une palette de solutions, pour le marché local, en conformité avec la législation nationale. Il s’est pour cela associé à l’Ordre national des Experts comptables du Maroc. Ses outils répondent aux besoins des entreprises en matière de dématérialisation et s’inscrivent dans le cadre de la Stratégie nationale pour la société de l’information et de l’économie numérique « Maroc Numeric 2013 ». Hicham Mounsif s’en explique. « Aujourd’hui, Sage Maghreb commercialise au Maroc et en Tunisie trois solutions de services, qui sont totalement compatibles avec la gamme de ses produits. Sage Télédéclaration sociale permet aux salariés d’effectuer en ligne leur déclaration à la Caisse nationale de Sécurité sociale ou à la Caisse interprofessionnelle de retraite. Nos applications accèdent aux serveurs des établissements sociaux et aux caisses de retraite du pays. Plus de 70% de nos clients Sage Paie utilisent ce service de télétransmission. Le second module, Sage Virement bancaire, génère des flux de virement de salaires de manière transparente. Enfin, le dernier module, Sage Simpl ECF, répond aux exigences de la Direction générale des Impôts du Maroc en matière de télédéclaration fiscale et de transmission des liasses fiscales. Ainsi, depuis 2012, toutes les entreprises marocaines développant un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions de Dirhams (4,5 millions €) ont l’obligation de transmettre leur déclaration sous une forme dématérialisée. »

En 2011, Sage Maghreb a lancé le programme « Graine de gestionnaire », une formation sur les solutions Sage déployée dans les grandes écoles pour renforcer l’employabilité des jeunes lauréats et mettre ainsi à disposition des entreprises des ressources qualifiées. 

   

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Point de vue d’expert :

Hichem Mounsif, Directeur des services Sage Maghreb

 

Modernisation des services bancaires au Maroc

« Au Maroc, l’infrastructure et les technologies de dématérialisation des flux transactionnels, utilisées par les banques marocaines vers les entreprises, sont peu développées, voire obsolètes. Elles ne permettent pas d’échanges électroniques sécurisés dans les deux sens. Tout virement interbancaire en ligne, par exemple, est conditionné par la production d’un document de certification permettant de finaliser la transaction.

Pour rattraper leur retard, les banques marocaines investissent dans la mise en place de protocoles sécurisés permettant ainsi d’augmenter les flux transactionnels entre les banques et les entreprises. Acteur du changement, à l’écoute du marché, Sage Maghreb s’engage aux côtés de plusieurs établissements bancaires marocains pour réaliser les tests d’échanges de flux sécurisés, dans le cadre du protocole EBICS (protocole d’échanges de données clients-banques).

A l’inverse, les organismes bancaires multiplient les offres vers la clientèle des particuliers, tant dans le secteur de la monétique que dans la dématérialisation des paiements. Ainsi, le titulaire d’un compte bancaire peut effectuer, au moyen de sa carte de paiement, le règlement de factures de téléphonie, d’eau, d’électricité… depuis un guichet automatique de billets ou sur Internet. »

23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 09:14

 

IB Maroc, la performance à l’échelle continentale

 

Paru dans CIO Mag - Octobre/Novembre 2013

 

 

Alors que la croissance marque le pas dans de nombreux secteurs d’activités et sous bien des latitudes, IB Maroc affiche une belle capacité de résilience.

 

Au départ positionné sur l’infrastructure – essentiellement les serveurs et le matériel de stockage et de sauvegarde -  ainsi que sur la sécurité des systèmes d’information, IB Maroc s’est progressivement diversifié en proposant des services (45% du CA en 2012) et de nouvelles solutions logicielles à des grands comptes, des administrations et des PME/PMI. Au fil des ans, le mandat s’est élargit pour inclure la conception et le développement d’applications spécifiques ainsi que la gestion et le contrôle de systèmes.

 

Filiales métiers

Plusieurs filiales développent ces supports et outils. Software Technology Solutions (S.T.S) fournit les solutions de helpdesk et gestion des incidents, Radio Frequency Identification (RFID), supervision et intégration de l’activité sécurité des systèmes d’information. Business Software Intégration (B.S.I) assure tout ce qui est supervision applicative, développement Web, mobilité et déploiement de progiciels Ressources humaines ou Bancaires. Business Applications (B.A) intervient pour la mise en œuvre de l’ERP « E-Business Suite » d’Oracle. Et International Business Consulting (IBC), créée en novembre 2011, est exclusivement orienté vers le consulting.

IB Maroc consolide sa position sur le territoire national et plus largement en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne. C’est du reste sur le continent que la société a atteint sa taille critique en innovant et en fournissant des prestations à forte valeur ajoutée. Philippe Cahez, directeur général depuis trois ans d’IB Maroc, expose la stratégie de la société. « IB Maroc est aujourd’hui recentrée sur l’activité infrastructure - et services de support et de maintenance associés - mais son objectif est de commercialiser l’intégralité de l’offre, y compris celle des filiales, en Côte d’Ivoire, au Sénégal… ».

