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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 18:15

Les régions du Maroc, épicentres de tous les investissements




Au Maroc, le développement économique passe par les régions. Chacune d’entre elles développe ses compétences et catalyse l’investissement, en fonction de ses particularités environnementales, de ses infrastructures de transport, de santé, d’éducation ou de loisirs. Des projets structurants ont été lancés pour créer un effet vertueux de levier pour l'économie nationale. Certains arrivent à maturation, d’autres le seront dans les deux ans à venir, l’intention étant de diversifier les secteurs d’activités et de favoriser leur croissance, de sorte que l’économie du pays ne repose pas seulement sur des ressources dépendantes des conditions climatiques.

  12.Champ du fraisier  img_page1_5_3_1.jpg  img_page1_5_2_4.jpg



En janvier 2002, étaient créés les Centres Régionaux d’Investissements (CRI). Estimant que le cadre régional constituait la dimension territoriale et administrative la plus opportune pour faciliter l'aide à la création d'entreprises et aux investisseurs, le roi Mohammed VI dotait les CRI de fortes compétences et les plaçait sous la responsabilité des walis de région. Lors, allaient se structurer seize espaces territoriaux de développement économique, l’intention étant de positionner le pays comme une destination d’excellence, une terre attractive pour les capitaux, les compétences et les nouvelles activités, afin de développer l’emploi et de générer conséquemment de la richesse.
« Nous avons exprimé, à plusieurs reprises, notre volonté de promouvoir l'investissement, notamment les projets des petites et moyennes entreprises, de l'artisanat, du tourisme, de l'habitat, des secteurs industriels et agro-industriels, et miniers qui sont créateurs d'emplois et de richesses, promoteurs de développement et facteurs du renforcement des capacités productives et d'épargne de notre jeunesse et des couches moyennes qui ambitionnent légitimement d'accéder à plus de progrès, de responsabilité et d'épanouissement » déclarait le roi dans une lettre adressée au Premier Ministre, en 2002.
Désormais, ces moteurs de développement que sont les CRI agissent de concert en faveur du renforcement du potentiel économique et commercial des différentes régions, à travers des zones et des pôles de compétitivité dédiés à moult secteurs d’activités. « Les secteurs technologiques à haute valeur ajoutée et ceux de service à fort potentiel d’emploi bénéficient dans ce cadre d’un intérêt particulier » précise la Direction des investissements qui a défini plusieurs stratégies. Une stratégie industrielle, le « Programme Emergence » ; une autre dans le domaine des nouvelles technologies : « Le contrat progrès 2006-2012 » ; le balnéaire avec le « Plan Azur » ; la stratégie artisanale « Vision 2015 » ; le projet « Rawaj 2020 » visant à la modernisation des espaces de commercialisation et un programme de construction de logements sociaux.
S’agissant du « Programme Emergence », l’ambition est de favoriser la croissance à l’export des « Métiers mondiaux du Maroc ». A savoir une filière offshoring avec l’externalisation des services aux entreprises ; les  Medzones Méditerranée » de sous-traitance industrielle des secteurs automobile, aéronautique et électronique orientées à l’export vers l’Europe, et la modernisation et la relance des piliers de croissance existants (agroalimentaire, transformation des produits de la mer et artisanat industriel). Ceci génèrera à l’horizon 2013 la création d’environ 440.000 nouveaux emplois.

