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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 19:59

 

L'enracinement d'une logique alimentaire

 

Paru dans Arabies - Mensuel du monde arabe et de la francophonie - Mars 2010

 

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En Tunisie, l’autosuffisance alimentaire a été atteinte pour la plupart des produits.  Désormais, ils'agit de renforcer le processus de montée en gamme de l'industrie agroalimentaire

 

 

La Tunisie compte 10 millions d’hectares de terres agricoles, soit 62 % de la superficie totale. 30 % est constituée de terres labourables, dont 8 % en cultures céréalières, le même pourcentage en olivier, 5 % en arboriculture et 2 % en cultures maraichères. L’agriculture représente ainsi 12,5 % du PIB total (selon le ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques, 2003) et contribue pour 9 % des exportations totales de biens. Comparativement à l’exercice 200 8, l’importation de l’alimentation a nettement diminué en 2009 (variation de -38,5 %) tandis que l’exportation enreTunisie Djerba Tataouine 15 et 16 mars 2010 019gistre un léger fléchissement (-12 %).

L’activité agricole, qui est largement investie, a permis d’atteindre l’autosuffisance dans la plupart des produits. Ainsi en e st-il notamment du lait. Les principales ressources sont l'huile d'olive (165 000 tonnes soit près de 47 % des exportat io ns agroalimentaires), les agrumes (240 000 tonnes dont la moitié d’oranges maltaises), les céréales et les dattes (145 000 tonnes dont 70 000 tonnes sont destinés à l’exportation). La production maraichère est également  bien développée, avec notamment des cultures de tomates, de pommes de terre et d’artichauts dont partie de la production est là aussi destinée à l’exportation. « La Tunisie bénéficie d’un accès privilégié au marché européen pour un contingent de 16 800 tonnes de pommes de terre en exonération totale des droits de douanes. Cette opportunité est appréciable pour le développement d’une production pouvant satisfaire les attentes du marché européen » fait remarquer l’agence de promotion de l’investissement extérieur Fipa Tunisia. Les primeurs (abricots de Kairouan, grenades de Gabès ou pêches) constituent les  autres ressources du secteur agricole, avec les plantes aromatiques et médicinales (dont une part est issue de l’agriculture biologique) qui produisent leurs substantifiqu es essences, particulièrement prisées en Europe et aux Etats-Unis. 2000 tonnes de feuilles, de fleurs, de fruits, de graines et de racines sont annuellement conditionnées.

A cette production vient s’ajouter l’agriculture biologique qui prospère depuis maintenant plusieurs années et se diversifie. L’huile d’olive et de jojoba, les amandes et les dattes, ainsi que les légumes font partie du lot. Enfin, le secteur de la pêche -qui représente 8 % des ressources agricoles- contribue annuellement pour plus de 150 millions de dollars à l’exportation. « Le volume des produits de la mer exportés est d’environ 20 000 tonnes par an. Il est composé essentiellement de poulpes et de seiches, ainsi que de crustacés (langoustes, crevettes et chevrettes). Le littoral Nord de la Tunisie se prête bien à l’aquaculture intensive de poissons marins avec une capacité de production de l’ordre de 15 000 tonnes » précise Fipa Tunisia.

D’une manière générale, les exportations du secteur agroalimentaire ont triplé de 2002 à 2007, passant de 557 millions de dinars à 1616 millions de dinars. Elles représentent 11 % du total des exportations. Les champions nationaux sont les dattes qui positionnent la Tunisie au Top des ventes mondiales, et également l’huile d’olive. « La Tunisie se place en deuxième position après l’Union européenne et occupe la 4ème place après l’Espagne, l’Italie et la Grèce, avec une exportation annuelle moyenne de plus de 100.000 tonnes métriques » atteste l’Office national de l’huile. Le poisson figure aussi en bonne place avec 14 % de parts à l’export. Les principaux clients en produits agro-alimentaires sont l’Italie (40 % des exportations), l’Espagne, la Libye, puis la France (10 %).

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La diversification des cultures et des plantations, tout comme l’amélioration du rendement font partie des priorités telles qu’à l’ordre du jour du XIe Plan de développement, adopté en 2007. Il en est de même pour la promotion de l’agriculture biologique et pour la consolidation de la capacité de transformation du secteur. Tout ceci a du reste été l’un des thèmes centraux du programme électoral du Président Zine El Abidine Ben Ali, lequel prévoit notamment la réalisation de l'autosuffisance en blé dur au courant du prochain quinquennat.

