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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 20:00

  

Tunis à l’heure de la finance islamique

  

Une banque de nouvelle génération vient enrichir le paysage financier tunisien. Il s’agit de la Banque Zitouna, le premier établissement résident offrant des produits et services conformes aux principes de la finance islamique. Focus sur cette activité en forte expansion qui entend bien moraliser les affaires.

 

Sept mois après sa création par son fondateur Mohamed Sakher El Materi, en octobre 2009, la Banque Zitouna a été officiellement inaugurée le 28 mai dernier, en présence de Ridha Chalgham, ministre des Finances, et du gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie. Neuf agences au total ont été ouvertes, réparties entre Tunis, Sousse et Sfax. Le dispositif bancaire du pays s’enrichit ainsi d’un nouvel établissement spécialisé dans la finance islamique, dans le respect des lois tunisiennes en matière de fiscalité et de finance. Il renforce ce secteur qui comprend déjà la banque non-résidente Best Bank - devenue Al Baraka Bank Tunisie depuis janvier 2010. La banque commerciale tunisienne Zitouna offre ainsi une gamme complète de produits et services innovants répondant aux besoins spécifiques de sa clientèle, parallèlement à ce qui est déjà mis en place par les banques conventionnelles. Particuliers et professionnels disposent à présent des prestations ad’ hoc en matière de comptes de dépôt, de financements et d’investissements participatifs, tout comme les entreprises s’agissant du traitement des opérations du commerce extérieur et du financement des cycles d’exploitation et d’investissements.  

La Banque Zitouna est dirigée par Amor Nejii, qui cumule près d’un quart de siècle d’expertise dans le domaine bancaire. Il a notamment été dirigeant de la STB et de la Banque de l’Habitat. Il succède à Mahfoudh Barouni, ex-directeur général de la Best Bank, qui a pour sa part été promu président du Conseil d'administration. Economiste de formation, il a effectué sa carrière en qualité de banquier et est considéré comme l’expert en finance islamique.

Le groupe Princesse El Materi Holding, représenté par Moncef El Materi, est le fondateur et l’actionnaire majoritaire, avec plus de 51 % d’un capital initial de 35 millions de dinars tunisiens, qui sera porté à 100 millions de dinars, à l’horizon 2011. Fondé en 2004 par Mohamed Sakher El Materi, le holding développe ses activités dans la distribution automobile, le tourisme de croisière, l’immobilier, les médias et l’agriculture. Depuis 2009, Princesse Holding a choisi de développer un pôle financier comprenant la Banque Zitouna, une compagnie d’assurance « Zitouna Takaful », ainsi que des filiales spécialisées dans la gestion d’actifs, l’intermédiation boursière et les activités de banque d’affaires.

Six autres groupes industriels privés ont également souscrit au capital de la banque islamique. Il s’agit de la compagnie d’assurances La Carte, du groupe Poulina, de Tunisian travel services (TTS), de Délice-Danone, d’Ulysse Trading & Industrial Companies (UTIC) et de la compagnie internationale de construction Bouchamaoui.

La supervision et l’approbation de l'ensemble des produits proposés selon les principes de la religion musulmane ont été confiées à Cheikh Mohamed Mokhtar Sellami, qui préside le comité Charia, lequel est composé de personnalités dotées d’une expérience avérée en matière de finance islamique et qui sont en conséquence chargés de vérifier la conformité des offres.

La stratégie d’expansion de la Banque Zitouna s’organise autour de son siège social, construit sur les Berges du Lac II. L’immeuble, d’inspiration arabo-musulmane est de conception tunisienne. D’une superficie de 8 000 m2 sur sept niveaux, il est décoré selon la tradition, avec, comme il se doit, du sol au plafond, du marbre blanc, de la faïence et du bois sculpté. S’agissant du conseil et de l’accompagnement ainsi que de la mise en place des systèmes d’informations, les meilleures expertises internationales et compétences nationales ont été associées parmi lesquelles McKinsey & C°, Temenos et Altime Charles Riley. Les cabinets KPMG Tunisie et BAC ont quant à eux été nommés commissaires aux comptes.  

« Citoyenne, universelle et solidaire de ses clients », telle est le credo de cette banque dont la visée est de soutenir l’économie réelle du pays, loin des sirènes de la spéculation boursière des économies capitalistes. Dans cette optique, l’argent généré par les transactions réalisées doit nécessairement être réintégré dans le process de financement d’activités de ce que l’on appelle l’économie réelle, et ce, a contrario d’opérations boursières effectuées avec des produits fictifs pour faire des profits.

Les valeurs prônées répondent ainsi à quatre exigences : l’ambition, l’équité, l’innovation et l’engagement. Les techniques financières utilisées sont conformes aux conditions édictées par la Chariaa. Les crédits usuriers sont en conséquence interdits sans que ne soit pour autant exclu un investissement socialement responsable – et solidaire -, dans le respect des principes de cette banque qui adopte des modes de gestion et de distribution technologiquement performants. Une stratégie « multi-canal » allie en conséquence le réseau de points de vente aux outils de banques à distance. Elle propose en outre des procédés et des produits financiers novateurs pour les particuliers, les entreprises et les investisseurs locaux et internationaux.

Il en est ainsi de la mourabaha, un mode de financement qui consiste en un achat par l’organisme financier d’un bien, lequel est revendu au client moyennant une marge bénéficiaire convenue entre les deux parties. L’ijara fonctionne, pour ce qui la concerne, sur le principe de la location d’un bien immobilier - qui est propriété de la banque - à un client, qui paie en retour un loyer convenu par avance. Notons qu’une option d’achat, à terme, peut être établie. La moudharaba est un contrat entre un bailleur de fonds et un gestionnaire, tous deux ayant préalablement définis la répartition des bénéfices à réaliser sur un projet. Dans ce cas d’espèce, la banque peut être sollicitée pour utiliser le capital qu’un client cherche à faire fructifier en effectuant pour cela un investissement contre rémunération. Un autre type de contrat que propose la Banque Zitouna pour le montage et le financement de projets est celui associant deux parties - ou plus - dans le capital d’une entreprise, d’un projet ou dans une opération. Il s’agit de la moucharaka. Ce système permet le partage des pertes et des profits, de la gestion ainsi que des risques d’investissement. « En offrant ce type de contrat, Banque Zitouna compte sur la moralité du client, sur une relation de confiance et la rentabilité du projet ou de l’opération » est-il précisé sur le portail de l’établissement bancaire. Enfin, l’istisnaa se définit comme un contrat de vente entre un client de la banque qui exprime un besoin de financer un bien à manufacturer et un sous-traitant qui exécute les travaux pour le compte de la banque, laquelle livre le produit fini au client, qui est, en l’occurrence, le maître d’œuvre.

Portée par cette ambition et par cette éthique, la Banque Zitouna qui emploie à ce jour 200 personnes envisage de densifier rapidement son réseau. Est ainsi prévu, d’ici à la fin de cette année, l’ouverture de vingt nouvelles agences. Et à l’horizon 2015, la conquête de 5 % de parts du marché bancaire est à l’ordre du jour, parallèlement à la création d’une centaine d’agences bancaires.

Gageons que les conseillers clientèle et autres chargés d’affaires fourniront des solutions utiles au développement de l’économie tunisienne, et non seulement. Que la Banque Zitouna permettra également aux pays membres de l’Organisation de la conférence islamique – a fortiori ceux d’Afrique et du monde arabe – d’accroître le volume de leurs échanges dans un esprit de partage du risque et des bénéfices de la croissance. 

  

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Published by Narame - dans TUNISIE ECONOMIE
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