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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 22:54

Fipa : l’Agence tout risque

 

 


La Tunisie s’impose progressivement comme l’un des leaders de la zone euro-méditerranéenne, en particulier grâce à l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (Fipa).

 

A Tunis, Bizerte, Monastir

 

 

Pour saisir la réussite de ce projet national de développement industriel, il faut comprendre que le pays a soutenu la dynamique entrepreneuriale, en se dotant des infrastructures de transports et des équipements, des établissements pour former les jeunes générations aux qualifications les plus diverses et pointues, ainsi qu’en engageant les réformes institutionnelles nécessaires. Le processus a été renforcé par la création de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (Fipa).

Placée sous la tutelle du ministère du Développement et de la Coopération internationale, la Fipa draine les investissements directs étrangers (IDE). Elle incite les investisseurs étrangers à s’implanter en Tunisie, de sorte que s’accroisse l’activité économique et la création d’emplois. Mongia Khemiri, directrice générale de la Fipa, explique : « Les IDE ont représenté 45% des flux courants de l’année 2007, soit 40% du PIB et 20% des emplois créés. Il va sans dire que ces investissements sont importants pour la politique économique de notre pays. C’est un bon vecteur de transfert de technologie et de création d’emplois pour les jeunes diplômés, une façon d’accéder à des marchés et une source de devises pour faire face aux besoins du pays. » Créée en 1995, la Fipa a de la sorte favorisé l’installation de nombreuses entreprises étrangères à participation, dans divers domaines. En juin 2008, on dénombrait ainsi 2 337 industries manufacturières, soit plus de 255 000 emplois créés ! Avec en tête de liste les textiles et l’habillement (1 152 implantations), puis le segment mécanique, métal, métallurgique (246) et les industries électriques et électroniques (232). D’autres filières sont également investies : agroalimentaire, cuir et chaussures, plasturgie et industries diverses. L’amplification des activités de services est importante –notamment celles qui concernent les études et conseils ainsi que l’informatique.

C’est aussi une manière pertinente d’éviter la fuite des cerveaux et de faire monter en valeur l’économie du pays. Nombreux sont en effet les Tunisiens anciennement résidents à l’étranger (ou ayant effectué une partie de leur cursus en dehors du pays) qui ont rapatrié leurs savoir-faire et qui pilotent sociétés, filiales ou unités pour leur compte ou celui de partenaires étrangers. Les investisseurs allemands, américains, français ou italiens peuvent ainsi s’adosser au réseau d’affaires bien développé de leurs collaborateurs tunisiens et à leur pratique hors pair des langues étrangères.

 

Un contexte favorable. Karim Marzouk est l’un de ces patrons ayant redirigé ses ambitions sur le sol natal, après de brillantes études en Tunisie, puis en France. Diplômé de HEC et d’un master politique général des organisations, il est rentré en Tunisie, après six années passées dans l’Hexagone. Il est directeur général de Jal Group, depuis 2007, après avoir été responsable de production pendant deux ans. Leader européen de la chaussure de sécurité avec plus de 30% de parts de marché en Europe et un chiffre d’affaires de 177 millions d’euros en 2007, le groupe, sis à Menzel Bourguiba, a investi 70 millions d’euros et emploie 4 700 personnes (dont 250 à 300 cadres locaux), répartis sur trois sites de production. « Le contexte est favorable à l’investissement en Tunisie. A un facteur de compétitivité indéniable, s’ajoutent la performance du système informatique et la culture du respect du travail sérieux », précise le jeune dirigeant.

C’est le même parcours d’excellence que l’on peut attribuer à Mohsen Boumiza, gérant de KBE Tunisie SCS. Après des études d’ingénieur à Stuttgart, il dirige cette société allemande qui fournit en fils et câbles électriques les grands constructeurs automobiles : Wolkswagen, Mercedes, Dräxlmaier… Le fabricant a fait le choix de ce pays bien organisé qui répond au mieux à ses exigences, comme l’explique le gérant de la filiale. « Ce qui a été déterminant, outre la stabilité politique du pays, c’est la bonne qualité des infrastructures, l’efficience des ressources humaines et le fait que nos clients soient sur place, ce qui permet des livraisons en flux tendus, 24 heures par jour et sans stock pour l’équipementier. Sans oublier les capacités d’expéditions optimales, via le transport maritime pour acheminer la production jusqu’en Europe. »

Directeur des opérations chez Eurocast, Adel Saoudi a pour sa part bouclé son cursus aux Etats-Unis, avant d’intégrer la filiale tunisienne du groupe américain d’aéronautique Paradigm Precison Holdings. Tomas Wendt, son directeur général, peut ainsi s’appuyer sur l’expertise de cet ingénieur multilingue et sur celle des 80 personnes qui travaillent au sein de cette entreprise high-tech, entrée en production à Megrine, dans la banlieue sud de Tunis, en 2002. « Nos projets s’inscrivent dans la durée car tout est conforme à notre cahier des charges : le programme de mise à niveau tel qu’impulsé par le gouvernement, les incitations accordées aux entreprises étrangères, les infrastructures de transport, une main-d’œuvre multisectorielle qualifiée. Tout cela nous permet de fournir à nos clients –Sencma France, Honeywell, Rolls Royce et la General Electric- des produits à forte valeur ajoutée et d’être de la même manière réactif sur les livraisons. » Ces conditions favorables ont ainsi permis à l’entreprise d’augmenter de plus de 50% son chiffre d’affaires, en 2008.

