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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 08:40

 

Pierre Rabhi

 


Expert international pour la sécurité alimentaire

 

 

 

Il faut cesser d’affamer les gens ! 

 

 

Paru dans African Business – Octobre-Novembre 2012

 

 

 

pierre_termiti_re.jpgFace aux proportions plus qu’alarmantes que prend la crise alimentaire dans la zone sahélienne, Pierre Rabhi, expert international, pousse un cri d’alarme. Propos recueillis par Véronique Narame

 

Dix-huit millions de Sahéliens sont en situation d’insécurité alimentaire. Quelle est votre réaction ?

Je suis en colère de savoir que des enfants meurent de faim et qu’on ne fait rien. J’en ai assez de cette société gavée, de ces « pousseurs de Caddies » des grandes surfaces. L’Humanité est abjecte. On accepte que des enfants puissent naître et mourir de faim, tandis que l’on fabrique des bombes. Tant qu’on s’occupera de la fabrication d’armes de destruction et qu’on passera la souffrance humaine par pertes et profits, on restera dans un cloaque.  

 

Comment en est-on arrivé à cette situation de crise au Sahel ?

Ce sont les larcins que nous commettons sur le dos des pauvres qui mettent les populations dans des situations pareilles. Il faut cesser d’affamer les gens ! On est dans la posture du pompier-pyromane. On ne peut pas continuer comme ça. On a confisqué à l’Humanité sa capacité de se nourrir par elle-même pour des raisons de profit. Pour faire entrer des devises, les pays colonisés sont devenus des producteurs de denrées exportables. Mais ils subissent la concurrence internationale sur les matières premières, on le constate pour le coton. Les cotonculteurs rentrent parfois dans leurs frais, mais ils sont généralement perdants.  

 

La région dispose pourtant d’importantes ressources agro-pastorales…

Oui, mais on a commencé à détruire le patrimoine nourricier, puis l’eau, l’environnement et enfin les consommateurs. Après la seconde guerre mondiale, des brigades sont allées endoctriner les paysans du Sud et former des agronomes à l’utilisation des engrais chimiques. La pétrochimie internationale a orienté en ce sens les savoirs et les savoir-faire. Les nitrates et les phosphates - initialement destinés à la guerre - ont été recyclés dans l’agriculture. Les paysans ont abandonné leurs connaissances traditionnelles pour produire plus en ayant recours aux engrais. Il faut également savoir que pour une tonne d’intrants fabriqués, il faut 3 tonnes de pétrole.

 

Quelles solutions existent à l’heure actuelle pour inverser la tendance ?

Il faut permettre aux paysans d’utiliser des méthodes agro-écologiques pour produire en quantité et en qualité. Cela consiste à reboiser, lutter contre l’érosion, utiliser des semences traditionnelles. L’agro-écologie a du reste été expérimentée avec succès. Elle était déjà au centre des préoccupations du président Thomas Sankara, dans les années 1980. Peu avant son assassinat, il m’avait demandé de réfléchir à une option écologique susceptible de libérer le pays de l’achat d’intrants. Je préparais un programme prévoyant notamment la formation de formateurs à l’agro-écologie.

Au Sahel, certains de mes élèves perpétue ces mécanismes via Terres et Humanisme, une structure que j’ai fondée avec des amis, et qui intervient dans les pays dits « en développement ». Cette initiative bénéficie de l’appui du Crédit coopératif, lequel réinvestit la moitié des intérêts du livret d’épargne Agir dans des projets solidaires.

 

 

Bio Express

Pierre Rabhi est né à Kenadsa, une oasis située près de Bechar, en Algérie, pays qu’il a quitté enfant pour la France. Il a travaillé à la sauvegarde de l’oasis de Chenini en Tunisie, ainsi qu’en Palestine, et à Gorom-Gorom, au Burkina Faso, dans les années 1980.

Pierre Rabhi est l’auteur de nombreux ouvrages dont L’offrande au crépuscule.

 

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