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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 14:32

 

Les femmes sur la scène arabe

Paru dans Arabies - Octobre 2010

 

 

La protection des droits des femmes ainsi que leur accès à l’emploi figurait au menu de la 36e conférence arabe du travail, en 2009.

 

182 8220Souvent à tort décrites comme le maillon faible d’un univers implacablement dominé par la mâle volonté d’hommes impavides, qu’en est-il au juste de ce deuxième sexe de la société arabe ?

Avant toute analyse trop lapidaire, l’interprétation de données chiffrées qui proviennent des statistiques de la Banque mondiale et de l’Unicef permettra une analyse de situation plus objective.  

La démocratisation de l’accès aux soins et à l’éducation est déterminée par des ressources financières adéquates et des conditions géopolitiques idoines. Il va de soi que ces droits considérés comme consubstantiels au développement humain - et a fortiori à celui des femmes – bénéficient plus largement aux populations des pays à revenu élevé. Le monde  arabe n’échappe pas à la règle. Ainsi, le Koweït, les Emirats arabes unis, le Bahreïn, l’Arabie saoudite, Oman, la Libye et le Qatar sont les plus avancés dans ces domaines.

 

L’avance du Qatar. Proportionnellement au Revenu national brut (RNB), c’est au Qatar que revient la palme. Il détient l’un des ratios de décès maternel à l’accouchement le plus faible du monde arabe et l’un des plus forts taux de scolarisation et d’alphabétisation de la population féminine. En outre, de 1970 à 2008, le taux de fécondité est passé de 6,9 à 2,4 enfants par femme. Les Qataries sont aussi parmi celles qui comptent le plus fort taux de participation à la population active - avec les Comoriennes, les Djiboutiennes et les Mauritaniennes. C’est au demeurant l’unique caractéristique entre ce public féminin du Golfe arabique et celui de ces pays dont le RNB est nettement plus bas. Ce qui induit fatalement un fort taux de décès en couches et un faible taux d’alphabétisation des femmes.  

En revanche, pour ce qui est de la présence féminine dans la sphère politique, les femmes mauritaniennes ont de l’avance. Elles sont plus largement représentées dans les instances parlementaires (18,2 %) que leurs homologues qataries ou saoudiennes qui n’apparaissent pas dans les statistiques. Les Irakiennes, les Emiriennes et les Tunisiennes sont également beaucoup plus impliquées au plan politique. Elles le sont d’ailleurs davantage que les parlementaires françaises qui détiennent tout juste 20,4 % des sièges.

Dans d’autres pays arabes, la participation des femmes à la vie politique enregistre une substantielle progression. En Egypte, neuf femmes ont été élues au Parlement en 2005 et une loi leur accordant plus de 12 % des sièges à l’Assemblée a été adoptée en 2009. Au Koweït, pour la première fois dans l'histoire de cet émirat du Golfe, cette même année, dix femmes ont été élues au Parlement à l'issue des élections législatives, seulement trois ans après que le droit de vote leur a été accordé. A cette époque déjà, deux femmes figuraient parmi les candidats d’une élection municipale partielle à Salmiya. En Algérie, Nouria Hafsi, secrétaire générale de l’Union nationale des femmes algériennes et vice-présidente de l’Union des femmes africaines et des femmes arabes, appelle de ses vœux à davantage d’implication politique : « Lors des prochaines échéances, serons-nous en mesures de présenter suffisamment de candidates sachant qu’à peine 5 % d’entre elles adhérent à un parti politique ? C’est là un nouveau défi que nous devons relever », fait-elle remarquer.

Concernant l’emploi féminin, la tendance globale sur le marché du travail du Maghreb et du Machrek est à la hausse. Selon les estimations fournies par le Bureau international du travail (BIT), de 1998 à 2008, le ratio emploi-population active a augmenté de 4.2 % au Moyen-Orient (20,5 à 24,7 %), et de 4,4 % en Afrique du Nord (22,6 à 27 %). Le taux de chômage des femmes a parallèlement diminué dans ces deux régions. Il est passé de 16,1 % en 1998 à 13,4 % au Machrek en 2008, et de 18,3 à 16,1 % au Maghreb. De même, la part de l’emploi vulnérable a-t-elle respectivement diminuée de 10,5 et de 6,5 %.

