Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste Reporter | Courriel : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
  • Contact

LE CHOIX DE LA REDACTION

Recherche

LE CHOIX DES INTERNAUTES

Novembre 2014

 

ALGERIE / Industrie électrique & électronique

TUNISIE / Industrie textile

BURKINA FASO / Sibiri François Yaméogo, styliste modéliste

TUNISIE / Industrie de l'emballage

ALGERIE / Transport maritime

AFRIQUE DE L'OUEST / Fonds d'investissement

ALGERIE / Tam, la perle du Hoggar

 

 

 

 

1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 16:22

 

Vers l’indépendance énergétique

Paru dans Arabies - Septembre 2010

32.gif

En intensifiant la prospection et la production d’hydrocarbures sur son territoire et en captant les ressources solaires et éoliennes, la Tunisie entend bien réduire sa facture énergétique.

Pour satisfaire une demande locale croissante en énergie, le ministère tunisien de l’Industrie et de la Technologie a décrété une série de mesures, comme la maîtrise de l’énergie. L’exploration et le développement de la production nationale d’hydrocarbures ainsi que la promotion de l’énergie solaire constituent les autres facettes du plan d’action. Ces orientations s’inscrivent dans le programme présidentiel 2009-2014, lequel stipule : « La politique énergétique, l’un des piliers indispensables garantissant l’accomplissement des objectifs escomptés dans le processus du développement, a fixé comme objectif essentiel, durant les années à venir, l’amélioration de l’indépendance et la sécurité énergétique, outre la diversification des sources énergétiques. »

Ce dispositif implique une mobilisation sur plusieurs fronts et requiert des investissements en conséquence. Plus de 2,1 milliards de dollars ont été affectés à la prospection et à l’exploitation d’hydrocarbures en 2008, contre 423 millions de dollars en 2005. « La Tunisie a ainsi pu équilibrer la balance de l'énergie en 2007, après six années de déficit » confirme Anima Investment network.

0171La production tunisienne. C’est l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap) qui est chargée par l’Etat de la gestion de la prospection pétrolière et gazière ainsi que des activités de production. En 2009, il a été produit 7,5 millions de Tonnes équivalent pétrole (MTep) - contre 6,8 millions en 2004. Quelque 9,2 MTep sont prévus pour 2010, soit 33 % de plus qu’en 2004. Quant aux réserves estimées, elles correspondent à 425 millions de Barils équivalents pétrole (Bep) pour l’or noir, tandis que celles de gaz sont de 413 millions de Bep.

Pour reconstituer les réserves nationales d’hydrocarbures et veiller à l’approvisionnement du marché intérieur, 241 millions de dollars ont été investis dans les activités de prospection, en 2009. Vingt-trois puits d’exploration ont été forés - soit plus du double qu‘en 2004, et on en prévoit 27 cette année.

L’Etap s’est associée à 57 compagnies pétrolières tunisiennes et étrangères localisées en Amérique, au Moyen-Orient, en Asie, en Australie et en Europe. Elles exploitent 56 permis (38 onshore et 18 offshore). Atlas Petroleum Exploration Worldwide Ltd (Apex) a investi 1,4 million d’euros dans la concession du champ Ras el-Besh, dans la région de Sfax.

Le consortium intervient aux côtés d’Eurogas Corporation, qui a démarré, en 2008, des travaux de forage offshore sur ce site, avec la société néerlandaise Farmout Delta Hydrocarbures. Eurogas s’est par ailleurs engagé dans l’exploration du pétrole et du gaz à Gabès, en investissant 5 millions de dollars. Aban Offshore Limited, un entrepreneur indien spécialisé dans le forage, a pour sa part ouvert une succursale à Tunis, en 2009.

Au début de l’année, ce sont les Australiens AuDAX et Alpine oil and gas qui ont obtenu un permis d’exploration offshore pour les opérations de forage du champ Kerkouane et pour le lancement des travaux dans la zone de Sambuca. A la même période, Rak Petroleum (Emirats arabes unis) a acquis 30 % d’une licence d’un champ situé près de Hammamet. La compagnie émirienne compte comme partenaires l'australienne Cooper Energy et la canadienne Storm Ventures. Cette dernière participe à hauteur de six millions d’euros dans l’exploration de pétrole et gaz d’un autre gisement près de Tataouine, en collaboration avec l’Etap.

Dans les gouvernorats de Kebili et de Kasserine, deux autorisations de prospection d’hydrocarbures ont été accordées à la société française Poros, une filiale de Georex S.A. Pour sa part, Petro Asian Energy Holdings, qui a acquis 51 % des participations à Ksar Hadada, a démarré, au mois de juillet, les travaux de forage d’un puits dont la profondeur est a minima fixée à 1 165 mètres. A Tozeur, à la même époque, l’Etap et la société Thani Tunisia Tozeur B.V. ont signé une convention pour l'octroi d’un permis de recherche.

Parallèlement à ces investissements, il a été décidé d’augmenter de 4,3 % de la part des énergies renouvelables dans la consommation globale à travers le renforcement de l’utilisation de l’éolien et du solaire. La recherche pour l’utilisation des nouvelles technologies - chauffage et climatisation solaires, recours au photovoltaïque, production d’hydrogène, trigénération - participe de cette initiative visant à l’autoproduction de l’électricité à partir des énergies renouvelables.

