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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 07:13

 

Burkina Faso : L’offre des banques françaises en question

Paru dans Les Afriques - N° 129

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Alors que s’annonce, le 19 juillet, à Bobo Dioulasso, la 10ème Rencontre Gouvernement / Secteur privé, sur le thème « Etat des lieux de l'investissement privé au Burkina Faso, quelle stratégie de relance ? », qu’en est-il en particulier du positionnement des banques françaises dans ce pays et sous quelles conditions sont octroyés les prêts aux entreprises burkinabè ?

Au Burkina Faso, le secteur bancaire français est représenté par la BICIA-B, Banque internationale pour le commerce, l'industrie et l’agriculture au Burkina, une filiale burkinabè du Groupe BNP Paribas, lequel détient la majorité du capital (51 %) contre 25 % de participation pour l’Etat burkinabè et 24 % pour les actionnaires privés. La Société générale de banques au Burkina (SGBB) est la deuxième entité hexagonale présente sur le territoire. Elle appartient quant à elle au Groupe Société générale détenteur de 44 % des actions, tandis que la partie burkinabè compte pour 50 % et Finadei pour 6 %.

Ces deux banques commerciales françaises ont été, par le passé, dans le groupe de tête des principaux établissements bancaires - avec la BIB, Banque internationale du Burkina, reprise par le Nigérian United Bank for Africa (UBA). Elles ont ainsi été partie prenante du financement des campagnes agricoles, et principalement celle du coton.

Au fil du temps, pourtant, elles ont graduellement désinvesti ce secteur sensible aux fluctuations des cours de la matière première et aux conditions climatiques. La BICIA-B a ainsi réduit la voilure, dès 2007, en mettant en place un cadre plus contraignant au niveau de l’activité crédit et en n’intervenant plus directement dans l’économie. La SGBB a fait de même. Quelques investissements ont néanmoins été consentis dans les secteurs porteurs tels le bâtiment et le transport, avec notamment la participation des deux filiales bancaires françaises au financement de la plate-forme multimodale de fret du port sec de Bobo-Dioulasso, réalisée à la fin de l’année 2009. Pour autant, les PME/PMI burkinabè qui n’atteignaient pas la taille critique ne pouvaient prétendre à un emprunt.

Dans ce contexte, les intervenants africains ont eu tôt fait de prendre le relai en proposant des offres de crédit dans certains cas plus attractives. Ainsi CorisBank, la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) à capitaux majoritairement libyens (45 %) ou la Banque de l'habitat du Burkina Faso (BHBF) sont-ils en capacité de proposer des taux d’intérêt de l’ordre de 10 à 11 %, alors que ceux de leurs homologues français varient entre 13 et 16 %.

D’autres banques continentales - UBA, Ecobank, Bank of Africa, Banque commerciale du Burkina, Banque agricole et commerciale du Burkina, Banque régionale de solidarité, Banque atlantique du Burkina – ont pour leur part diversifié leur cible d’investissement, se positionnant sur des filières ou des entreprises à la capacité financière certes moins éloquente, mais qui n’en contribuent pas moins au développement de l’économie réelle du pays.

Mais au moment même où les banques françaises ont marqué le pas, cédant la prise de risque à leurs homologues africains, la place financière burkinabè a été la scène d’un nouveau retournement. En 2007, Société générale et Natixis ont en effet volé au secours de la Société des fibres et textiles (Sofitex) du Burkina. Sous couvert cette fois de l’aide internationale, les deux banques françaises - de concert avec l’anglaise HSBC et les allemandes DZ Bank et BHF Bank - ont en la circonstance accordé un prêt, avec un taux d’intérêt de 6 %, pour sortir de l’ornière la filière cotonnière mise à mal par la chute des cours de la matière première.

Reste à savoir, à présent que la production de l’or blanc a été détrônée par celle de l’or jaune qui passe en tête des exportations, comment évoluera l’offre bancaire française au Burkina. La question sera, à n’en point douter, posée par les autorités burkinabès, à Bobo Dioulasso, en juillet prochain.

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