 

Expertise de haut niveau

En quinze années d’existance, IB Maroc a gagné la confiance de ses clients en fournissant des solutions complexes au meilleur prix et en les déployant de manière professionnelle.

Première entreprise informatique introduite à la Bourse de Casablanca, en 2001, la société, qui était au départ une filiale d’un groupe français, a été créée par Abdellatif Hadef, l’actuel président. Elle est aujourd’hui à 100% marocaine. A son actif, un partenariat avec Maroc Télécom et de prestigieuses références comme le ministère marocain des Finances, la Société des autoroutes du Maroc, la BMCE Bank, Omnium Nord Africain Holding…

IB Maroc a construit sa réputation dans la durée en s’entourant d’ingénieurs chevronnés et en fournissant un large spectre de solutions à des prix attractifs, malgré la concurrence. Ce qui ajoute encore aux performances de l’entreprise. « Le marché marocain est extrêmement concurrentiel. Plusieurs raisons à cela : sa taille somme toute relativement modeste et la multiplicité des acteurs locaux ou étrangers. Mais le pays dispose de substantiels atouts au premier rang desquels sa stabilité et une position privilégiée pour aborder l’Afrique sub-saharienne francophone », souligne le Dg de la société. L’ouverture de l’entreprise à l’international opère dans ce contexte.

Dès 2002, IB Maroc lance sa filiale sénégalaise et soutient son internationalisation en rachetant en 2009 des sociétés en Algérie, puis d’autres en Côte d’Ivoire. « L’objectif est de poursuivre notre internationalisation en Afrique francophone et au Moyen-Orient », explique Philippe Cahez qui, depuis 1996, a dirigé plusieurs sociétés sur le continent, au Maroc et en Afrique du Sud.

 

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Investissement dans le capital humain

L’investissement dans le capital humain est au cœur de la démarche qualité d’IB Maroc. « Nos partenaires nous demandent d’être constamment à jour en termes de formations et de certifications sur leurs solutions matérielles ou logicielles, ce que nous faisons. Nous élaborons chaque année un plan de formation. Dans un métier où il y a des nouveautés chaque jour et où la technologie évolue très vite, c’est indispensable. Nous accueillons également de nombreux stagiaires, qui proviennent de différentes écoles, que nous formons et embauchons parfois ensuite. »

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Repères

IB Maroc

 

Chiffre d’affaires IB Maroc : 205 411 KDH

CA Filiales métiers (S.T.S + B.S.I + B.A) : 27 581 KDH

CA Filiales géographiques (Algérie + Côte d’Ivoire) : 30 509 KDH

Total CA 2012 : 263 501 KDH

A ce jour, IB Maroc dispose d’un portefeuille commandes s’élevant à 104 millions de DH

Prévisions 2013 : Evolution de 5% du CA

4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 08:38

 

Avenir économique en dents de scie

 

Paru dans Le magazine de l’Afrique – Mars-Avril 2012

 

 La révolution et la reconstruction des pays d’Afrique du Nord qui ont vécu leur Printemps arabe pèsent sur les économies. Comment l’avenir se profile-t-il dans ces conditions ? Point sur la situation.

La Tunisie, la Libye et l’Egypte ont à encaisser un lourd déficit et à gérer une réalité devenue plus complexe du fait du bouleversement des équilibres macroéconomiques. Quant à l’avenir, chacun fait face à ses incertitudes, tant au plan politique qu’économique. « Les salafistes, l'économie, l'international, les intérêts occidentaux, les financements, les alliances,  les incompétences du pouvoir, le social, les rancœurs, les appels au pardon, etc. Les protagonistes sont nombreux et les intérêts ne sont pas du tout convergeants !! », lance Ammar Sassy, conseiller en marketing et agriculteur de Tunisie.

Dans son pays, la révolution a coûté entre 2 à 2,5 milliards d’euros, et la croissance, durant cette année de transition, n’a pas dépassé 1%. « Les coûts sont très importants. Il a fallu gérer l’explosion de la demande sociale, notamment les grèves qui ont pesé sur l’appareil économique. Les exportations ont également diminué. A présent, on est en pleine gestion des aspects politiques des transitions, des élections et de la formation des gouvernements, à des niveaux différents dans chaque pays », commente Hakim Ben Hammouda, conseiller du président de la Banque africaine de développement (BAD). Il souligne que le plus important est de relancer l’investissement, l’économie et l’emploi.  

