Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
  • Contact

LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

Lire la suite.

Recherche

LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 22:10


Technologies de la communication :

Des solutions tunisiennes


 

 

entete rub 5

 

 

 

 

Pour garantir à son économie son haut niveau de compétitivité, la Tunisie l’a dotée des outils et des moyens financiers les plus performants dans le domaine des TIC. Une option qui s’avère être profitable au moment où se reconfigure à l’échelle planétaire la carte de l’industrie, sous les effets de la crise économique.

 

 

« Le secteur des technologies de la communication est un secteur prioritaire en Tunisie. Il est l'un des plus dynamiques et parmi ceux dont le taux de croissance est le plus élevé (17,5% en 2007-2011). Il connaît une expansion notable et contribue actuellement à 8% du PIB contre 2,5% en 2002 seulement. Cette contribution atteindra 13,5% au cours de la période 2007-2011 ». Les données chiffrées fournies par l’Agence de promotion de l’investissement extérieur – FIPA Tunisia sont sans équivoque. La Tunisie a indéniablement acquis dans ce secteur une performance à la hauteur de celle des économies technologiquement dominantes. Pour la troisième année consécutive, elle a du reste été classée première à l’échelle maghrébine et africaine et 38ème au plan mondial (sur un total de 134 pays) par le rapport mondial de Davos sur les Technologies de l’Information et de la Communication (2008-2009). Pour relever ce défi, il lui a fallu investir massivement et de manière pérenne dans ce domaine. L’on se souvient d’ailleurs qu’en 2005, elle accueillait déjà le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI). Cet objectif auquel s’est magistralement conformé la Tunisie, peut aujourd’hui lui procurer un juste retour sur investissement. Face à la crise à laquelle sont confrontés les marchés traditionnellement leaders, il se pourrait bien que les activités liées aux services en informatique -et aux services aux entreprises en général- que propose la Tunisie constituent une alternative salutaire. Bon nombre de dirigeants de la façade nord-méditerranéenne externalisent en effet certains pans d’activités dit de front office (service clientèle) ou de back office (prestations administratives, gestion et comptabilité) dans ce pays où l’opérationnalité et le savoir-faire de rigueur sont désormais bien rodés. Pour d’autres décideurs, la haute compétence tunisienne en informatique les engage à transférer leur département Recherche & Développement, et à sauvegarder par conséquent leur pôle innovation. L’Europe (principalement la France, puis  dans une moindre mesure l’Allemagne et l’Espagne) est ainsi aujourd’hui l’obligée du Sud de la Méditerranée, et de la Tunisie en particulier. Elle lui doit -pour partie au moins- le maintien de son activité économique, face au redoutable jeu de la concurrence qu’imposent sur ce segment les multinationales d’Asie et d’ailleurs. Et est de fait plus encline à tourner son regard vers le Sud autrement que dans la visée d’en extraire ses matière première, voire de bénéficier d’une main d’œuvre au coût attractif. C’est en effet à l’aune d’un contrat plus équitable que se négocie à présent l’expertise des ingénieurs informaticiens tunisiens. Les commanditaires de naguère ont dû en effet revoir leur copie et s’associer ces compétences dans une logique de co-traitance, pour relever le challenge qu’imposent les nouveaux schémas de l’organisation mondiale du commerce. De la même manière, le Japon, la Corée du Sud, les Etats-Unis et le Canada s’adossent-ils de plus en plus à la Tunisie en matière de R&D dans les TIC pour développer localement leur business ou pour maintenir leur développement en outsourçant partie de leur process de fabrication. Radioscopie d’un phénomène qui va crescendo.

 

Montée en puissance de l’ingénierie informatique. Depuis quelques années déjà, l’on parlait de la Tunisie comme d’une vaste plateforme dédiée à l’offshoring ou au nearshoring. Derrière ce vocable, l’on avait communément coutume de se représenter des centres d’appel ou centres de contacts. Des unités fonctionnant avec des opérateurs qui géraient à distance les services administratifs, financiers ou comptables d’entreprises généralement domiciliées en France : le Business Process Outsourcing ou BPO. Et des agents que l’on représentait coiffés d’un casque et arrimés à un standard téléphonique. Si cette réalité a existé et existe encore, elle n’en demeure pas moins l’un des aspects d’une puissante organisation dont les contours sont plus multiformes et complexes qu’il n’y paraît. Outre les commandes catalogue ou le télémarketing, l’offshoring en Tunisie englobe bien d’autres compétences essentielles à la consolidation du chiffre d’affaires des entreprises européennes. Et à leur croissance, au moment où leur marché présente tous les symptômes d’une atonie durable. Jugez plutôt. « Alors que la croissance européenne sera négative en 2009, les industries du Nord ont tout intérêt à s’appuyer sur les avantages comparatifs du Sud pour encaisser le choc, alimentant aussi en retour la croissance de cette région émergente (la Banque mondiale attend une croissance de 3,9% pour les pays Med en 2009) » prévenait sans détours Anima Investment Network, en mars dernier.

