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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 15:06


Rive nord, rive sud

 

 

En novembre 2007, à Marseille, la construction d’une Union méditerranéenne avait fait débat. Cette proposition avait été largement discutée par des diplomates, des universitaires et par des décideurs du monde économique des pays du pourtour de la Méditerranée. Compte-rendu de ces échanges.

 

 

 

En 2007, la capitale phocéenne accueillait les partenaires des rives nord et sud de la mer méditerranée pour que se croisent les points de vue et qu’émerge une réflexion sur les conditions de ce développement, et sur les relations avec l’Europe. Les contours de cet ambitieux programme avaient été esquissés lors de la conférence internationale Europe-Méditerranée organisée par l’Institut Aspen France et Italie. 

Partant du constat selon lequel « les relations entre l’Europe et les pays de la rive sud de la Méditerranée se caractérisent par un certain flottement... », il avait dès lors été question de savoir si une communauté des destins entre l’Europe et la Méditerranée était-elle souhaitée. 

Ce à quoi Juan Prat Y Coll, ambassadeur d’Espagne, avait répondu en affirmant que l’avenir de l’Europe se jouait au Sud. « Il faut que les pays européens se convainquent de cela ». Hassan Abouyoub, ambassadeur du Maroc, avait quant à lui posé comme préalable à l’émergence de cet esprit méditerranéen l’incontournable rencontre des pays riverains, en associant les entreprises, pour définir collectivement les projets à mettre en œuvre. Et en prenant soin de ne pas reproduire les erreurs du Processus de Barcelone.

« Nous avons besoin de l’Europe, de la technologie européenne, de l’investissement européen, mais dans une relation de parité, d’égal à égal. Réunissons-nous pour ensemble faire mieux que Barcelone... Créons un espace commun de connaissances et commençons à réguler l’employabilité des jeunes aussi bien au Nord qu’au Sud, plutôt que de parler d’immigration sélective. Si on nous ouvre le marché agricole, si on permet l’investissement étranger, on aura les deux points de croissance qui nous manquent pour générer les 30 à 35 millions d’emplois que nous devons créer sur la rive sud » déclarait-il quelques jours plus tard au micro de Brigitte Jeanperrin, sur France Inter.

Alain Le Roy, ambassadeur chargé du projet d’Union de la Méditerranée auprès du ministère français des Affaires étrangères et européennes, rappellait de la même manière qu’il faudrait investir davantage dans ces régions, en se mobilisant autour de priorités telles l’éducation et la culture, la coopération universitaire, l’emploi dans les zones rurales, le domaine économique et le secteur financier - via une agence pour les PME-PMI.  

 

 

Définir les contours de l’espace euro-méditerranéen...

 

Pour autant, ce projet de construction d’une Union méditerranéenne ne fut pas unanimement plébiscité par la totalité des partenaires. D’aucuns s’inquièteront du sort réservé au processus de Barcelone, a l’instar de l’Italie et de l’Espagne. D’autres encore comme l’Allemagne ou les Pays-Bas se sentiront de fait exclus, car non riverains, alors même que leurs intérêts dans cette zone sont importants.

Quant à savoir comment s’agenceraient les échanges entre l’Europe et la rive sud de la méditerranée, plusieurs propositions étaient avancées. Un dialogue 5 + 5 avec les pays du Maghreb et les cinq pays européens du bassin occidental de la Méditerranée (Espagne, Portugal, France, Italie et Malte), ou bien l’option 6 + 5 avec la Grèce et l’Egypte. Ou encore un schéma qui inclurait tous les états riverains de la Méditerranée. Pour certains, l’on pourrait tout autant déterminer un périmètre en fonction de projets communs, comme la pollution en Méditerranée, qui seraient définis avec l’Union du Maghreb Arabe, et ouverts à d’autres membres, dont les Etats non-riverains de la Méditerranée.

 

 

...et favoriser les conditions de sa réalisation

 

Mais pour réaliser ce projet d’Union méditerranéenne, tous s’accorderont à dire qu’il faudra résoudre les conflits endémiques qui galvanisent les tentatives de rapprochement entre partenaires méditerranéens. A commencer par le conflit israélo-palestinien ainsi que le problème du Sahara. « L’intégration d’autres régions ne pourra se réaliser si les conflits ne sont pas résolus, si la stabilité et la paix n’est pas instaurée. Et sur ce chapitre, l’Europe a une responsabilité » soulignera Bichara Khader, Directeur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe contemporain de l’Université catholique de Louvain-Belgique. Le propos sera corroboré par celui d’Abderraouf Ounaies, Professeur de relations internationales de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis. Il engagera l’Union européenne à adopter une position constructive sur ces problématiques.

Omar Massalah de l’UNESCO et Hassan Abouyoub recommanderont la construction d’une union méditerranéenne des peuples - et non seulement des projets impulsés par les intellectuels ou le monde du business - en favorisant l’expression démocratique de la voix populaire.

La Turquie, par la voix de Ayse Nilufer Narli, présidente du Département de sociologie de l’université de Bahçesehir, rappellera que son pays pourrait impulser des projets « pour sortir de la marginalisation des groupes aux idées extrémistes, tant en Europe que dans ses frontières », à la condition que son pays ne soit pas « mis au coin ».

Khalid Oudghiri, ancien Pdg d’Attijariwafa Bank, insistera pour sa part sur l’importance du renforcement des infrastructures de base dans les secteurs des télécoms, de l’eau, de l’électricité, des transports, de la santé, de l’éducation, pour soutenir le développement économique de la rive sud du bassin méditerranéen. « De plus en plus de pays vont dépendre de la région Afrique du Nord-Moyen-Orient qui constitue un réservoir vital pour l’approvisionnement en pétrole de l’Europe. Les réserves sont là jusqu’en 2030. Des investissements colossaux doivent être consentis par les pays producteurs. Ils ne pourront faire face seuls. »

 

 

Le Maghreb, acteur de premier plan au sein de la Méditerranée

 

Enfin, certains proposeront la médiation du Maghreb pour relier les deux rives de Mare nostrum. « Il est grand temps que nous mettions en commun nos atouts pour faire de ce Grand Maghreb un acteur important entre l’Afrique et l’Europe » scandera Assia Bensalah Alaoui, professeur de droit international, ambassadrice itinérante du Maroc.

Le Maghreb est en effet bien positionné au Sud pour prendre le leadership des échanges avec l’Union européenne, et en particulier avec la France, ce que confirme Bichara Khader : « Les échanges globaux de la France avec les trois pays du Maghreb central  oscillent entre 21 et 22  milliards d’euros par an » confirme Bichara Khader. « Les étudiants maghrébins qui font leurs études supérieures en France se comptent par dizaines de milliers (entre 60.000 et 75.000) et la population originaire de cette région installée en France dépasse aujourd’hui probablement les trois millions de personnes. Les transferts de fonds de ces immigrés, par des mécanismes formels ou des voies informelles,  dépassent 4 milliards d'euros. »

Bichara Khader ne manquera pas de souligner que, réciproquement, le nombre de Français installés en Afrique du Nord est également important (près de 80.000 personnes). Il ajoute que  plus de mille entreprises françaises sont aujourd'hui actives au Maghreb, dont au moins 38 des 40  grandes sociétés du CAC 40. Sans oublier bien sûr les lycées français qui attirent des milliers d'écoliers au Maroc, en Algérie et en Tunisie. « Ces  chiffres sont révélateurs de l’intensité de la relation historique, culturelle et économique de la France avec ces pays, et de la nécessité d’une coopération renforcée » fera-t-il remarquer.

 

 

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