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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 15:42

 

Textile, la performance tunisienne

Paru dans Arabies - Octobre 2010

 

FHA02 

 

 

La Tunisie peut produire des articles de prêt-à-porter et les distribuer sur les marchés mondiaux, c’est le résultat d’une organisation concertée entre secteur privé et pouvoirs publics, via l’innovation.

 

Le textile est l’un des fleurons de l’économie tunisienne. C’est le premier secteur en termes d’emplois générés du pays. Il occupe une place prédominante, se situant au deuxième rang des industries manufacturières. Au premier semestre 2010, son taux de croissance a été de 4.6 %. Le cumul des échanges a enregistré une progression de 5.6 % en valeur et de plus de 8.3 % en volume, sur les sept premiers mois, comparativement à 2009. La filière occupe le premier poste des exportations, avec 35 % des parts du marché. Son premier client est l’Europe, qui lui commande 97 % des vêtements distribués à l’intérieur de ses frontières. Cela positionne la Tunisie parmi les cinq premiers fournisseurs du Vieux Continent - derrière la Chine, la Turquie, le Bangladesh et l'Inde. La fabrication est pour l’essentiel destinée aux grandes enseignes étrangères de la distribution (Lacoste, Benetton, Etam, Diesel, Camaieu…). Elle est exécutée par des entreprises textiliennes de toute taille. Cela va de l’atelier de stylisme modélisme qui produit journellement cinq patrons, à l’unité industrielle dont la capacité de fabrication est de plusieurs milliers de pièces par jour.

controle_fini_emballage.jpgQuelque 2 000 entreprises sont positionnées sur la chaine des métiers du textile et de l’habillement et 200 000 salariés sont actifs sur ce segment, ce qui correspond à 44 % des emplois à l’échelle nationale. Plus de 1 750 sociétés fabriquent des produits exclusivement destinés à l'exportation. Ce sont principalement des articles de confection et, dans une moindre mesure, de bonneterie. En amont de l’habillement, le secteur textile - qui comprend notamment la filature, le tissage et le finissage – compte environ 260 unités. La Société sahelienne de blanchiment et de teinture (SSBT) fait partie du nombre. Localisée à Sousse - l’un des fiefs de la production textile avec Monastir, Sfax et Nabeul -, elle conditionne des fils à coudre et à broder.

Contribution étrangère. Sur le nombre d’entreprises présentes sur le territoire, près de la moitié sont à participation étrangère - dont 640 à capitaux totalement étrangers. Ce sont principalement des unités de confection. Les textiliens français sont les premiers investisseurs étrangers (40 %), suivis des Italiens (26 %). Aussi, 20 % du total des Investissements directs étrangers (IDE) proviennent des industries manufacturières. Plusieurs facteurs concourent au choix de la Tunisie pour le développement d’activités dans la filière. « La réussite de l'industrie tunisienne du textile et de l'habillement provient de sa maîtrise du savoir-faire, de la variété des gammes et de l'optimisation de la production avec rationalisation des coûts. S’ajoute la rapidité de livraison et la proximité de l’Europe » analyse la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie.

A quelques battements d’ailes de Paris ou de Rome, le réassortiment ou les commandes de petites séries sont effectivement possibles dans des délais très courts, beaucoup plus au demeurant que dans les lointains pays asiatiques. A cela s’ajoute les avantages fiscaux et les nombreux accords économiques auquel la Tunisie a souscrit, notamment avec l’Europe. Depuis 1998, les exportations tunisiennes bénéficient d'un accès libre au marché européen, en exemption des droits de douane et des taxes, et sans restrictions quantitatives, mais à la condition d’être conformes aux normes européennes. Les états membres de la Zone arabe de libre échange (Zale) accordent aux textiles tunisiens des concessions de même nature. La liberté totale d’importation et d’exportation existe aussi avec les pays signataires de l’accord d’Agadir (Maroc, Egypte et Jordanie). Il reste à présent à ratifier un accord commercial tarifaire préférentiel avec les pays producteurs de coton de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Burkina Faso, Mali, Bénin) - ce qui permettrait d’alléger la facture de la matière première.

Concepteurs ou sous-traitants, chacun dans leurs spécialités, ils créent leurs propres collections qu’ils distribuent, ou alors ils fournissent les marques de prêt-à-porter. Certains sous-traitants fabriquent des vêtements tricotés, a l’instar de Bebe Chbil, implanté à Monastir, qui exécute notamment pour la marque Jennyfer. D’autres sont positionnés sur le linge de maison. C’est le cas de Colima, une société totalement exportatrice sise à Nabeul. Vetsun est un confectionneur axé sur la fabrication en grandes séries (500 000 pièces par an) de layette, mais aussi sur celle du sportswear et du vêtement de travail. L’entreprise créée en 2001 compte Sergent Major comme clients. De la préparation de la matière première à la fabrication des emballages, en paHotel-2.jpgssant par toutes les étapes de l’ennoblissement (teinture, impression sur tissu, apprêt) et par la confection, les applications ne manquent pas dans une filière qui doit constamment s’adapter aux exigences du marché de la mode.