 

Femmes d’entreprises. Les femmes du monde arabe sont en outre fortement mobilisées sur le front de l’investissement et de la création d’activités. En Arabie saoudite, des conventions d’affaires et des forums économiques dédiés aux entrepreneuses et investisseuses sont fréquemment impulsés par les chambres commerciales et industrielles. A Riyad, Houda El-Jerissi, présidente du conseil exécutif de la section féminine de la Chambre a pu constater l’amélioration du climat d’investissement à destination de ce public féminin qui possède du reste 40 % des entreprises familiales et 20 % des capitaux dans les fonds saoudiens mixtes. Au sein de la Banque islamique de développement, l’on débat aussi du rôle économique des femmes, s’appuyant sur l’expérience à ce sujet du royaume de Bahreïn où le nombre de femmes chefs d’entreprises a progressé de 322 % de 1991 à 2001.

D’autres initiatives transnationales émanent de part et d’autres, notamment via le Conseil des femmes d'affaires arabes présidé par Hissah Saad A. Al-Sabah. Le Forum Mena-Ocde des entreprises et le Sommet des femmes entrepreneurs a pour sa part réuni à Marrakech un panel d’éminentes décideuses du monde arabe des affaires - dont Sheikha Lubna Bint Khaled Al Qasimi, ministre de l’Economie des Emirats arabes unis. Parallèlement, des réseaux fonctionnent localement, comme celui des Femmes d'affaires du Qatar Forum (QBWF), la Chambre nationale des femmes chefs d’entreprises (CNFCE) en Tunisie ou encore l'Association des femmes d'affaires libanaises (LBWA).

La proportion de Cisjordaniennes, de Gazaouies et d’Irakiennes dans la part de la population active est a contrario beaucoup moins significative que celle des pays arabes à revenus élevés. Sûrement ces femmes sont-elles en proie à d’autres préoccupations pour assurer leur survie dans un contexte aussi incertain. Les pouvoirs publics s’efforcent pourtant de soutenir l’emploi féminin et la protection de leurs droits. A Amman, lors de la 36ème session de la Conférence arabe du travail en 2009, il a précisément été question de cela.

Egypt650x310_0.jpg

 

La Palestine en tête. En dépit des troubles récurrents en Cisjordanie et à Gaza, l’on constate cependant que les jeunes femmes de 15 à 24 ans sont celles dont le taux d’alphabétisation est le plus élevé du monde arabe. En Syrie et en Algérie, ce sont les taux d’achèvement du cycle primaire par les filles qui figurent en tête du palmarès. Au Koweït, aux Emirats arabes unis et au Qatar, l’enseignement supérieur est quant à lui pris d’assaut par les femmes dont les inscriptions dépassent en nombre celles des hommes. Pour soutenir cet élan, l'Organisation de la femme arabe, dont la présidente est Leïla Ben Ali, épouse du chef de l'Etat tunisien, s'est assignée comme mission principale de « contribuer à ce que l'enseignement soit consacré comme un levier majeur pour la promotion des rôles de la femme arabe et pour son intégration dans le processus de développement et de progrès de sa société ». Cette orientation sera de nature à accroître encore davantage la présence féminine sur la scène arabe – et internationale -, déjà riche de tous ces talents.

Les femmes du monde arabe excellent en effet déjà dans maints registres. Le thème mériterait à lui-seul un traitement différencié tant il est fourni. Femmes de lettres, artistes, chercheurs… elles sont si nombreuses à enrichir le mouvement culturel et intellectuel de leur génie ! Alors, cédons à l’arbitraire et n’en citons, pour conclure, que quelques-unes : la diva Fairouz, la photographe Salma Alshaibi, la scientifique Zoubida Charrouf, l’écrivaine Nawal el-Saadaoui, la cinéaste Alia Arasoughly, la présidente de l'Académie arabe de l’e-Business Mouna Hassoun, la chercheuse Rokhsana Ismail

 

 

Ecole primaire

chez les filles

2005-2008

Alphabétisation femmes de

15 à 24 ans

 

Sièges occupés

par des femmes

dans les parlements

 nationaux

Arabie saoudite

91,7 %

96,2 %

0,0

Bahreïn

97,6 %

99,7 %

13,7

Cisjordanie et Gaza

82,8 %

99,9 %

0,0

Comores

67,4

84,1

3,0

Djibouti

36,8

 

13,8

Egypte

93 %

81,8 %

1,8

Emirats arabes unis

107,0 %

97,0 %

22,5

Irak

65,2 %

80,2 %

25,2

Jordanie

101,1 %

98,9 %

9,55

Koweït

98,4 %

98,5

7,7

Liban

88,8 %

99,1

3,1

Libye

 

99,7

7,7

Mauritanie

65,7 %

63,4

18,2

Oman

80,8 %

97,6

9,7

Qatar

111,5 %

99

0.0

Soudan

46,8 %

81,7

18,2

Syrie

112,8 %

92,5

12,4

Yémen

 

70,0

1,05

 

 

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