 

L'innovation technologique et la production de contenus. Pour El Hadj Gley, Ministre des technologies de la communication, il ne fait aucun doute que les TIC doivent être l'un des secteurs les plus productifs et à forte employabilité dans le pays, notamment pour les diplômés du supérieur. Une série de mesures d’appui aux entreprises a pour cela été décidée par l’Etat, pour favoriser -comme le souligne l’économiste Hakim Ben Hammouda- « la transition de l’économie tunisienne vers les secteurs plus intensifs en nouvelles technologies. » A cela s’est ajouté le talent et l’efficacité de ces génies de l’informatique qui se sont lancés dans l’aventure de la SSII et ont ainsi vivifié le monde de l’entreprise en même temps qu’ils l’ont fait monter en puissance. La conjugaison de tout cela a eu tôt fait de hisser la Tunisie au rang de destination technologique africaine et méditerranéenne de référence. Ce qui lui a permis d’attirer des entreprises étrangères off-shore. Et loin de menacer l’industrie européenne comme d’aucuns voudraient encore le penser, la sous-traitance ou l’implantation de filiales R&D offshore renforce a contrario le potentiel des SSII –Société de service en ingénierie informatique- sur un marché mondial redoutablement concurrentiel. Ce qui n’est pas une donnée négligeable à l’heure où les résultats d’activités des entreprises de la rive nord méditerranéenne ont tendance à s’infléchir. « Notre expérience de 10 années de collaboration avec des éditeurs de logiciels français montre que le modèle est plein de sens. Nos clients y trouvent une agilité et de puissants leviers pour accélérer leur croissance et gagner en compétitivité. Les voir gravir chaque année le classement du Truffle 100 est notre plus grande satisfaction » confirme sur ce plan OXIA. Cette SSII tunisienne dans le conseil et l’ingénierie des systèmes d’information opère aussi bien sur le marché local que sur les marchés nearshore & offshore sur lesquels elle réalise près de 60% de son chiffre d’affaires. A la fois opérationnel sur l’ingénierie de logiciels, le conseil en management, l’intégration des solutions entreprises et l’infogérance, Oxia permet ainsi à ses partenaires d’Europe et d’Afrique d’augmenter leur capacité de production avec des ressources humaines qualifiées. Ce qui lui vaut la confiance des enseignes les plus prestigieuses dans le domaine des télécoms, des banques, de la grande distribution et de l’industrie, telle celle du leader mondial des fournisseurs de logiciels de gestion : SAP. D’autres sociétés ont de la même manière externalisé certains pans de leurs activités en Tunisie. A l’instar de TESSI, spécialiste français du traitement de chèques et moyens de paiement, qui créé une filiale dédiée au développement, à la maintenance de logiciels ainsi qu’à la saisie et au traitement des données. D’autres suivent l’exemple. De France, des éditeurs de logiciels, des spécialistes de BPO créent plateformes et filiales, et recrutent localement des techniciens et ingénieurs pour développer leurs activités de service informatique. En 2007, s’est également implanté sur le Technopôle d’El-Ghazala le géantissime Microsoft Innovation Center.

 

Des Technopôles et des Cyber Parcs pour développer les TIC. Si la performance de la Tunisie sur le segment des TIC est à ce point éloquente, c’est parce qu’elle a visé, et atteint le niveau d’excellence en terme de formation des ressources humaines. Ceci, la Tunisie le doit à la qualité de son enseignement et à l’équipement informatique dont sont dotés ses établissements scolaires. Toutes les filières sont concernées par ces mesures, depuis les classes primaires jusqu’aux écoles d’ingénieurs, en passant par les filières professionnelles et les universités. Parallèlement, l’Etat a renforcé l’accès du parc informatique aux utilisateurs « lambda » grâce au Prêt PC et au projet PC familial. « Plus de 22.000 ordinateurs ont été achetés dans le cadre de ce programme, renforçant ainsi l’ensemble des taux de pénétration des PC à environ 650.000 » précise la FIPA. Cette réussite provient également de la judicieuse mise en synergie de la formation, de la recherche, de l'industrie et de l’entreprise innovante dans le domaine des TIC, au sein de technopôles. Le Pôle d’El-Ghazala axé sur les Technologies de la Communication est l’une de ces infrastructures ultra modernes. Il accueille la Cité Technologique des Communications de Tunis sur une trentaine d'hectares. 51 entreprises (dont 11 dans la pépinière d’entreprises) emploient actuellement environ 1200 ingénieurs et techniciens supérieurs. Sur le même principe de fonctionnement, le Technopôle de Sousse spécialisé dans la mécanique, l’électronique et l’informatique dispose également d’un espace destiné à l’innovation technologique, avec sa pépinière d’entreprises « SoftTech ». A Sfax, c’est aux activités liées à l’ingénierie de l’innovation que cet autre technopôle entend se développer. Outre tout ceci, cinq Cyber Parcs régionaux dédiés à des activités informatiques sont également aménagés pour héberger de nouveaux créateurs d'entreprises et les accompagner durant la phase d’incubation. C’est le cas de celui de Gafsa, on l’on compte notamment une société de services en télécartographie ainsi qu’une SSII. S’agissant du Cyber Parc du Kef, au Nord-Ouest de la Tunisie, se sont installés des créateurs de solutions web ou de multimédia, ainsi que des bureaux d’études et de comptabilité effectuant télé déclarations fiscales et paie à distance.

 

Pour consolider ses acquis et ceux des sociétés étrangères, la 11ème édition du Forum de Carthage sur l’investissement, en juin 2009, a ainsi été dédiée entre autres thématiques à l’offshoring. Ceci dans l'intention de hisser la Tunisie au rang de "Destination Euromed de l'offshoring".


 

Paru dans Arabies - Mensuel du monde arabe et de la francophonie - N° 265 - Mai 2009

 

 

 

Partager cet article

Published by Narame - dans TUNISIE ECONOMIE
commenter cet article

commentaires