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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 11:26

 

L’intermodalité pour soutenir la croissance

 

Paru dans African Business - Février-Mars 2011 

 

burkinabanner

 

Au départ des deux principales villes, Ouagadougou et Bobo Dioulasso, s’édifie l’architecture du schéma des transports du Burkina Faso, pays de l’hinterland qui doit optimiser les rouages de la chaine logistique pour favoriser l’essor de l’économie nationale.

 

« Le Burkina Faso est une zone de passage de la vallée du Niger (Mali), au Nord, vers le port d'Abidjan (Côte d'Ivoire), point d'entrée et de sortie de la majorité des marchandises circulant au sein de cet espace. Il se situe également sur l'axe reliant la côte Ouest au centre du continent ». L’observation telle qu’énoncée par le Partenariat pour le développement municipal (PDM) renseigne sur la position centrale qu’occupe le pays, hub terrestre de Afrique de l’Ouest. L’importance stratégique de cette place incontournable pour le transit des biens et des personnes n’est plus à démontrer.

C’est ce qui explique que Ouagadougou a été, pour la seconde fois, l’hôte du symposium sur le Transport et la logistique en Afrique (Translog). En 2010, lors de cette rencontre, il a été décidé de redéfinir le partenariat sous régional, en optimisant la performance des infrastructures et des équipements de transport, ainsi que des facilités transitaires et douanières. 

L’amélioration du transport et de la logistique figure au rang des priorités du programme présidentiel. Routes, voies ferrées et couloirs aériens favorisent les déplacements commerciaux et humains de ce pays qui dispose de frontières communes avec le Ghana, le Togo, le Bénin, le Niger, le Mali et la Côte d’Ivoire. Des corridors de desserte ont été aménagés pour le désenclaver. Ils mènent aux ports d'Abidjan, Cotonou, Tema, Accra, Lomé… et permettent ainsi au Burkina Faso - qui ne dispose d’aucun accès sur la mer – d’avoir recours à ce moyen de transport pour maximiser ses échanges à l’international. 80 % du fret généré par le commerce extérieur est ainsi acheminé par voie maritime.

La maitrise des transports - en particulier routiers - est donc au centre des préoccupations des pouvoirs publics, comme le souligne Seydou Kaboré, ministre des Infrastructures et du désenclavement. « Leur parfaite tenue est un impératif qui tient du rôle de notre pays dans le transit et la facilitation des échanges sous régionaux ». C’est dans cette perspective que le gouvernement burkinabé inscrit son intervention. L’effort est particulièrement soutenu dans ce pays où les inondations font des dégâts importants. On se souvient qu’en juillet 2010 et en septembre 2009 les eaux de pluies ont détruit sur leur passage des voies bitumées et des ouvrages d’art, comme ce fut le cas, à Ouagadougou, du  Pont Kadiogo.

Pour autant, la détermination à relier les hommes n’est pas entamée. A fortiori du fait de l’importance que constitue la route où s’effectuent la plus grande partie des opérations d’import-export et qui permet en outre aux populations d’accéder aux services sociaux de base. « Le Burkina Faso a fait de la route un outil important dans la conduite de son processus de décentralisation, convaincu que si la qualité des infrastructures de communication augmente à ce niveau, les régions deviendront aussi des moteurs du développement », confirme le premier ministère.

En 2009, 11,25 milliards de F.CFA ont été, à cette fin, mobilisés pour l’entretien de 15 272 km de routes et 1 700 km de pistes rurales. En 2010, moult opérations de construction et d’entretien d’infrastructures routières ont été diligentées, comme dans la région du Plateau central, avec l’aménagement d’un tronçon pour fluidifier les déplacements dans le sens Est-Nord. Les pouvoirs publics se sont aussi concentrés sur le réaménagement d’une section de 16 kilomètres de routes à Bobo Dioulasso, qui a bénéficié d’un programme de bitumage à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, célébré sur son territoire.

Dans la capitale, l’interconnexion dite « de l’Ouest », en direction de la cité de Sya et de la Côte d’Ivoire, devrait être achevée à la fin du premier trimestre 2011. Les travaux de cet ouvrage, qui comprennent un pont, sont estimés à 1 milliards et demi F.CFA. L’échangeur de la porte de l’Ouest, connecté à celui de Ouaga 2000, a pour sa part été livré. Il a pu être réalisé grâce à la contribution du gouvernement japonais, laquelle s’élève à 11 milliards F.CFA. Par ailleurs, la réhabilitation de la section de route qui mène au Togo a été programmée en 2010, et des travaux de renforcement du tronçon en direction du Ghana ont été entrepris. Cette dernière opération s’inscrit dans le programme prévu par l’Uemoa et qui concerne l’axe Bamako-Ouagadougou-Accra, long corridor de 1 900 kilomètres. 

