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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 07:26

L’industrie du livre prend du volume

 

Aout-2011-0138.JPGParu dans African Business - Octobre-Novembre 2011

 

 Après bien des vicissitudes, le secteur de l’édition de livres se reconfigure à la faveur d’une politique volontariste et d’un investissement conséquent pour dynamiser la lecture publique.

 

Dans tous les genres - théâtre, poésie, essai, bande-dessinée, biographie littéraire, roman - l’Algérie recèle des chefs-d’œuvre qu’elle a, de tout temps et en toutes circonstances, édités. Mais l’industrie du livre a été la victime collatérale de la tragédie qu’elle a vécue dans les années 1990. La profession a été désinvestie, tout comme les métiers du livre, la chaine de fabrication et le réseau de distribution. Ecrivains et éditeurs ont du reste payé de leur sang leur engagement dans ce combat de plume. « Le métier d’éditeur relevait des  professions à risque », soulignent les Editions Dalimen, qui ajoutent que le pays se remet difficilement d’une période durant laquelle l’intelligence et la beauté étaient quotidiennement mises en danger de mort. Ne sont parvenues à subsister, dans ce contexte anxiogène, que quelques maisons d’édition, parmi lesquelles les Editions Dahlab ou encore Dar el Houda. Cette dernière, qui est entrée en production en 1989, a continué d’imprimer, d’éditer et de diffuser des livres. A ce jour, elle a publié 900 titres dans les domaines scientifique, religieux, éducatif, para scolaire et jeunesse, qu’elle commercialise via son réseau de distribution.

Mais à partir des années 2000 que le monde de l’édition renaît de ses cendres. Dalimen, qui fait son entrée sur la scène algérienne à ce moment, témoigne. « Le champ éditorial national rendu à l’initiative privée était plus que partiellement en friche. Pendant ce temps, des talents naissants ou déjà reconnus s’épuisaient dans la vaine recherche d’éditeurs capables de surmonter les contingences et de vaincre les inhibitions dues à un marché déserté par sa clientèle, et la totale absence des stimulants qui font, sous d’autres cieux, les best seller et les grands prix littéraires ».

A même époque, Selma Hellal et Sofiane Hadjadj créent les éditions Barzakh. « Le contexte, paradoxalement, s’y prêtait : foisonnement de création et de désirs après le désastre ». Dans leur catalogue, l’offre est conséquente, avec plus de 120 titres distribués en Algérie et à l’international, notamment via des partenariats avec des éditeurs étrangers. Des publications en langue française ou arabe sont produites, en coédition avec l’éditeur français Actes Sud et avec Dar El Jadeed, au Liban. En 2010, la maison d’édition a été distinguée par les Pays-Bas qui lui ont remis le Grand Prix Claus pour la Culture et le développement.

L’ANEP, entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité, initialement apparue en 1967, lance elle aussi sa maison d’éditions en 2000. Aujourd’hui, elle est considérée comme l’un des leaders sur son segment. En parallèle de cette activité, l’ANEP est également positionnée sur d’autres métiers, dont la communication, la messagerie express, ou encore la publicité, son activité principale. A son actif, plus de 100 titres de la presse nationale et internationale dont elle assure la régie publicitaire. La société est également référencée comme imprimeur et distribue ses produits via Errachidia, son réseau de librairies, implanté à Alger et Ouargla. L’ANEP, qui affiche un capital social de 1 164 050 000 dinars, est également promotrice et organisatrice du Salon international du livre d’Alger (Sila).

A présent que le secteur de l’édition se restructure, l’offre éditoriale s’étoffe. Selon la Bibliothèque nationale d’Algérie (BNA), au premier semestre 2010, ce sont les ouvrages de sciences sociales qui sont arrivés en tête des demandes, avec près de

2 000 livres référencés (1 400 en 2011). Cette année, c’est l’histoire et la géographie qui intéressent le plus grand nombre de lecteurs, avec plus de 1 400 auteurs lus (contre 880 le semestre précédent). Dans une proportion moindre, ce sont les ouvrages de religion, la philosophie et la psychologie, ainsi que les nanosciences, qui captent l’intérêt des lecteurs ces six premiers mois, avec plus de 400 livres consultés dans chacune de ces catégories.