Stratégie industrielle. Pour ce qui est de l’option offshoring, le Contrat Progrès 2006-2012 dans le domaine des nouvelles technologies positionne le Maroc dans une dimension TIC et Offshoring à l’échelle internationale. Le Grand Casablanca avec Casashore, le Technopolis de Rabat et le projet Fès Shore Park fournissent à cet effet leurs lots d’opportunités pour les marchés francophones, hispanophones, anglophones et germanophones.
aeropole01.jpgCapitale économique, la mégapole casablancaise est la première zone portuaire du Maroc avec 60% des échanges commerciaux et la première place financière, totalisant 30% du réseau bancaire. C’est également le premier district industriel (plus d’un tiers des établissements que compte le pays) et le premier contributeur à la création d’emploi (plus de 46% de la population active).
Rabat, la capitale politique est l’autre pôle stratégique et administratif majeur. Quatre parcs industriels y sont programmés en plus de Technopolis orienté vers le développement de logiciels, l’ingénierie et la gestion des réseaux. A la pointe de l’innovation, Rabat-Salé-Zemmour-Zaër joue un rôle fondamental en matière de recherche scientifique, de formation et de culture. Desservie par des infrastructures autoroutières de qualité, le territoire ouvre sur l’international par voie océane, et aura prochainement son tramway.
Le troisième pôle industriel High Tech de compétitivité dédié à l’offshoring est localisé dans la région de Fès-Boulemane, tout comme Fès Technovalley pour les Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication. » En 2007, le CRI se voyait d’ailleurs décerner le label "EC- Business and Innovation Centres" par le réseau européen des Business and Innovation Centres (EBN).
Quant à l’option sous-traitance industrielle, des sites dédiés aux industries automobile, aéronautique et électronique sont pour une bonne part concentrés à proximité du port Tanger-Méditerranée -le nouveau port de transbordement- et de Tanger Free Zone (TFZ) où est implanté « Automotive City » et « Electronic City ». Forte de sa localisation géostratégique d’exception, la ville blanche s’est munie d’une zone d’exportation, d’une zone franche aéroportuaire, et d’un parc industriel. Elle se pose également en place financière offshore de choix. Toutes choses la hissant au deuxième rang national en terme d’emplois. L’industrie de transformation des ressources minières.
Il est à noter qu’outre ces activités, le Maroc recèle de nombreuses ressources minérales qui favorisent de fait les industries chimiques et para-chimiques. C’est le troisième producteur et le premier exportateur mondial de phosphates (environ 20 millions de tonnes). Le centre minier de Khouribga, dans la région Chaouia-Ouardigha exploite l’un des principaux gisements. En sus, des mines de charbon, plomb, argent, or, zinc, cuivre, cobalt, manganèse, antimoine, barytine, fluorine, sel, gypse, argiles, pyrophilite, feldspath, mica, bentonite, calcite et talc sont en cours d’exploitation aux quatre coins du pays qui possède également des gisements de fer et de métaux ferreux.

L’agroalimentaire et les produits de la mer. Le troisième axe de développement de la stratégie Emergence repose sur la modernisation et la relance des trois moteurs historiques de croissance du secteur industriel que sont l’agroalimentaire, la transformation des produits de la mer et l’artisanat industriel. Quatre pôles agro-industriels sont définis : le bipôle Meknes-Fès, le Gharb, l’Oriental et le pôle agro-technologique de Souss-Massa-Draâ. Deux filières clés sont particulièrement développées : les fruits et légumes ainsi que les corps gras, et une option produits « bio » et plats cuisinés est par ailleurs valorisée.
Meknes-Tafilalet est une région dont la richesse provient de ses sols abondamment fertilisés par ses ressources hydriques, du génie des chercheurs chevronnés de ses quatre universités, et aux cultivateurs qui contribuent à cette réussite. Le territoire dont l’arboriculture fruitière tout comme le maraîchage occupent une place de choix à l’échelle nationale est le premier producteur de pommes, deuxième de dattes, cœur du vignoble marocain et important producteur d’olives, d’amandes et d’agrumes. L’activité agro-industrielle de transformation est de ce fait particulièrement offensive, avec l’exportation vers les marchés européen, nord-américain, japonais, syriens.
Le Gharb-Chrarda-Beni Hssen est quant à lui la plus grande réserve d’eau d’Afrique du Nord et le périmètre d’irrigation le plus étendu du pays. De nombreux barrages permettent des cultures variées sur une surface agricole de 600 000 hectares.
Entre littoral et palmeraies, l'Oriental s’étend sur 82.820 Km², soit l'équivalent de l'Autriche ou de la Corée du Sud. Les secteurs de l’agriculture, et de l’industrie agroalimentaire sont largement investis, entre Oujda-Angal tout à la fois siège administratif, centre commercial et pôle universitaire, Berkane l’agro-industrielle et Nador, deuxième place financière en dépôts bancaires après Casablanca.
Dans le Souss Massa Drâa, l’agriculture se focalise sur la production d’agrumes, tomates, roses, safran…et de la célébrissime huile d’argane, l’or auburn, dont elle détient le monopole mondial. L’agro-industrie occupe la deuxième place du Maroc, appuyée en cela par le cluster Agrotech axé sur la R&D. La région culmine également dans le secteur halieutique, premier au rang national pour l’exportation des produits de la mer. Un pôle de compétitivité optimise son essor.
Quantité d’autres provinces sont également positionnées sur le segment de la transformation des produits de la mer, dans ce pays qui compte onze ports de pêche. Citons notamment les régions des provinces du sud Sahara, de Marrakech et Doukkala-Abda, ainsi que celles la rive méditerranéenne.