Pour l’heure, le défi consiste donc à retrouver le rythme des échanges, notamment avec l’Europe, continent qui drainait, avant la révolution, 60 à 70% des exportations tunisiennes, et qui était l’un des principaux partenaires commerciaux de la Libye et de l’Egypte. Mais sur le Vieux Continent, la détérioration de la conjoncture n’est pas sans incidence sur ces économies du sud de la Méditerranée. Le soutien financier à la Tunisie et à l’Egypte, qui avait annoncé lors du sommet du G8, en mai 2011, n’a pas été à la hauteur des promesses. Avec la crise de la zone euro, les budgets des finances publiques se sont réduits comme peau de chagrin. Alors, c’est la BAD, la Banque européenne d’investissement, le Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque islamique, et autres institutions financières, qui sont mises à contribution.

 

Situation contrastée

L’année 2011 s’est en outre caractérisée par une baisse considérable des investissements directs étrangers (IDE). Moins 31,7% sur les onze premiers mois en Tunisie, par rapport à 2010. Les secteurs les plus touchés sont le tourisme (-87,5 %), les industries manufacturières  (-43,8%)  et  l’énergie (-28 %). Les activités de services se maintiennent toutefois. Les IDE y ont même augmenté de plus de 20%. Khaled Mehiri, Pdg d’Aramis Sourcing, un cabinet de conseil spécialisé dans les secteurs High-tech, confirme. « La révolution a causé peu de dommages au niveau de mon activité d’offshoring. Elle n'a pas souffert des mouvements de « la rue » pendant les mois d'agitations ».

De nouveaux projets d’installation et d’extension d’entreprises étrangères ont même été exécutés durant la période qui a suivi la révolution. Fortement concentrés au niveau des industries mécaniques, électriques et électroniques et de celles du textile, ils étaient programmés avant le 14 janvier 2011, et se sont, en conséquence, réalisés, en dépit de circonstances pas toujours favorables. La France, l’Italie et l’Allemagne, les trois principaux investisseurs étrangers en Tunisie, sont intrinsèquement liés aux intérêts du pays et à sa destinée. C’est vraisemblablement ce qui explique qu’ils n’aient pas quitté le navire même au plus fort de la tempête. Il n’empêche, la plupart a mis en veille les projets qui étaient encore dans les cartons.  

Un observateur algérien, qui a vécu les dix années de guerre contre les civils dans son pays, et s’est fortement impliqué dans le processus de Réconciliation nationale, prévoit que la reconstruction en Tunisie sera laborieuse. Selon lui, elle pourrait durer plusieurs années.

En Libye aussi, l’équilibre est précaire. Si la « révolution du jasmin » a occasionné des pertes sèches, la facture de la guerre civile libyenne est abyssale. Outre les sanctions financières imposées par l’Union européenne (qui avait gelé les fonds et les avoirs de la Banque centrale, de la Libyan Arab Foreign Bank et de la Libyan Investment Authority), les destructions massives causées par les frappes militaires ont obéré l’espoir d’une reconstruction rapide de l’économie. A fortiori du fait de la difficulté du régime actuel à restaurer la sécurité et l’unité. En dépit d’une prévision de croissance à deux chiffres, les investisseurs ne s’y précipitent pas. Certains parviennent néanmoins à tirer leur épingle du jeu. A l’instar d’Air France Industries KLM Engineering&Maintenance, qui a passé contrat  avec les compagnies Afriqiyah Airways et Libyan Airlines.

L’opérateur français va assurer la réparation des équipements des flottes A320 et A330. La desserte régulière de la capitale libyenne est également programmée, mais, précise-t-on chez Air France, « dès que les conditions de sûreté et d'exploitation seront réunies ». De même, des coopérations économiques se profilent avec la Tunisie, bien placée pour recréer des partenariats avec le voisin libyen. « Le grand espoir, à court terme, est que la Libye absorbe une partie de nos chômeurs. Et sur ce plan, ça redémarre un peu », fait remarquer le patron d’Aramis Sourcing.

L’économie égyptienne, qui a également souffert depuis la révolution du 25 janvier 2011 - le déficit budgétaire est estimé à 22 milliards de dollars -, s’emploie à relancer ses activités, dans un contexte politique encore marqué par l’incertitude. Une classe d’entrepreneurs, acquise notamment aux technologies de l’information et de la communication, déploie son offensive à présent que le vent de la liberté a soufflé sur cette région. Le ponte des télécoms, Naguib Sawiris, surfe aussi sur la vague, en lançant une nouvelle chaine d’information qui pourrait bien révolutionner le paysage audiovisuel. Si cesnouvelles logiques à l’œuvre en Tunisie, en Libye et en Egypte mettent l'accent sur la participation politique, la créativité économique et l'inclusion sociale, comme le souhaite Hakim Ben Hammouda, alors, les transitions déboucheront sur de nouveaux modèles profitables à ces nations en reconstruction.

