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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:19

 

ENTRETIEN

 

Brahim Alkhalil Hileou


Ministre de l’Energie et du pétrole du Tchad


 

 

La stratégie pétrolière expliquée

 

  

Paru dans African Business – Février-Mars 2013

 

 

CIMG2526.JPGLes recettes provenant de l'exploitation du pétrole représentent 75% du budget général de l'Etat tchadien. Bilan et perspectives d'un secteur en pleine expansion.

 

Quel est le potentiel pétrolier du Tchad ?

Le tiers de la superficie du Tchad est constitué de bassins sédimentaires qui, dans leur majorité, n’ont jamais été explorés. Les potentialités sont par conséquent énormes et les recherches pétrolières en cours ou en perspectives pourront nous donner une idée plus précise sur les réserves existantes. S’agissant de la promotion des blocs des bassins sédimentaire, le ministère de l’Energie et du pétrole a signé des contrats de partage de production avec PetroChad (Mangara), Griffiths Energy, Global Petroleum, S-A-S Petroleum, GTI Petroleum et United Hydrocarbon International Corp.

 

Combien de barils de pétrole sont quotidiennement produits ?

Près de 115 000 barils/jour. Esso Exploration and Production Chad Inc. (EEPCI) produit de 100 à 105 000 barils/jour d’hydrocarbures pour l’exportation. L’opérateur exploite les champs de Komé, Miandoum, Bolobo, Moundouli, Maikeri, Nya et Timbré, qui sont situés dans le bassin de Doba. La totalité de la production du pétrole brut est expédié vers les marchés internationaux via un pipeline de 1070 Km qui aboutit au Cameroun. La CNPC International (Chad) Co.Ltd. (CNPCIC) est active sur  les champs de Rônier et de Mimosa dans le bassin de Bongor, et fournit 14 000 à 15 000 barils/jour à la Société de la raffinerie de N’djaména (SRN). Les hydrocarbures extraits de ces deux champs sont destinés à la consommation locale.

 

Quelles sont les perspectives de production ?

Elle atteindra les 200 000 barils/jour à l’horizon 2014. En effet, la CNPCIC envisage la mise en production de deux nouveaux sites d’ici à la fin de l’année 2013, et les sociétés PetroChad (Mangara) et United Hydrocarbon International Corp. comptent faire de même.

 

Qui est chargé de la commercialisation ?

Depuis juillet 2012, nous avons opté pour la perception en nature de la redevance et c’est la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT) qui est chargée de la commercialisation de la part de l’or noir appartenant à l’Etat. Auparavant, il avait été donné mandat à un consortium - dont étaient membres les sociétés Esso, Petronas et Chevron - de commercialiser le brut et de verser à l’Etat la redevance sur la production.

 

A combien s’élèvent les revenus pétroliers ?

Ils représentent environ 75% des recettes du budget général de l’Etat. Depuis le début de l’entrée en production, les revenus pétroliers tirés des activités de tous les consortiums ont généré environ 10 milliards de dollars. Selon les prévisions du ministère des Finances et du budget, la moyenne de ces revenus, sur la période 2012 à 2015, représentera 9,8% du PIB.

 

Comment sont gérées ces ressources pétrolières et que financent-elles ?

Les ressources pétrolières sont gérées avec la plus grande transparence conformément à la Loi 002/PR/2006, laquelle fixe les modalités de gestion des revenus pétroliers du Tchad. Un organe indépendant, le Collège de contrôle et de surveillance des ressources pétrolières (CCRSP), a été créé à cet effet. La loi prévoit de consacrer 65% des redevances et 70% des dividendes aux dépenses relatives aux secteurs prioritaires, et 30% des redevances et 30% des dividendes pour couvrir les dépenses de fonctionnement et d’investissement de l’Etat. Les 5% des redevances restants sont destinés aux collectivités de la région productrice.

 

Qu’est-ce qui a changé depuis l’ouverture en 2011 de la raffinerie de Djarmaya ?

Cette raffinerie de dernière génération, qui dispose d’une capacité de 20 000 barils/jour, permet de diversifier les sources d’approvisionnement en hydrocarbures et de ne plus dépendre exclusivement des pays voisins - en particulier du Cameroun et du Nigeria. L’infrastructure, qui a été construite en partenariat avec la République populaire de Chine, via la société Chinoise CNNPC, produit du gasoil, de l’essence, du jet, du pétrole lampant, du gaz butane, du fuel lourd et du polypropylène. Depuis son ouverture, le marché national est régulièrement alimenté et les pays voisins le seront également puisqu’une une partie de la production de la raffinerie sera exportée.

 

La demande énergétique intérieure est-elle satisfaite ?

Le secteur de l’électricité bat de l’aile depuis plusieurs années avec des conséquences sociales et économiques que tout le monde connaît. Les défis présents et à venir dans le domaine énergétique sont énormes. L’ambition de mon département est de mettre à la disposition des populations des villes et des campagnes de l’électricité de qualité et à moindre coût. Pour atteindre cet objectif, le Tchad doit reconstruire tout son réseau électrique, ce qu’il est en capacité de réaliser eu égard à ses moyens financiers. L’Etat vient par ailleurs d’abaisser de plus de 20% le tarif de l’électricité produite par les centrales thermiques fonctionnant au gasoil, dont le coût d’exploitation demeure élevé.