Pour atteindre ces objectifs, des études et programmes visant à l’optimisation des ressources en eau seront engagées via le raccordement aux barrages, la réalisation d’unités de dessalement d’eau de mer et l’amélioration des systèmes d’irrigation. Cette question demeure en effet essentielle dans ce pays où l’agriculture accapare 68 % des eaux de surface et où la désertification pose problème, notamment au Sud. A Tozeur ou à Sidi Bouzid, l’on procède ainsi à l’équipement de puits, à l’entretien de stations de pompage ou des réseaux d’évacuation des eaux dans les oasis, ou encore à la création de périmètres irrigués.

Sur un autre plan, le taux de couverture forestière va être augmenté, passant de 12,8 % à ce jour, à 16 % en 2020. Une attention particulière est également réservée aux cultures protégées et géothermiques. La restructuration des exploitations agricoles est concomitamment programmée afin de maximiser leur productivité. Tout comme la mise à niveau des circuits de commercialisation pour achalander en aval les étals nationaux et internationaux. Des produits destinés aux marchés extérieurs vont être labellisés, comme c’est le cas des sardines dont les quantités transformées ont par ailleurs plus que doublées entre 2001 et 2008. S’agissant toujours des produits de la mer, la part de la pisciculture devra être portée à 10 % de la production halieutique, d’ici à 2014.

Pour atteindre ces objectifs, outre la labellisation qualité, il a été décidé d’une stratégie marketing à destination des produits phares tunisiens (huiles d'olives, produits de la mer, tomates, olives de table…) destinés à l'export. Le style culinaire méditerranéen, de plus en plus apprécié à l'international, sera, à cette enseigne, mis en avant.

 

La politique de soutien à l’agriculture s’accompagne parallèlement de mesures en faveur de la promotion des industries agroalimentaires (IAA), ceci afin d’assurer à la production agricole une plus forte valeur ajoutée. Ces industries ont atteint 9 936 millions de dinars en 2008, contre 7 072 millions de dinars en 2004. Pour renforcer encore davantage les capacités de cette activité, des programmes d'innovation technologique et de mise à niveau des circuits de collecte sont décidés.

Les pouvoirs publics ont conçu le Technopôle agro-alimentaire de Bizerte dont le démarrage est annoncé pour 2010. Il est axé sur la recherche, la formation et la production (transformation et conditionnement) des ressources agricoles et des produits de la mer. Situé à Menzel Abderrahman, il s’étend sur 45 hectares et est intégré au Pôle de compétitivité. D’une surface industrielle de 150 hectares, ce dernier a été conçu pour accueillir jusqu’à 170 entreprises et génèrera, à terme, 9000 emplois. Il est attendu une forte contribution de ce pôle au développement de partenariats technologiques.

En matière de recherche & développement et d’innovation, le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Petites et moyennes entreprises a parallèlement doté le Centre technique agroalimentaire tunisien (CTAA) de larges prérogatives. L’un des programmes de recherche développé avec  la Faculté des Sciences de Tunis, le CTAA et la société El Mazraa consiste notamment en la mise au point de nouveaux produits à base de viande épicée, séchée et fermentée naturellement ou traitée selon des méthodes biologiques.

D’autres créneaux du secteur des industries alimentaires sont investis, tel le conditionnement de l'huile d'olive, celui des fruits et des légumes, les semi-conserves, les plats cuisinés et les produits surgelés. « L'orientation stratégique est d'accroître le niveau d'intégration de la filière (circuits de collecte, agrégation, transport, entreposage frigorifique…), et de consolider le développement sur les marchés limitrophes (Algérie, Libye), en encourageant notamment la mise en place des consortiums d'exportation. En synthèse, la valorisation des produits, notamment destinés à l'exportation est le nouveau palier stratégique de croissance de l'industrie agro-alimentaire » stipule le ministère de tutelle. La croissance prévue du secteur est de 6,4 % en moyenne par an sur la prochaine décennie et vise ainsi à la création de 34 000 emplois industriels à horizon 2016. La part des investissements industriels réservés au secteur sera de 22 %.

L’Agence de promotion des investissements agricoles s’active précisément à cela, par le biais notamment du Salon international de l'investissement agricole et de la technologie (SIAT 2010), qui aura lieu à l’automne prochain, à Tunis. De nombreuses opportunités seront à saisir, dans tous les domaines : floriculture, élevage, pêche, activités de transformation et de conditionnement, services liés à l’agriculture (collecte du lait, transport réfrigéré des viandes rouges..). Il est précisé qu’un intérêt particulier sera accordé aux activités ayant un impact au niveau de la contribution à la sécurité alimentaire du pays (viande et lait, plants maraîchers et arboricoles…), ainsi qu’à celles afférentes à l'exportation des produits agricoles et de la pêche.  

 

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Published by Narame - dans TUNISIE ECONOMIE
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