 

17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 06:50

 

Focus on tobacco and cigarette industry

in Morocco, Algeria and in Tunisia

 

For International News Services

Translation : Seydou Traoré

 

tabac_v.gifAccording to an investigation done by IMS Health, the daily consumption average is 18 cigarettes in central Maghreb. The Tunisian national office for the family and the population estimated in 2010 the number of smokers in the country at 50% of the adults - among which 10% are women - and 28% of the children and teenagers. In Algeria the data produced by the Ministry of Health, population and the hospital reform indicate that the phenomenon concerns 30 to 40% of men and less than 10% of women. 15% of the population chew tobacco. As for Morocco, the average number of smokers there, is much lower. It is 31% of men, 3% of women and 15% of young people.

 

Altadis Morocco, a subsidiary of Imperial Tobacco Group PLC, was till January 1st 2011 exploiting the monopolies related to tobacco which production had been fixed at 4 000 tons for the same year (2011). In the factory of Ain Harrouda the operator makes the brands News, Fortuna and Gauloises Blondes. These last two marks represent 11,6% of the market. The company (Altadis Morocco) produces also the cigarette Marquise the leading brand on the Moroccan market, with 62% of parts. The international brands represent about 29% of the sales. In 2010 Altadis held 83,3%, of the Moroccan market, whereas the remaining16,7% of parts, were distributed between Philip Morris International(PMI) and Japan Tobacco International (JTI), which supplies Winston. As regards the whole consumption of cigarettes, Martin Caroll, general manager of Altadis Morocco says it has been around 16,5 billions units in 2009, that is an average  per person, 17cigarettes a day.

Algeria is an importer country of tobacco, at least, as regarding the cigarette industry. An european expert on the sector said that the National Company of Tobaccos and Matches - Société nationale des tabacs et allumettes (SNTA) - which held more than 60% of market shares, with 16 billions of cigarettes sold in 2010, imported till the level of 70 millions $ of tobacco. In return, the country satisfies the demand for snuffing/chewing tobacco, in cultivating 2 000 to 2 500 tons a year. In terms of production and delivery of cigarettes, the algero-emiratie company of tobaccos – Société de tabacs algéro-emiratie (STAEM) - arrives in the second position behind the SNTA. That company (STAEM) markets PMI, Imperial Tobacco and JTI to the level of 10 billions units a year. British American Tobacco (BAT) succeeds it, with 3 billions cigarettes notably through the brands of Rothmans and Dunhill. “North Africa plays a great role in the success of enterprise on the continent, especially in Algeria where a factory has been recently built”, says the BAT. PMI shows a significant progress on the Algerian market with 20,2% of growth registered during the 3rd quarter of the year 2010, concerning Marlboro. It is classified at the second top of sales, coming after Rym the favourite with 50% of shares, and before L&M.

In Tunisia the state-owned Company of Tobaccos and Matches - Régie nationale des tabacs et des allumettes (RNTA) - with the Tobaccos factory of Kairaouan - Manufacture des tabacs de Kairaouan (MTK) - constitute the two main actors of a sector which realized a turnover of 273,5 millions of dinars in 2009.The raw material comes from 12 centers of cultures which yielded 1 622 tons of tobacco for smoking and chewing in the year 2009. In 2010, the consumption of cigarettes was estimated at 12 or 13 billions of units. The RNTA and the MTK hold the monopoly of the production and distribution of cigarettes and cigars, in the first rank of which, is 20 Mars International, then 20 mars light and Cristal. This situation does not hinder the circulation of smuggled or fraudulent foreign cigarettes on the market. Actually the major problem in front of the RNTA is due to the riots which have shook the country since the end of 2010. An executive of the national company said “heavy damages have been caused following those events, the major being the destruction and the violation of several incomes in finances offices which are entrusted to collect funds issued from tobaccos and cigarettes sales”. Besides, stocks of goods belonging to the state owned companies were destroyed as well as computer equipment. However, in January 21st 2011, the situation was somehow restored, and the staff is back to job. 


 

17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 06:31

 

Focus sur l’industrie du tabac et de la cigarette

au Maroc, en Algérie et en Tunisie

 

Pour International News Services - Février 2011

 

algeria.jpgSelon une enquête menée par IMS Health, la consommation quotidienne moyenne est de 18 cigarettes au Maghreb central. Des estimations produites, en 2010, par l’Office national tunisien de la famille et de la population, font apparaître que 50% d’adultes - dont 10% de femmes - et 28% d’enfants et d’adolescents fument. En Algérie, le phénomène concerne 30 à 40% d’hommes et moins de 10% de femmes (source ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière). 15% utilisent du tabac à chiquer. Au Maroc, le taux de fumeurs de cigarettes est plus faible avec 31% d’hommes, 3% de femmes et 15% de jeunes.