 

Quels sont les moyens mis en œuvre pour atteindre la sécurité énergétique ?

En termes d’investissements, il est important de noter les efforts réalisés par les autorités. Il y a dix ans, la production électrique tournait à peine autour de 20 MW, alors qu’aujourd’hui elle équivaut à 60 MW, auxquels s’ajoutent 20 MW provenant de la centrale adossée à la raffinerie de Djarmaya qui est destinée à alimenter les réseaux de la Société nationale d’électricité. Le gouvernement a par ailleurs lancé le projet de construction, à la périphérie de N’djaména, d’une centrale photovoltaïque de 100 MW et d’une centrale à gaz de 100 MW provenant du champ pétrolier de Sédigui. Pour transporter cette énergie jusqu’à la capitale, une ligne haute tension de 60 kV est en construction, ainsi qu’une boucle de 90 kv. Des travaux de réhabilitation et d’extension des réseaux électriques de la capitale sont en cours d’exécution. Ils sont financés par la Banque islamique de développement.

 

Le développement des énergies renouvelables est-il à l’ordre du jour ? 

La promotion des énergies renouvelables est devenue un axe prioritaire de la politique du gouvernement. La réalisation de projets contribuera à la lutte contre la pauvreté des zones rurales et urbaines. Le gouvernement s’est doté d’une vision stratégique dans ce domaine en organisant le Forum international sur les énergies renouvelables, ce qui a permis de capitaliser sur les expériences de pays et d’entreprises plus avancés en matière d’éolien, de solaire et de biomasse. Le ministère de l’Energie et du pétrole s’est d’ores et déjà engagé dans le processus de création d’une Agence de développement des énergies renouvelables qui sera chargée de la mise en œuvre  de la politique gouvernementale. L’objectif est de bâtir un programme ambitieux et cohérent dont la concrétisation est attendue.

 

Comment s’organise la coopération énergétique avec les pays de la sous région ?

Dans le domaine pétrolier, l’exemple le plus éloquent de la coopération sous-régionale au sein de la zone Cemac est la mise en place du pipeline de transport Tchad-Cameroun. Sur plus de 1 000 kilomètres, il transfert des hydrocarbures destinés aux marchés internationaux. C’est un outil précieux de coopération régionale et d’intégration économique.

Sur le plan énergétique, nous avons aussi des projets d’interconnexion électriques avec le Cameroun, ainsi que l’électrification transfrontalière des villes et villages.

Nous avons également signé un accord bilatéral avec la République du Niger pour la construction et l’exploitation d’un pipeline de raccordement. Il permettrait d’exporter le pétrole brut du bassin nigérien d’Agadem vers les marchés internationaux, via le système tchadien de transport des hydrocarbures. Nous attendons les études de faisabilité technique du projet de la partie nigérienne pour pouvoir avancer.     

 

 

 

Le poids des hydrocarbures dans l’économie


 

 

2008

 

2009

 

2010

 

2011

 

2012

 

2013

 

2014

 

2015

 

Moyenne

2012-2015

 

PIB Pétrolier

 

-9.4%

 

-4.8%

 

3.4%

 

1.5%

 

-0.5%

 

7.2%

 

24.6%

 

8.0%

 

9.8%

 

PIB hors Pétrole

 

7.2%

 

5.2%

 

16.3%

 

1.6%

 

10.4%

 

11.7%

 

9.6%

 

6.1%

 

11%

 

 

 

Repères

 

Années 1950 : début de l’exploration pétrolière

 

1962 : premier permis de recherche dans le bassin des Erdis au nord du Tchad

 

1969 : permis de recherche couvrant les bassins du lac Tchad, du Salamat, de Doséo, de Doba et de Bongor

 

1976 : découverte du champ de Sédigui et projet de construction d’un pipeline d’environ 340 kilomètres jusqu’à N’jjamena pour l’approvisionnement d’une mini-raffinerie

 

1989 : permis de recherche dans le bassin de Largeau

 

1999 : permis de recherche dans les bassins de Bongor, Doba et Salamat

 

2000 : construction de l’oléoduc Doba-Kribi (Cameroun)

 

2003 : exploitation des hydrocarbures du bassin de Doba

 

2006 : permis de recherche dans les bassins de Doba, de Doséo et du Lac Tchad

 

2011 : mise en exploitation du bassin de Bongor (sud-ouest)

 

Juillet 2011 : ouverture de la raffinerie de Djarmaya

 

 

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commentaires

for more details 07/07/2014 15:13

Hey well I have to say that most of you would not remember most of the people who did the fair share of job . this is not intentional but I am sorry to say that it happens. Thanks for the post, the only thing we could do is make sure it does not happen again.