Promotion de la lecture publique

Pour dynamiser cette industrie renaissante, il faut compter sur le travail des librairies et des bibliothèques. Mais pour l’heure, le pays ne dispose pas suffisamment d’équipements. Selon les chiffres du ministère de la Culture, seules 394 communes (sur 1 541) possèdent des espaces appropriés. La wilaya d’Alger arrive en tête, avec 23 bibliothèques communales et 12 salles de lecture, pour un fonds documentaire de 200 000 ouvrages. Celles de Tipaza et Relizane viennent ensuite, avec 14 bibliothèques dans chaque wilaya. D’autres circonscriptions sont en revanche équipées d’un nombre important de salles de lecture, comme Mascara (42) ou encore Constantine (18). Quant aux wilayas de Skikda et Laghouat, bien que ne possédant que peu d’espaces de lecture, elles totalisent à elles deux près de 300 000 ouvrages. Au total, à l’échelle nationale, pour une population de plus de 29 millions d’habitants, ce sont quelque 14 millions de publications - toutes catégories confondues – qui sont recensées dans les lieux publics destinés à la lecture, soit l’équivalent d’un livre pour deux personnes. Ce taux est considéré comme insuffisant, et pour pallier ce déficit, le ministère de la Culture, en lien avec le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, s’est lancé, depuis 2005, dans les grands travaux pour construire 1 176 bibliothèques.

Pour l’heure, 681 structures ont été livrées (soir 58% du programme) et 505 sont en cours de réalisation. Le coût total de l’opération est chiffré à 15 milliards dinars. Une autre réalisation d’envergure se surajoute à ce programme : la bibliothèque arabo-sud-américaine à Alger qui est confiée au cabinet de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer. « Le contrat y afférent, couvrant une durée de quatre années, est d'un montant de près de 630 millions dinars », précise la primature d’Algérie.

La numérisation des ressources documentaires du domaine public, qui est également à l’ordre du jour, participe aussi à la promotion du livre. En janvier, la Bibliothèque maghrébine numérique - Bibliothèque algérienne numérique de la science a été inaugurée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. « Cette opération, entreprise en collaboration avec le centre américain US Civilian Research & Développent Fuondation (CRDF), tend à faire de cette bibliothèque un outil essentiel pour le développement professionnel de la communauté scientifique », atteste le ministère de la Poste et des technologies de l’information et de la communication, également partenaire de l’opération. La Bibliothèque nationale, qui totalise 2 millions de publications, est chargée pour sa part de la numérisation de quelque 600 000 ouvrages. « A l’horizon 2025, le livre et la lecture publique connaitront inéluctablement des développements sensibles induits essentiellement par les nouvelles techniques de l’information et de la communication », confirme le ministère de la Culture.

L’industrie du livre compte aussi sur les évènements et les animations culturels pour dynamiser les ventes. Sur ce chapitre, on peut mentionner les manifestations régulièrement programmées. Cette année 2011, avec Tlemcen, capitale de la culture islamique, ce sont quelque 365 titres qui ont été édités. Le salon du livre sur le patrimoine de l’Islam et le colloque sur l’histoire littéraire de la « perle du Maghreb », en novembre prochain, contribuent aussi à la promotion de la lecture. Tout comme le Festival international de la littérature et du livre de jeunesse (Feliv) ou encore le Salon International du Livre d’Alger (SILA), dont la 16e édition a lieu de septembre à octobre. Smain Amziane, commissaire du Sila, témoigne du succès croissant que rencontre cet évènement. En 2010, il y avait pas moins de 140 exposants et 320 éditeurs étrangers représentés (contre 134 l’année précédente), dont 210 du monde arabe et 110 d’Europe et des Etats-Unis.

La présence grandissante des professionnels dans ce salon s’explique, dixit un éditeur libanais, par le fait que le peuple algérien est passionné de lecture. La bande-dessinée surfe sur la vague. C’est un genre qui dispose en effet d’un important lectorat. Le Festival de la BD d’Alger (Fibda), qui annonce sa 4e édition, à l’automne, l’a bien perçu. D’autre aussi, ont bien compris combien était porteur, pour les affaires, de soutenir un tel événement. C’est le cas de l’établissement bancaire Société générale et de la marque de jus de fruits Rouiba qui sponsorisent, cette année, le Fibda. Le cumul de toutes ces interventions, à tous les niveaux de la chaine de production du livre - de l’éditeur jusqu’au lecteur - va sans nul doute permettre à l’Algérie de prendre une part considérable du marché continental du livre. Elle a d’ailleurs impulsé la démarche, il y a deux ans, lors du Festival culturel panafricain d’Alger, en éditant pas moins de 250 ouvrages d’auteurs africains.

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Published by Narame - dans ALGERIE ECONOMIE
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