Le Plan solaire tunisien intègre et renforce cette stratégie. « Avec un coût d’investissement de l’ordre de 3 600 millions de dinars, ce plan se compose de quarante projets couvrant l’énergie solaire, l’éolien, l’efficacité énergétique, l’autoproduction et la production de l’électricité, l’interconnexion électrique avec l’Italie, la fabrication de panneaux photovoltaïques et autres projets », précise le ministère de l’Industrie et de la Technologie.

Le dispositif est financé à hauteur de 260 millions de dinars par le Fonds national pour la maîtrise de l’énergie et par le secteur public qui a mobilisé 800 millions de dinars - dont 780 millions par la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg). Des fonds privés ont versé 2 500 millions de dinars dont 1 074 sont destinés à des projets pour l’export. 40 millions de dinars sont fournis par la coopération internationale. Les émissions de CO2 seront, en conséquence, réduites de 1 300 000 tonnes par an, ce qui permettra en retour de générer 260 millions de dinars de revenus Mécanismes de développement propre (MDP).

Economies d’énergie. En outre, de substantielles économies d’énergie sont escomptées, d’ici à 2016. Elles permettront de réduire de 22 % la facture énergétique nationale contre 8 % en 2007. Pour atteindre ces résultats, des primes sont accordées aux industriels afin de les inciter à l’investissement dans l’efficacité énergétique. Ces dispositions s’accompagnent d’une réglementation favorable à l’isolation thermique et énergétique des bâtiments neufs.

Sur le terrain, les projets se réalisent, à un rythme soutenu. En avril, Abdelaziz Rassaâ, secrétaire d'Etat chargé des Energies renouvelables et des Industries alimentaires, a présenté le projet Prosol Elec, qui consiste en l’équipement, d’ici à 2014, de 5 000 bâtiments résidentiels en photovoltaïque. Pour promouvoir l'expansion de ces solutions alternatives, le gouvernement a mis en place des mesures incitatives, comme l'introduction d’une subvention couvrant 30 % du coût de l’installation photovoltaïque ou d'une prime supplémentaire de 10 % sur le montant de l’investissement.

La Steg propose pour sa part gratuitement un onduleur permettant la transformation du courant continu fourni par les modules photovoltaïques en courant alternatif. Les circuits de distribution se renforcent via la densification du tissu industriel et commercial. Quelque 34 fournisseurs agréés ont pignon sur rue et plus de 875 sociétés installatrices sont recensées.

L’ambition de la Tunisie est de devenir une plateforme internationale de production industrielle et d’exportation d’énergies renouvelables. Pour cela, elle s’est dotée des infrastructures idoines et soutient le développement des compétences dans ce domaine. Le Technopôle de Borj Cedria renforce ce mécanisme. Ce parc spécialisé dans les énergies renouvelables, l’eau, l’environnement et la biotechnologie végétale a vocation à regrouper et à créer des synergies entre des centres de recherche et de développement, des entreprises industrielles innovantes et des établissements de formation.

Coopération mondiale. La récente signature avec l'Organisation japonaise pour le développement des énergies nouvelles et des technologies industrielles d’un mémorandum d'entente portant sur l'impulsion de la coopération tuniso-japonaise profitera au développement du technopôle. Le programme comporte notamment la création d'un village écologique et d'un centre d'excellence international de promotion des énergies vertes.

Des équipements permettant d’intensifier in situ la transformation et le transport énergétique se surajoutent au dispositif de prospection et de production. Dans le cadre de la coopération tuniso-italienne, on prévoit l’installation d’une centrale électrique à cycle combiné en interconnexion avec l’Italie.

Localisée à El-Haouaria, une ville côtière au nord du pays située à seulement 140 kms de la Sicile, la centrale, d’une capacité totale de 1 200 MW, permettra l’exportation vers l’Italie de 800 MW tandis que 400 MW seront dédiés aux besoins du marché local tunisien. L’Agence de promotion de l’investissement extérieur (Fipa) indique que la réalisation de l’opération se déroulera sur la période 2010-2015. Le coût du projet – interconnexion comprise - est estimé à une somme comprise entre 1 700 à 2 200 millions d'euros.

Implantation d’éoliennes. Moncada Energy Group, producteur italien d'énergie de source éolienne, a de son côté déjà effectuégarde.jpg l’interconnexion en courant continu entre les réseaux de transmission des deux pays, via le canal de Sicile. La ligne, d’une longueur de 223 km, relie les communes italiennes à la province de Nabeul. La société escompte à présent la réalisation, sur le sol tunisien, d’implantations éoliennes pour exporter cette énergie.

Dans le domaine des hydrocarbures, il est également à l’ordre du jour de construire, à Skhira, une raffinerie de pétrole brut. D’une capacité de traitement de plus de six millions de tonnes par an, elle produira de l'essence sans plomb, du pétrole lampant, du GPL, du fuel, du gasoil et du kérosène.

S’agissant de l’état d’avancement du projet, Fipa Tunisia précise : « Une lettre d’accord a été signée avec la société Petrofac pour préparer un plan de développement et d'exploitation afin de réaliser les études de faisabilité et les études économiques… Une participation des entreprises publiques à hauteur de 51 % a été décidée » pour financer le projet, dont le montant est estimé à un couût compris entre 2 000 et 2 500 millions de dollars.

Sur tous les fronts, la Tunisie s’active à augmenter et à diversifier ses sources d’énergies pour réduire sa dépendance aux marchés extérieurs des hydrocarbures. Le jeu en vaut la chandelle.

Partager cet article

Published by Narame - dans TUNISIE ECONOMIE
commenter cet article

commentaires

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog