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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 07:19

 

Objectif 700 000 emplois

 

Paru dans New African - Septembre-Octobre 2010

 

Maroc-Saidia-007.jpg Maroc-Saidia-010.jpg Fes.JPG

 

Le tourisme est l’un des piliers de l’économie du Maroc. Il a généré 55 403 millions de dirhams de recettes en 2008. Autant dire que l’on ne chôme pas dans le royaume chérifien. Et encore moins en période de grande chaleur.  L’enjeu est en effet de taille. La stratégie nationale, en 2001, visait la création de 700 000 emplois directs et indirects à l’horizon 2010.

Chaque été, les ports et les aéroports de la monarchie chérifienne sont littéralement pris d’assauts à l’approche des vacances par des touristes étrangers et par la communauté marocaine émigrée. Ils étaient ainsi 8,34 millions en 2009.

Sur le pourcentage de voyageurs se présentant aux frontières en 2008, 45,6 % étaient des Marocains résidents à l’étranger (MRE) et 54,4 % des étrangers. Le principal marché émetteur est la France qui arrive en tête. En décompte de nuitées, le tourisme interne est le deuxième marché, puis ce sont les Espagnols, les Anglais, le Bénélux, l’Italie et l’Allemagne. La capacité hôtelière était de plus de 150 000 lits en 2008, avec un taux d’occupation total de 49 %, selon les estimations du ministère de l’Economie et des Finances. 

Douze aéroports internationaux assurent efficacement la desserte aérienne sur l’ensemble du territoire et à destination des capitales internationales. La compagnie nationale marocaine Royal Air Maroc, qui a transporté 5,9 millions de passagers en 2009, enregistre néanmoins un recul de 3,4 % par rapport à l’exercice précédent, et voit son chiffre d’affaires accuser une baisse de 4,2 %, à 11,7 milliards de dirhams.

 

Des investissements soutenus

Nonobstant l’infléchissement observé en 2009 - crise économique internationale oblige -, la saison touristique 2010 démarre sous de bons auspices. De l’avis de Hamid Addou, directeur général de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), les chiffres sont pleinement satisfaisants, avec, au premier trimestre, une augmentation de 15 %, et de 9 % pour les visiteurs français en particulier. Le mois d’avril n’est pas jugé trop mauvais,  malgré le ralentissement des vols provoqué par les cendres volcaniques. D’après les premières estimations, les résultats de mai sont bons.

Pour ce qui est de l’exercice 2008-2009 la destination a bien réagi. Elle a enregistré une progression de 6 % des entrées internationales et une croissance de 2 % pour le seul marché français, ce qui représente 1,7 millions de touristes. Soulignons que Marrakech, à elle seule, a accueilli 1,7 millions de visiteurs en 2009, dont 600 000 Français.

Ces bons chiffres résultent d’une stratégie de communication performante et d’une politique soutenue en faveur d’investissements dans des hôtels, des infrastructures et dans de nouvelles stations balnéaires.

Maroc-Saidia-005.jpgEn 2001, les autorités marocaines avaient défini un plan pour soutenir l’essor de l’activité touristique, avec à la clé, huit à neuf milliards d’euros d’investissements requis. « Vision 2010 » a ainsi facilité le positionnement des opérateurs étrangers sur la destination. Six nouvelles stations balnéaires ont notamment été programmées dans le cadre du Plan Azur. Saïdia est l’une d’elles. Sur les trois mois de l’été 2009 consécutifs à son ouverture, le taux d’occupation y a déjà atteint 70 %. Mazagan, à El-Jadida, est le nouveau complexe balnéaire de luxe inauguré en octobre 2009.  Réalisé par la société Kerzner International Limited, il a nécessité 3,1 milliards de dirhams d’investissements et est générateur de 12 000 emplois directs et de 20 000  emplois indirects. Mogador, un complexe nature situé près d’Essaouira et dont le promoteur est Saemo, sera inauguré à l’automne 2010. 

La Vallée du Bouregreg amorce, elle aussi, sa métamorphose à travers un vaste programme d’aménagement dont l’ambition est de transformer les berges du fleuve en un véritable pôle touristique et urbain. « L’aménagement de Bab Al Bahr résulte d’une joint-venture entre l’Agence du Bouregreg et le holding Al-Maabar d’Abou Dhabi. Le coût d’investissement s’élève à 750 millions de dollars et comprend un programme immobilier mixte de près de 560.000 m2 de plancher », déclare Bab Al Bahr Development Company. L’ensemble comprend une partie consacrée à l’hôtellerie, avec la construction d’un palace, d’appartements-hôtels et de maisons d’hôtes.