Le groupe Stivel, fondé il y a quarante ans par Abdelaziz Dahmani, président de la Fédération nationale du textile (Fenatex), est spécialisé dans les tissus d’ameublement. Il a rapidement opté pour la modernisation de son outil de production en investissant dans du matériel performant - ce qui lui a permis d’étoffer ses collections et de réaliser des économies d’échelle pour rester concurrentiel sur le marché dominé par les géants chinois et indiens. Sa stratégie s’est avérée opportune. « En s'équipant des technologies les plus modernes pour améliorer la qualité et élargir la gamme de ses produits, le groupe STIVEL a acquis un savoir-faire et une expérience lui conférant une position de leader sur le marché tunisien », précise-t-on sur le portail de l’entreprise. Egalement présent sur le marché européen, canadien, saoudien et maghrébin, le groupe équipe les chaînes hôtelières Abou Nawas, Hasdrubal, Iberostar, Sheraton…

Forte valeur ajoutée. D’autres entreprises sont aujourd’hui en capacité de produire et de distribuer des articles finis, à forte valeur ajoutée. Dotée des moyens et outils permettant de remonter la chaîne de valeurs – du modeling au marketing -, ils peuvent commercialiser le made in Tunisia. Dans cette gamme de produits finis, on peut mentionner Africa Europe Confection, une société de confection de pantalons, de jupes et de blousons. L’entreprise, localisée dans l’agglomération tunisoise, assure la conception de ses modèles - via son bureau de style - et distribue ses collections. Elle affiche un chiffre d’affaires de 3 millions de dinars et compte un effectif de 350 personnes. L’usine appartenant au groupe Hédi Bouchamaoui dispose elle aussi d’équipements suffisamment perfectionnés pour réaliser le tricotage, la confection, la broderie et la sérigraphie. La société commercialise à l’export - sous la marque Z.T.K - ses vêtements en maille 100 % coton.

41598 24638899629 6552 nLa montée en valeur du textile tunisien est confirmée. Les marques tunisiennes de vêtements concurrencent désormais les marques internationales sur le marché du prêt-à-porter. Dixit en est l’illustration. Les Filatures de Hajeb El Ayoun (FHA), le groupe de Chakib Nouira, a ainsi développé ce label, qui est positionné – via un réseau de distribution en franchise - en Afrique du Nord (Algérie, Egypte, Maroc), en France et au Kazakhstan. Il n’est pas le seul. Blue Island est l’autre exemple de la pénétration du marché du prêt-à-porter par les marques tunisiennes. Disposant de dix boutiques sur le territoire national, la franchise est également présente au Maroc, depuis 2005.

Cette montée en puissance du secteur est le fruit de nombreux investissements dans le domaine du management et de l’innovation. Pour consolider ses positions, la Tunisie s’est dotée d’un pôle de compétitivité : la Technopôle Monastir-el Feija/La Manouba (MFC Pole). Ce parc technologique gravite autour de trois axes : formation, l'industrie/recherche et développement. Il a pour objectif de favoriser la dynamique de partenariat avec le secteur privé. « L’ambition est de créer une véritable dynamique d’innovation à travers la consolidation et le développement de la compétitivité du secteur textile-habillement », assure Neila Gongi, P-DG de la Société du Pôle de compétitivité Monastir el-Fejja, qui précise que les domaines de la veille stratégique, de la création, de la formation, de la recherche et du marketing sont associés à ceux de la production.

Cette stratégie permet d’attirer les champions internationaux de l’industrie textile. C’est ainsi que la référence mondiale de la mode enfantine et adulte, le Groupe Zannier qui détient un portefeuille de vingt marques (Absorba, Kenzo Kids, Catimini, IKKS, Levi’s…), a récemment acquis un terrain sur cet emplacement.

Le groupe envisage de créer une plate-forme de textile et mode sur le site de Monastir dans la perspective de se développer. Présent depuis trente-cinq ans en Tunisie via quatre sites de production au Sahel, le groupe emploie déjà 700 personnes qui fabriquent 3 millions de vêtements par an. Il sous-traite de surcroît avec une quarantaine de façonniers. « Le Groupe Zannier se propose de transférer et de développer son unité actuelle mais également de favoriser la création de nouvelles activités avec la mise en place d’une plate-forme de stylisme modélisme, de sérigraphie, d’un service informatique et d’un bureau d’étude », indique MFC Pole.

Desseins méditerranéens. Forte de ces bonnes performances, la Tunisie ambitionne à présent de devenir le pôle euro-méditerranéen d’excellence pour le circuit court et la production de collections en séries limitées. La maitrise des flux logistiques y contribue. Le projet de pôle technologique multi-acteurs participe de cette optimisation. Il consistera à mettre à disposition des entreprises un outil d’aide à la décision : le « E-Supply Chain ». Cette plateforme Web conçue en association avec EuroMedTextile, le Centre technique du textile (Cettex), l’Ecole polytechnique de Tunisie (EPT) et la Faculté des Sciences humaines et sociales de Tunis (FSHS) a pour objectif de valoriser l'innovation et le sourcing, d’agréger les savoir-faire et de rendre visible les opportunités d'affaires sur l'ensemble de la filière textile.

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Published by Narame - dans TUNISIE ECONOMIE
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