 

Altadis Maroc, filiale du groupe Imperial Tobacco PLC, exploitait, jusqu’au 1er janvier 2011,  les monopoles relatifs au tabac dont la production avait été fixée à 4 000 tonnes pour cette même année. C’est dans l’usine d’Aïn Harrouda que l’opérateur fabrique les marques News, Fortuna et Gauloises blonde. Ces deux dernières représentent 11,6% du marché. Le portefeuille d’Altadis Maroc comprend également les cigarettes Marquise, la marque leader sur le marché marocain, avec 62% de parts. Les marques internationales représentent près de 29% des ventes. En 2010, Altadis détenait 83,3% de parts du marché marocain, tandis que les 16,7% restant étaient répartis entre Philip Morris International (PMI) et Japan Tobacco International (JTI) qui distribue Winston. S’agissant de la consommation totale de cigarettes, elle a été, selon Martin Carroll, directeur général d’Altadis Maroc, d'environ 16,5 milliards d’unités en 2009, soit une moyenne par individu de 17 cigarettes par jour.

L’Algérie est un pays importateur de tabac, du moins pour ce qui concerne l’industrie de la cigarette. La Société nationale des tabacs et allumettes (SNTA), qui, selon un expert européen présent sur ce secteur, détient plus de 60% de parts de marché (avec 16 milliards de cigarettes vendues en 2010), a importé à hauteur de 70 millions $ de tabac. En revanche, le pays satisfait à la demande en prisé/mâché en en cultivant 2 000 à 2 500 tonnes par an.

En termes de production et de distribution de cigarettes, la Société de tabacs algéro-émiratie (STAEM) arrive en 2e position derrière la SNTA. Elle commercialise PMI, Imperial Tobacco et JTI, à hauteur de 10 milliards d’unités/an. British American Tobacco (BAT) lui succède avec 3 milliards de cigarettes, notamment via les marques Rothmans et Dunhill. « L’Afrique du Nord joue un rôle essentiel dans le succès de l’entreprise sur le continent, et en particulier l’Algérie où une usine a récemment été construite », précise la BAT. PMI affiche une progression significative sur le marché algérien avec 20,2% de croissance enregistrée au 3e trimestre 2010 pour la marque Marlboro, classée au top 2 des ventes. Elle succède à Rym, la favorite, avec 50% de parts, et précède L&M.   

En Tunisie, la Régie nationale des tabacs et des allumettes (RNTA) et la Manufacture des tabacs de Kairouan (MTK)  constituent les deux principaux acteurs d’un secteur qui a réalisé un chiffre d’affaires de 273,5 millions de dinars en 2009. La matière première provient de 12 centres de culture qui ont produit 1 622 tonnes de tabac à fumer et à priser en 2009. La consommation de cigarettes en 2010 est estimée à 12 ou 13 milliards d’unités. La RNTA et MTK détiennent le monopole de la production et de la distribution des cigarettes et  cigares, au premier rang desquelles on trouve 20 mars international, puis 20 mars Légère et Cristal.

Cela n’empêche pas la circulation sur le marché de cigarettes étrangères de contrebande ou de contrefaçon. Pour l’heure, le problème majeur auquel est confronté la RNTA fait suite aux émeutes qui ont secoué le pays depuis la fin de l’année 2010. Selon un cadre de la société nationale, « de lourds dégâts sont à déplorer suite à ces événement, le principal étant la destruction et la violation de plusieurs Recettes des finances, lesquelles sont habilitées à la collecte des fonds provenant de la vente du tabac et des cigarettes. » En outre, des stocks de marchandises appartenant à la régie d’Etat ont été détruits ainsi que du matériel informatique. La situation est toutefois plus ou moins rétablie au 21 janvier 2011 et le personnel a repris ses fonctions. 

 

 

5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 19:00

 

Pour une économie

socialement responsable

 

Paru dans New African - Mars-Avril 2011 

  

La Tunisie et les pays du Maghreb ont misé sur leur proximité avec l’Europe pour développer leur économie. Ces partenariats vont-ils devoir évoluer à présent que le vent du changement a soufflé ? 

 

Tunisie-Djerba-Tataouine-15-et-16-mars-2010-049.jpgLa Méditerranée et ses embruns, ses couchers de soleil, ses douces soirées au clair de lune, dont viennent profiter les hédonistes du monde entier. Ici, dans les pays low cost, le client est roi. Il le sait et jouit de son privilège, en toute quiétude. Le personnel se plie à ses desiderata car la concurrence est rude. Asie, Afrique, Amérique, Europe… dans les brochures des voyagistes, les offres se déclinent par centaines.