  17.Peche  poterie

La stratégie artisanale « Vision 2015 ». L’artisanat, troisième moteur historique du secteur industriel, se développe à l’export sur l’ensemble des filières décoration, ameublement, bijouterie, habillement et accessoires, et poursuit sa croissance sur le marché local à destination de la clientèle touristique. Cette ressource brillamment exécutée par d’éminents artisans et artistes permet au royaume chérifien d’afficher un label made in Morocco porteur à l’international d’une griffe renommée.
S’illustre précisément dans ce secteur la région de Taza-Al Hoceima-Taounate dont le tissu industriel entre autre dominé par le textile et le cuir est fédéré en coopératives, et Fès, ville multiséculaire célébrant en 2008 les 1200 ans de sa création, qui valorise les arts et métiers artisanaux dans sa médina classée patrimoine universel de l’humanité.
Mentionnons également la majestueuse tradition du tissage de tapis, symbole de l’esthétisme de la civilisation arabo-berbère marocaine qui inspira nombre de peintres européens des 19è et 20è siècle, envoûtés qu’ils furent par la magie de cet art.

1060620091250441Tourisme avec le Plan Azur. C’est l’autre projet structurant de la stratégie de développement économique du Maroc. Le potentiel touristique est en effet remarquablement optimisé, et ce depuis des années déjà. En 2006, 6,6 millions de touristes ont ainsi été accueillis. L’objectif est d’atteindre les 10 millions en 2010 et d’établir dès 2009 une nouvelle « Vision 2020 ».
Pour cela, six stations balnéaires font l’objet d’attentions particulières : Taghazout Agadir, Port Lixus à Larache dans la région de Tanger-Tetouan, Mazagan à Al Jadida, Mogador-Essaouira, Saïdia avec Mediterrania Saïdia et Plage Blanche près de Guelmin, l’un des trois centres régionaux du Sud Sahara.
Ces actions s’accompagneront du développement de la formation professionnelle dans le secteur du tourisme, avec la création de 612.000 emplois à l’horizon 2010.
En parallèle, sont repositionnés via le « Plan Mada’In » des destinations déjà existants tel que Rabat avec les grandes opérations d’aménagement de la vallée du Bou Regreg et de la valorisation de sa corniche. L’ensemble comprend infrastructures touristiques et immobilières, ainsi qu’une marina.
Casablanca, Tanger, Tetouan, Fès, Meknes, Agadir et Ouarzazate-Zagora sont également au cœur du dispositif de développement régional touristique. A souligner que l’industrie cinématographique qui est le moteur de croissance de la province de Ourzazate draine une clientèle considérable.
Le tourisme rural et de montagne est pour sa part promu à Ifrane dans le Moyen Atlas, à Chefchaouen la forestière qui développe l’écotourisme, à Immouzer et Ida Outanane. Quant au tourisme lié aux sports maritimes tels que la glisse ou le surf, Dakhla et Safi seront ses terres d’élection, tandis que le parachutisme sera privilégié à Beni Mellal, riche région du Haut et Moyen Atlas qui capitalise sur le tourisme vert, de montagne et d’aventure.

Paru dans Arabies, Mensuel du monde arabe et de la francophonie - N° 259 - Novembre 2008

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Published by Narame - dans MAROC ECONOMIE
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