La motivation est semblable en ce qui concerne Gaby Lopez, directeur général de Zodiac Automotive & Equipments Tunisie, une entreprise installée à Soliman, depuis plus de huit ans. Filiale du groupe français éponyme, la société emploie 1 100 personnes, réparties entre les deux unités de production : l’une dédiée à l’aéronautique avec pour clients les principaux avionneurs (Airbus, Boeing, Eurocopter, Bombardier…) ; l’autre destinée à la fabrication de 15 000 airbags par jour pour l’automobile. La partie recherche et développement est assurée par un bureau d’études fonctionnant avec 80 ingénieurs et techniciens supérieurs, tous diplômés d’écoles tunisiennes. « Le pays monte en puissance et nous envisageons de doubler notre volume d’activité sur les deux segments –automobile et aéronautique-, d’ici à 2010. Le système bancaire est moderne, le potentiel du personnel permet de former facilement et rapidement nos équipes à la haute technologie, et les coûts logistiques sont plus bas qu’en Asie », confirme Gaby Lopez. Lequel se réjouit d’afficher des résultats exceptionnels en termes de qualité, avec seulement 0,0004 % de défauts par million de pièces livrées !

Les affaires sont également concluantes dans la filière plasturgie, qui se développe depuis vingt-cinq ans. Le secteur s’est renforcé avec l’industrie technique, grâce aux compétences du centre de formation de plasturgie de Sousse. Tunisie Plastiques Systèmes (TPS) est l’une de ces entreprises de plasturgie. Joint venture tuniso-française (détenue à 60 % par le groupe hexagonal Plastivaloire), elle est dirigée par Chekib Debbabi. Sous-traitant pour des donneurs d’ordre européens et américains dans l’automobile et le multimédia, la société fournit des kits complets de compteurs électriques, de décodeurs et de cartes pour Sagem, France Télécom… En 2005, le Prix du meilleur partenariat tuniso-français lui a été décerné et, en 2006, celui de la chambre de commerce tuniso-allemande. L’OCDE lui a remis la palme du projet d’investissement le plus générateur d’emplois.

Nolan Plastica, autre entreprise du secteur de la plasturgie, est située sur le Parc d’activités économiques de Bizerte. Cette unité offshore, dirigée par Slaheddine Chouikha, a commencé son activité en 2008. Elle produit du film d’emballage plastique destiné à la réexportation à la maison mère en Italie (à Naples) et, dès 2009, aux marchés anglais, portugais, grec et maghrébin. Un investissement important (5 millions d’euros) a été consenti pour l’équipement d’une machine entièrement automatisée, fabriquée principalement à Milan.

 

Une autre success story : celle de Van Laack, fabricant allemand (depuis 1881) de chemises haut de gamme, installé depuis 1973 en Tunisie –au lendemain de la promulgation de la loi de 1972 sur les IDE. Cinq sites de production sont désormais actifs sur le territoire –pour un total de 800 personnes produisant de la petite série ou du sur-mesure transféré aux clients en Europe (60 % à destination de l’Allemagne) et en Asie par le port de Radès, ou par avion pour ceux d’Australie.

Ferdinand Terburg, directeur général de la société, préside la chambre tuniso-allemande de l’industrie et du commerce qui compte 600 membres évoluant essentiellement dans la confection, l’électronique, le câblage et le tourisme, avec la présence de voyagistes, comme Tui. La filière de l’environnement est investie avec des projets de gestion de déchets, de traitement des eaux usées et de transfert des technologies.

 

Les investisseurs ont bien perçu qu’ils pouvaient miser sur ces partenariats « gagnant-gagnant ». C’est aussi le cas des entrepreneurs locaux qui développent leurs activités industrielles sur le territoire. A l’instar d’Unimed (créé en 1989), le cinquième laboratoire pharmaceutique du pays, qui produit des solutions ophtalmiques et nasales ainsi que des produits injectables. Certifiée ISO depuis 2002 et accréditée notamment par le ministère tunisien de la Santé publique, le GMP European Certificate ainsi que par le Gulf Central Commitee for Drug Registration (centrale d’achat des pays du Golfe), l’entreprise –dont le siège est à Kalaa Kebira- sous-traite pour Pfizer et d’autres laboratoires étrangers et envisage de commercialiser des lots pharmaceutiques en Afrique. « Notre activité à l’export a été de 20 % en 2007 et devrait atteindre 30 % en 2008, et 50 % dans un futur proch. C’est un défi que nous comptons bien relever en misant sur la qualité », atteste Amel Chouaib Abderrahman, directrice technique d’Unimed.

 

La Tunisie présente donc de sérieuses garanties pour qui veut accroître son business et confirme sa montée en puissance, grâce à ses choix en termes de stratégie de développement, en axant sur l’innovation, via la recherche et le développement, puis en s’imposant comme site de production nearshore pour le back office. Ces éléments permettent au pays de s’afficher comme un centre de développement majeur de l’espace euro-méditerranéen.

 

 

Paru dans Arabies, Mensuel du monde arabe et de la francophonie – N° 262 – Février 2009

 

 

 

 

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Published by Narame - dans TUNISIE ECONOMIE
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