Soumiya s’occupe du business center et des animations sportives d’un hôtel. Ses horaires sont extensibles et ses conditions de logement sommaires. En l’absence de transports en commun, c’est à pied qu’elle se rend, tôt le matin, sur son lieu de travail, pour en sortir tard le soir. Pas commode, d’autant plus qu’elle souffre d’une récente fracture qu’elle n’a pu soigner convenablement. Mais elle fait contre mauvaise fortune bon cœur et affiche, résignée, un sourire de circonstance.

D’autres, comme elle, ont parfois du mal à feindre la bonne humeur. Comme dans cette région sinistrée et aride où le personnel d’une pâtisserie voit soudainement débarquer un banc de touristes redoublant de commentaires oiseux tandis que crépitent les flashes des appareils photos. 

Ailleurs encore, ce sont les normes environnementales qui ne sont pas respectées par l’un des leaders mondiaux dans sa catégorie. Et c’est un épais nuage de fumée à l’odeur âcre qui opacifie l’horizon dans ce centre industriel d’une mégapole d’Afrique du Nord. Dans une unité de fabrication de chaussures destinées au marché européen, ce sont des effluves de colle qu’inhalent sans protection les ouvriers. En contrebas d’un hôtel en construction, sur un site d’exception en front de mer, des baraques de chantier ont été construites avec les moyens du bord. Ici, pas de tout à l’égout pour les ouvriers du bâtiment.

Dans un hôtel d’affaires de classe internationale, référencé leader mondial de l’hospitalité, c’est une grève qui est déclarée par une partie du personnel. Le motif ? L’absence de représentation syndicale.

Les exemples sont, hélas, légions. Pourtant, on peut supposer que nombreuses sont les entreprises signataires de traités de bonnes pratiques, tel que la Responsabilité sociale des entreprises (RSE). On attend que soient appliqués plus massivement ces codes de bonne conduite sur la rive sud de la Méditerranée.

 

Mise à niveau et renforcement des capacités des entreprises

La révolte des jeunes diplômés tunisiens au chômage soulève de multiples questions. Elle interroge tout d’abordAlgerie-SITEV-Decembre-2010-070--141-.jpg sur la capacité d’une partie des entreprises à reconsidérer leur stratégie et à accorder plus d’importance au capital humain. Elle amène ensuite à penser qu’il faudra que les relations économiques telles qu’établies avec certains partenaires et investisseurs évoluent quelque peu. Si hier, on saluait l’arrivée des opérateurs étrangers arguant du fait qu’ils pourvoyaient à la création d’emploi,  aujourd’hui, les employés aspirent à ce que leur valeur sur le marché du travail soit reconnue et rétribuée à sa juste hauteur.

Si les pays émergents ont en effet su attirer, au cours des dernières années, de nombreux investisseurs étrangers, c’est parce que la main d’œuvre est formée, qualifiée, et que la législation est attractive. Il serait alors donc juste de ne pas oublier que la rentabilité et le profit doivent s’accompagner de mesures en faveur du bien-être des hommes et des femmes qui sont à l’origine de ces substantiels gains de productivité.  

Du côté Sud de la Méditerranée, là où maintes entreprises européennes externalisent des pans entiers de leurs activités et recrutent des compétences qualifiées, l’application de ces principes qui régissent, au Nord, le droit du travail, a été réclamée par la rue. Ceux qui se contentaient jusqu’alors du seul droit à travailler ont revendiqué, à cor et à cri, le bénéfice d’avantages sociaux auxquels ils pouvaient prétendre et que leurs refusaient les dirigeants de l’époque.

« La Tunisie vient de faire sa révolution ! Une révolution menée par sa jeunesse éduquée, fortement diplômée et qui demeure sa principale richesse, son principal atout », écrit à l’adresse des investisseurs et des partenaires Mongia Khemiri, directrice de Fipa, l’Agence de promotion de l’investissement extérieur. « Ce qui est sûr, poursuit-elle, c’est que l’avenir de la Tunisie sera meilleur. Son système politique longtemps décrié ne peut qu’évoluer vers davantage de libertés, une meilleure gouvernance, plus de transparence, soit vers les fondements d’un environnement d’affaires plus sain, favorable à l’initiative privée créative, qu’elle soit locale ou étrangère ».

 

5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 13:07

 

Sahara aux mille ressources

 

Tourisme, hydrocarbures, énergie solaire, culture du palmier dattier, industrie cinématographique… Le Sahara maghrébin c’est tout cela !

 

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Le Sahara. Au-delà de l’amoncellement de sable et de pierres, le plus grand des déserts du monde  recèle d’importantes potentialités économiques, en dépit des contraintes naturelles imposées par les aléas climatiques et accentuées par son dérèglement. Focus sur les ressources sahariennes que se partagent notamment les trois pays du Maghreb central : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie.

Le tourisme est l’un des moyens permettant la promotion du patrimoine saharien et la création de richesse. Cette industrie est une source capitale de revenus pour le Maroc et la Tunisie qui ont alternativement accueilli pas loin de 8,5 millions et de 7 millions de visiteurs en 2009. L’Algérie se centre également sur cette activité depuis la restauration de la sécurité dans le pays. L’année dernière, elle a ainsi enregistré près de deux millions d’entrées.

« Redécouvrir une nature généreuse qui nous rappelle nos devoirs à l’égard de sa préservation désormais si précieuse, se recueillir et découvrir des populations à l’hospitalité légendaire, cela, il n’y a que notre grand Sahara pour vous le garantir » atteste Cherif Rahmani, l’ex-ministre du Tourisme. L’appel du sud est du reste si fort qu’il a créé la fondation internationale Déserts du monde, un instrument au service de la protection de l’environnement. L’intention affichée est de favoriser le développement durable afin de protéger les peuples résidant dans « ces sables infertiles » et de promouvoir leurs cultures.

Au programme des séjours dans le désert que se partagent ces trois pays d’Afrique du nord, sont prévus des bivouacs en campement, des étapes en maison d’hôtes ou en palace hôtel. Du plus écotouristique séjour au plus somptueux accueil, à Douz, Djanet ou Merzouga, le grand sud est devenue une terre de ressourcement et d’aventure, pour les voyages de stimulation, de cohésion, d’introspection.

Nagib Rouagdia en a fait son métier. Depuis plus de dix ans, il organise des treks management pour les cadres dirigeants de PME/PMI, à Timimoun, dans le sud algérien. Son objectif est d’amener ces publics de professionnels à travailler ensemble. Rien de tel alors que quelques jours passés dans cette zone désertique pour trouver quelque intérêt au travail collaboratif !

 

Photo-059.jpgLa maitrise des ressources naturelles. Mais si les parcours à travers ergs et regs contentent les appétences des aventuriers en quête d’authentiques émotions, le Sahara n’en demeure pas moins ce « corsage de feu du continent africain ». Nonobstant les lacs, les chotts aux eaux salines, les oueds, les cascades ou les guelta (sources chaudes), il n’en est pas moins dominé par l’aridité. L’optimisation des ressources hydriques est par conséquent la gageure.

203_0373.JPGPour capter et gérer l’or bleu, les trois pays ont recours à de multiples procédés. Il y a les foggaras (systèmes de drainage souterrain) et les seguias (canaux d’irrigation). Dans la province de Zagora, au Maroc, des associations ont créé des bassins de retenue pour les eaux de ruissellement ou encore des barrages de déviation. La Tunisie doit pour sa part à Ibn Chabbat, savant du XIIIe siècle, d’avoir inventé un système de répartition d’eau en provenance des 200 sources artésiennes de la région de Tozeur. Des techniques plus modernes sont aujourd’hui expérimentées. En Algérie, une étude en cours de lancement concerne le transfert des eaux du Sahara septentrional vers les régions du Nord.

A contrario des ressources hydriques qui sont utilisées avec parcimonie parce que rares, les énergies fossiles et renouvelables sont plus abondantes. Que ce soit les hydrocarbures, les ressources minières, ou encore l’énergie solaire, le Sahara est un gigantesque vivier de matières premières essentielles au développement d’une bonne partie des économies d’Afrique et d’Europe, voire d’au-delà.

D’un point de vue pétrolier, le potentiel algérien est concentré dans les régions sahariennes, à l’est, au centre et à l’ouest. A titre illustratif, la production d’or noir pourrait atteindre 2 millions de barils/jour, à l’horizon 2010/2012. Outre cela, le sud du pays dispose d’importantes ressources minières, parmi lesquelles du diamant, du fer, de l’or, du sel, de la fluorine, du wolfram-étain, de l’uranium. L’énergie solaire - avec notamment le photovoltaïque - est également abondante et fait l’objet de développement en différentes lieux via des capteurs à Ghardaïa, Naâma, Tindouf.

Le Maroc mise aussi sur son potentiel solaire avec un ambitieux programme. Le Projet intégré de production électrique solaire vise la production, à l’horizon 2020, de 2 000 MW sur cinq sites, dont l’un à Ouarzazate et trois autres dans les provinces du Sud. Ces mêmes provinces disposent également de conséquentes réserves de phosphate qui sont estimées selon l’Office chérifien des phosphates à 1,13 milliard de m3.

En Tunisie, des gisements pétrolifères au sud du pays permettent de garantir une partie non négligeable de la production intérieure d’hydrocarbures. Le sous-sol recèle en outre du phosphate en quantité. Concomitamment, il  a été établ i un Plan solaire tunisien couvrant la période 2010-2016. L’un des projets conçus dans ce cadre est le « Soleil de Nefta », localisé dans le sud-ouest tunisien. L’électricité ainsi produite par cette énergie renouvelable assurera la production électrique de la ville oasienne.

S’agissant des ressources agricoles, les dattes sont la source majeure de revenus de ces régions sahariennes et leur production est si importante qu’elles propulsent la Tunisie et l’Algérie en tête des ventes à l’international. L’un est leader mondial de l’exportation de la deglet nour, plus poétiquement appelés doigts de lumières, et l’autre est classé cinquième pays producteur mondial. Toujours en Tunisie, 10 % de la population tire ses revenus du fruit de l’emblématique arbre des oasis, le  palmier. C’est une activité organisée seloPhoto 073n une chaine de production et de distribution particulièrement performante. Sur les 145 000 tonnes produites en 2008, 60 à 80 % ont été dédiées à l’export, ce qui représente 16 % du total des exportations agricoles. 

Nabil Chokmani est positionné sur la filière datte. Directeur d’Eden Palm, il est le concepteur d’un aménagement totalement innovant alliant la découverte de ce fruit et de la palmeraie à un espace de dégustation et d’animation touristique. « L’intention est de redonner toute sa valeur à cette culture oasienne qui est génératrice d’emploi » explique ce natif de Tozeur, la ville aux 400 000 palmiers, d’où provient du reste l’essentiel de la production de ce fruit du désert. Issu d’une famille de phoeniciculteurs,  il œuvre ainsi à la valorisation et au maintien de cette activité vivrière ainsi qu’à la commercialisation de produits dérivés tels les objets artisanaux conçus à partir des feuilles et du bois de palmier, ou des rachis. Dans des laboratoires attenants, toute une gamme de produits sont parallèlement élaborés, depuis la confiture et le vinaigre, jusqu’aux cœurs de palmiers. A noter enfin que la reine du désert est annuellement fêtée, lors de festivals qui ont lieu dans chacune des régions sahariennes, à l’automne, au moment de la récolte.

Si le palmier dattier fait florès au pays des sables, les vergers du désert regorgent d’autres productions, comme en Algérie, à Timimoun, Adrar, Ghardaïa, où se cultivent tomates sahariennes et oranges. Dans la province du Jerid, en Tunisie, ce sont les bananiers qui croissent à l’ombre des palmiers, tandis que dans le Souss Massa Draâ, au Maroc, ce sont les amandiers, les arganiers, les oliviers, ou encore le safran et les roses de Kelaâ M’Gouna.

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Le Sahara fait son cinéma. Toujours dans ces régions que l’on aurait tôt fait de considérer – à tort – comme désertiques, l’industrie cinématographique a trouvé son décor naturel, dans cette alternance de dunes et d’oasis, de ksour et de kasbah. A Ouarzazate, des studios de productions ont été édifiés. L’activité bat son plein et la labellisation du lieu est en cours. « Le cinéma est une locomotive pour la province et tout y est prévu pour offrir les meilleures conditions de tournage. La ville de Ouarzazate a trois studio de cinéma, dont celui de Dino De Laurentis, considéré comme le plus grand d'Afrique » confirme le Centre régional d’investissement du Souss Massa Draâ. Depuis 2006, l’Institut spécialisé dans les métiers du cinéma (ISMC) a ouvert ses portes et l’année suivante, le musée du cinéma.   

En une vingtaine d’années, une véritable économie s’est ainsi créée en partenariat avec des cinéastes nationaux et internationaux qui réalisent leurs séquences sur ces sites. Des séries télévisées syriennes, qataries, libanaises et colombiennes ont  également été tournées au Maroc, dont un grand nombre à Ouarzazate. Au total, 862 autorisations de tournage ont été attribuées en 2009 par le Centre Cinématographique Marocain (CCM), pour tous types de productions : longs, moyens et courts métrage, séries, documentaires, reportages, clips, publicités...

Copie--1--de-Tournage-Fort-Sagane.jpgEn Tunisie, l’option cinéma est également privilégiée dans le sud saharien, en particulier dans la région des oasis de montagne, à l’endroit du canyon de Midès qui a été choisi pour le tournage de Fort Sagane et du Patient anglais. La création d’un studio de cinéma est  projetée à Tozeur qui est régulièrement investie par les équipes de cinéma françaises et italiennes. Lotfi Layouni, producteur, explique les raisons de cet intérêt. « Outre la diversité des paysages, nous disposons de techniciens, de comédiens et de figurants maitrisant plusieurs langues étrangères. Nous sommes également très performants pour fabriquer des accessoires selon des procédés industriels et artisanaux et nos infrastructures hôtelières de qualité permettent l’accueil des équipes de réalisation à des coûts compétitifs.»  

Nul doute que la valorisation de toutes ces ressources telles qu’entreprises par les trois pays du Maghreb permettra au Sahara de prospérer, et que ne seront ainsi pas désertés ces bancs de sables.