Mais des stations sont également dédiées au tourisme national, soutenu par le Plan Biladi. Ont ainsi été lancés des appartements-hôtels, plus adaptés à la clientèle marocaine. Le premier complexe nature de cette catégorie ouvrira en juillet prochain, à Ifrane. Un millier d’appartements ont été livrés par l’aménageur et investisseur CMKD, un consortium maroco-koweitien. D’autres suivront à El-Jadida, dans les deux prochaines années.

Côté aménagement hôtelier, le pays a su diversifier son offre via l’investissement étranger. Le Groupe Accor Hospitality au Maroc dispose ainsi aujourd’hui de 27 hôtels, pour un total de 4 000 chambres. A son actif également, le club la Kasbah à Agadir géré avec le tour opérateur Thomas Cook, ainsi que l’hôtel Pulmann à El-Jadida. C’est par le fonds d’investissements Risma, une société patrimoniale cotée à la Bourse de Casablanca depuis 2006, que la quasi totalité des infrastructures hôtelières a été réalisée. Accor en est l’actionnaire majoritaire avec 35 % de participation ; le Groupe BMCE détient 20 % des actions ; CFG de 10 à 11 % ; la Mamda MCMA 8 % ; les 20 % restants se répartissent entre de petits porteurs. De 1996 (année de création du fonds) à 2009, Risma a investi 300 millions d’euros dont 200 millions entre 2005 et 2009, avec 100 millions d’euros pour le Sofitel Rabat en 2007. Le chiffre d’affaires du groupe Accor Maroc s’élève à 95 millions d’euros.

On le constate, les opérations d’investissement, encadrées et sécurisées par le royaume chérifien, y sont conséquentes. Les principales banques marocaines ont créé des fonds d’investissement dédiés aux projets touristiques. Jawad Fassi-Fehri, avocat au Barreau de Paris et chargé de dossiers de capital-investissement cite H.Partners, un fonds créé par Attijariwafa Bank et le groupe Banques Populaires, en 2007. De même, Actif Invest, une filiale de BMCE Capital Finance, gère plusieurs fonds d’investissement dans les secteurs immobilier et touristique.

 

Générateurs d’emplois en zones rurales

Toutefois, ces investissements ont tout de même quelque peu ralenti. Bénédict de Saint-Laurent, délégué général d’Anima et initiateur d’Invest In Med, constate que les nouveaux programmes touristiques sont moins pléthoriques qu’ils n’étaient ces dernières années où l’on comptabilisait jusqu’à 50 projets par an. Entre 2010 et 2011, 10 projets seront tout de même réalisées, dont celui de l’Egyptien Orascom en partenariat avec la CDG, pour un montant de 402 millions d’euros. Le promoteur immobilier et actionnaire, en joint-venture avec la CDG (65 %-35 %), lance les travaux de la station d’Oued Chbika, près de Tan-Tan.

Ces opérations de grande envergure n’excluent pas des réalisations plus modeste qui contribuent néanmoins à la218 1882 création locale de richesse, et notamment dans les zones rurales. Une initiative pilotée par l’Agence de développement social (ADS) de Rabat a ainsi permis la réalisation de 21 gîtes dans la province de Taroudant, en gestion avec des Marocains résidant à l’étranger. Ce programme expérimental de co-développement initié par la Commission européenne - et dont le pilotage a été confié à l’Agence française de développement (AFD) - repose sur l’essor du tourisme rural au Maroc. Le coût global est de 2 095 700 euros. L’AFD, à travers les fonds de l’UE, supporte 40 % du montant qui comprend la subvention accordée aux investisseurs. Celle-ci équivaut à 30 % du total de l’investissement, plafonné à 70.000 € par gîte rural. La prise en charge des actions d’accompagnement (promotion, signalétique, formation, gestion…) est également subventionnée par le bailleur de fonds français. « La particularité de ce programme repose sur le principe de l’implication et de l’investissement de l’immigré marocain dans sa région d’origine. En retour, son projet est subventionné » souligne Ali Benkiran, Chef du département des activités génératrices de revenus et d’emplois de l’ADS de Rabat, à l’initiative du projet « Tourisme rural ».

 

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Published by Narame - dans MAROC ECONOMIE
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