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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 20:56


Elles prêtent leur plume pour écrire l’Union méditerranéenne

 


 

 

féminin plurielJournalistes et écrivaines, les femmes du pourtour méditerranéen ont répondu à l’appel de l’association Le Féminin Pluriel qui organisait, du 16 au 18 avril 2008, le Festival Méditerranéen des Ecrits de Femmes.

Un évènement majeur qui inscrit en lettres d’or la détermination jamais démentie de ces grands témoins du passé, de ces observatrices du présent et de ces architectes de l’avenir.

Retour sur trois journées d’exception, à l’Institut des Etudes Hispano-Lusophones de Rabat, Maroc.

 

 

« Conscient que notre monde dépend, sur le plan politique, économique, socio culturel, des enjeux de l’information reconnue, depuis longtemps comme quatrième pouvoir, et persuadé de l’intérêt du livre écrit par la journaliste, le Féminin Pluriel a retenu ce thème comme axe central de la deuxième édition de son festival. »

Partant de ce postulat, l’association marocaine à l’origine de cette initiative a orchestré les débats, auxquels participaient des journalistes, écrivains et universitaires de dix pays méditerranéens.

Khalid Naciri, Ministre de la communication, a marqué de sa présence l’évènement, assurant que le rôle des femmes et leur place dans l’espace médiatique était fondamental. Il a fait remarquer que si l’expression féminine avait progressé, il restait du chemin à parcourir au nord comme au sud de la Méditerranée pour combler ce déficit.

« Il s’agit donc de donner du tonus à ce processus, ce à quoi s’active le gouvernement marocain en soutenant l’implication des femmes. »

Les ambassades d’Egypte, de Libye, de Palestine, de Syrie et de Tunisie, la délégation Wallonie-Bruxelles, l’Institut français de Rabat, l’Institute Cervantès, l’Istituto italiano di cultura se sont associés au Festival. Et l’Institut des études hispano-lusophones de l’Université Mohammed V-Agdal a accueilli l’évènement. Oumama Aouad Lahrech, Directrice, s’en explique.

« La littérature féminine et la profession de journaliste déclinée au féminin apportent un nouveau souffle et dévoilent l’intimité des sociétés. Pourtant, l’égalité n’est pas acquise, au Maroc comme en Europe. Nous avons donc décidé de soutenir cette initiative impulsée par les femmes marocaines, et qui agit par effet de miroir sur l’ensemble de la Méditerranée. »

Hayat Dinia, instigatrice pour le Féminin Pluriel de la deuxième édition de cette manifestation d’envergure revient sur les conditions de sa réalisation. Pour cette universitaire, présidente fondatrice de l’association, Le féminin pluriel il était essentiel de partager cette interrogation sur les écrits de femmes pour créer des synergies entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest. « L’histoire est restée silencieuse sur cette créativité et nous avons voulu lever le voile sur ces productions de sorte que l’on comprenne que le Sud recèle un potentiel et des volontés exceptionnelles capables d’impulser une dynamique profitable à tous. »

 

Hayat Dinia, présidente le Féminin Pluriel  Institut des Etudes Hispano-Lusophones de Rabat

 

Femmes de lettres, femmes de plume. Femmes journalistes et écrivaines du bassin méditerranéen et d’ailleurs, elles attestent de leur participation à l’écriture d’un nouveau monde. A commencer par Francesca Caferri, journaliste à la Republica, qui rappelle que dans son pays, l’Italie, la contribution  des femmes journalistes demeure faible. Elle ajoute que les voisins de la rive sud de la commune méditerranée n’ont jusqu’alors pas bénéficié d’une bonne presse et qu’il est important que l’on bouscule ces représentations négatives en donnant à voir l’autre réalité, et notamment cet évènement autour des écrits de femmes, impulsé ici même, au Maroc.

« Les menaces terroristes et les assauts de migrations vers la forteresse Europe ont monopolisé l’attention des médias. Il nous faut pourtant éliminer nos préjugés en allant découvrir sur place, et en nous efforçant de ne pas dire ce que l’on pense mais ce que l’on voit. »

Wafae Malih, écrivaine marocaine, auteur du roman « Quand les hommes pleurent », analyse pour sa part l’actualité politique, sociale et économique du Maroc en narrant le parcours d’un homme, évoquant ses espoirs perdus, son échec à conjuguer sa vie au présent avec les valeurs qui furent les siennes. Même registre littéraire pour Sabiha Choubbar, écrivaine irakienne résidant au Maroc, pour qui les écrits de femmes fournissent ce supplément d’énergie pour mettre en mots les sentiments.

Et pour rendre hommage à cette parole féminine longtemps circonscrite, Aïcha Belarbi, professeur chercheur en sociologie de l’éducation, ambassadrice du Maroc à l’Union européenne, réfère d’une part à Kateb Yacine citant : « une femme qui écrit vaut son pesant de poudre », et d’autre part à Shéhérazade, un personnage qui s’extirpe de la mort par le truchement des mots. Elle rappelle également que ce sont des auteurs telles Fatema Mernissi ou Nawal Saadaoui qui ont donné l’impulsion au renouveau littéraire, qui ont brisé le silence.

 

Soheir Fahmi, Jamila Majri, Latifa Bachir Laqubayli  Fatiha Nouhou, Sabiha Choubbar


Journaliste et écrivain du Maghreb et du Moyen Orient. Venue d’Egypte, Soheir Fahmi, vice rédacteur en chef d’Al-Ahram Hebdo, l’édition en Français du plus grand des médias du Moyen Orient, fondé en 1875, au Caire. Au-delà d’être femme, Soheir Fahmi incarne cette catégorie de journalistes attachés à la recherche de l’information, à l’investigation sur le terrain. Issue de cette prestigieuse école égyptienne, elle est également traductrice et a écrit des nouvelles et un roman. Journaliste et écrivain, elle explique quelles peuvent être les motivations qui conduisent au passage d’un genre à l’autre.

« Les lois de l’actu et la rapidité font partie du métier de journaliste. On sait où l’on commence et où l’on termine. Avec l’écriture de fiction, l’écriture littéraire, on évolue sur des sables mouvants. On peut plus facilement se laisser prendre dans les filets de son texte pour toucher des zones de plus en plus profondes. Il faut donc entrer dans le journalisme avec l’idée ou l’objectif de l’écrivain » a-t-elle conclu.

Autre témoignage, celui d'Amina al Jounaidi, palestinienne, à l’origine écrivaine, devenue journaliste en raison des évènements politiques. Elle dit de l’écriture que c’est un acte de communication qui permet de se documenter sur le passé pour traiter le présent et trouver des solutions pour l’avenir.

Quant à Fatiha Nouhou, Berbère du Moyen Atlas, journaliste pour la presse féminine, elle décline en rime ses pensées, dans des recueils de poésie qu’elle édite en parallèle. Tout comme Jamila Majri, journaliste à Al Horria et poétesse tunisienne dont les œuvres sont chantées par les artistes de ce pays. « Les femmes ont vécu dans le silence durant des siècles. Il nous incombe aujourd’hui de dévoiler ce que nos grands-mères n’ont pu dire » fait-elle remarquer.

Jacqueline-Zakia Daoud, française et marocaine, choisit  elle aussi de naviguer d’un bord l’autre des écrits. D’abord journaliste, elle crée, en 1966, avec Mohamed Loghlam, son époux, "Lamalif", une revue culturelle, économique et sociale, qui jusqu’en 1988 relaie en temps réel les évènements et l’histoire de ce pays. Devenue écrivain, elle publie un nombre considérable d’ouvrages, dont les biographies de Ferhat Abbas, de Ben Barka, d'Abdelkrim al khattabi ainsi qu’un roman historique « Zaynab, reine de Marrakech ».

 

Ecrits de femmes : l’éloge des hommes. Les hommes apportent également leur pierre à la construction d’un édifice commun aux deux genres, féminin et masculin. Mohammed Larbi Messari, journaliste-écrivain, atteste de l’écart qui sépare encore les deux mondes, mais fait l’éloge de l’incomparable compétence et de l’audace des femmes qui disposent d’un pouvoir extraordinaire. Et plaide en faveur d’une plus forte présence féminine au sein de ces professions.

De la même manière, Belkacem Boutayeb, secrétaire général du Comité d’éthique Khmissa témoigne de sa volonté d’être l’allié des femmes, et de la nécessité pour elles de s’organiser en réseaux pour faire entendre leur voix.

Il rend un hommage vibrant « à toutes les Femmes de l’ombre, porteuses de lumière et d’intelligence, qui contribuent, sans relâche, à nous éloigner de l’ombre de la vanité et de l’obscurantisme. »

 

 

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