 

 

Intensification des modes de transport

Les marchandises sont également transportées par le chemin de fer, le principal tracé étant celui qui relie Ouagadougou à Abidjan, soit 1 200 kilomètres de rails. L’exploitation de la ligne est confiée à la Société de transport ferroviaire de personnes et de marchandises (Sitarail), une filiale du groupe Bolloré Africa Logistics, laquelle affichait en 2009 « de bons résultats » et était « en progression par rapport à 2008, grâce à la reprise du transport des volumes d’hydrocarbures et au développement des trafics avec le Burkina Faso et le Mali ». Au 30 juin 2010, les résultats étaient jugés « satisfaisants ». Il semblerait toutefois qu’une partie du trafic empruntant traditionnellement cette ligne de chemin de fer ait été réorientée vers le Togo et le Ghana, depuis la crise ivoirienne.

Cela étant, Bobo Dioulasso n’en demeure pas moins un carrefour incontournable d’échanges régionaux, de par sa proximité avec le Mali. C’est précisément à cet endroit du reste qu’a été réalisé le port sec, situé dans la zone industrielle, à proximité de l’aéroport. Cette plate-forme multimodale inaugurée au début de l’année 2010 dispose d’un terminal à conteneurs, de zones sécurisés pour les camions et de douanes. L’infrastructure qui a été financée par un consortium de banques, à hauteur de 7 milliards de F.CFA, permet à présent de centraliser tous les flux de fret.

Pour mener à bien sa politique de désenclavement, le Burkina Faso a également misé, dès la première heure, sur le transport aérien. La compagnie nationale Air Burkina a été créée dès 1967. Elle assure les vols intérieurs et dessert les capitales des pays limitrophes, à partir de ses deux aéroports internationaux. Celui de Ouagadougou est en cours de transformation. Sa capacité d'accueil - qui est actuellement de 300 000 passagers - va tripler. L’achèvement de ce programme de rénovation et d’extension est annoncé pour le printemps 2011. L’aéroport de Bobo Dioulasso vient quant à lui d’étrenner ses nouvelles infrastructures (une aérogare et un salon d’honneur). A présent, il est question de la réalisation du nouvel aéroport de Ouagadougou-Donsin dont la mise en service est prévu pour 2017.

Tout est en route, au « Pays des hommes intègres », pour optimiser les conditions de circulation des Burkinabés et pour l’accueil des visiteurs – hommes d’affaires, touristes et affinitaires. Plusieurs compagnies continentales opèrent déjà au Burkina Faso, notamment celles d’Afrique du Nord (Air Algérie, Royal Air Maroc) et celles d’Afrique de l’Ouest (Air Ivoire, Ghana International Airlines).

Les transporteurs français se sont aussi positionnés (Air France et Point Afrique) et d’autres, a l’instar de Brussels Airlines qui a ajouté Ouagadougou à son réseau africain en 2010, les ont rejoints. Il en est de même d’Aigle Azur qui a instauré, en janvier 2011, une coopération avec Air Burkina pour la desserte de Ouagadougou au départ de Paris. A raison de deux rotations hebdomadaires, les deux capitales sont à présent reliées en seulement 5 heures et 15 minutes de vol. François Hersen, dirigeant d’Aigle Azur, explique les motivations qui ont présidé à cet accord. « Le marché est assez bien équilibré et la typologie de la clientèle est diversifiée, avec une catégorie familiale, une autre touristique et une classe affaires. Nous escomptons un taux de croissance de 10 à 15 % minimum dès les premiers mois d’exploitation ».  

Le Burkina Faso n’a de cesse d’accroître son développement interne via ses échanges avec les pays voisins de l’Afrique de l’Ouest, tout comme avec le monde. L’exploration de nouvelles dessertes - au rang desquelles figure la construction d’un corridor ferroviaire trans-sahélien sur l’axe Dakar-Bamako-Ouagadougou-Niamey-Zaria - fait partie de ses préoccupations. Cette perspective a d’ailleurs été discutée, à Ouagadougou, lors du symposium sur le Transport et la logistique en Afrique, en 2010.

En ce sens, le pays participe activement aux actions qui permettront de désenclaver – au-delà du territoire burkinabé - les grandes zones de production du continent.

 

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