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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 17:46

 

 

Des atouts en or

 

Paru dans African Business – Octobre/Novembre 2012

 

 

Depuis 2009, le Burkina Faso est classé au Top 4 des pays africains producteurs d’or. Il a misé sur cette ressource pour accroître ses revenus.

 

Valeur refuge, l’or est un avoir de réserve de premier plan pour de nombreux pays ainsi que pour le Fonds monétaire international (FMI), l’un des principaux détenteurs au monde de ce métal monétaire. En raison de sa « valeur intrinsèque », le métal jaune, dont le principal usage reste la bijouterie, mais qui est aussi utilisé dans l’industrie électronique et la dentisterie, est un produit d’investissement sûr à la différence des monnaies fiduciaires. C’est ce qui explique la hausse de son prix sur les marchés internationaux et stimule in fine sa production. Fin août, l’once d’or cotait 1 667 dollars, soit le plus fort taux enregistré depuis avril.

Le Burkina Faso, qui dispose de six minYouga-primary-crusher-and-crushed-ore-stockpile---August-6.jpges industrielles, de deux sites semi-industriels et de 200 sites aurifères artisanaux, profite de cette opportunité. Sur le terrain, l’exploitation s’intensifie.  En 2012, la production d’or devrait se situer entre 40 à 42 tonnes, contre 32 tonnes en 2011, 23,5 tonnes en 2010 et 12,5 tonnes en 2009. « Avant 2008, la production était au point zéro, mais depuis 2009, elle a véritablement explosé. L’an passé, l’or a représenté 71% des exportations et a rapporté l’équivalent de 768 milliards de F.CFA. C’est une part considérable des recettes de l’Etat. Le secteur aurifère a généré 130 milliards de F.CFA de recettes budgétaires sur les 800 milliards de F.CFA du budget national. Et cela devrait encore augmenter en 2012 », confirme un expert en poste à Ouagadougou. Il poursuit : « Sur une échéance de cinq à dix ans, si tout va bien, le pays devrait atteindre un pic de production semblable à celui du Mali, avec 50 à 60 tonnes par an. ». La Chambre des mines du Burkina précise que la production totale escomptée des mines actuelles est d’au moins 260 tonnes d’or métal.

 

Investissements étrangers

En 2011, la mine d’Essakane, détenue à 90% par le Canadien Iamgold et à 10% par  l’Etat burkinabè, a produit 337 000 onces d’or à un coût décaissé estimé entre 400 à 410 dollars l’once. Sa durée d’exploitation est de 14 ans. A l’instar d’Essakane, les mines du Burkina Faso sont exploitées par des firmes privées - canadiennes, anglaises, russes et australiennes - qui ont investi dans le secteur, à la faveur d’une législation minière attractive, laquelle a été révisée en 2003 pour attirer les investisseurs. « Un soutien technique et financier a été fourni au cours des dix dernières années pour éliminer le monopole d'État sur les mines, ouvrir le secteur à la concurrence et faciliter l'exploration et l'investissement privés dans les mines d'or, de manganèse, de phosphates et de zinc », souligne Iamgold.

L’opérateur britannique Avocet Mining est l’actionnaire majoritaire (90% de parts) de la société des mines de Belahouro qui exploite le site aurifère d’Inata. Il y a un an, une étude a été lancée pour augmenter sa capacité de production à l’horizon 2013, avec un objectif de 245 000 onces, voire jusqu'à 330 000 onces. Cluff Gold, autre firme britannique, est le principal acquéreur (78%) de la mine de Kalsaka, qui a produit plus de 71 000 onces en 2011 et devrait atteindre les 60 à 70 000 onces en 2012. L’Etat burkinabè intervient à hauteur de 10% et Investissement Moto Agricole Realisation Burkina (IMAR-B) détient 12%.

La mine d'or de Taparko-Bouroum est exploitée par le groupe russe Nord Gold. Elle produit 28 816 onces à un coût décaissé de 790 dollars l'once. Une deuxième mine, Bissa Gold, est en construction. La coulée du premier lingot d’or est prévue pour décembre. Salif Lamoussa Kaboré, ministre des Mines, attend de l’exploitation de cette huitième mine du Burkina Faso plus d’emplois et de fortes retombées économiques pour le pays.

La Société d'exploitation minière d'Afrique de l'Ouest (Semafo), compagnie canadienne qui exploite la mine de Mana, envisage une production de 5 à 6 tonnes en 2012 et estime ses réserves à 35 tonnes. En août, Semafo a annoncé le lancement d’un projet de forage à Siou. L'australien Gryphon Minerals qui a lancé une étude de faisabilité pour le démarrage de son projet aurifère à Banfora d’ici à 2014, estime les ressources à plusieurs millions d’onces. Le gisement de Kiaka est lui aussi prometteur. La société de droit canadien Volta Ressources, qui mène la recherche, a consacré un budget de 15 milliards de F.CFA à l’exploration, et prévoit 125 tonnes d’or à exploiter.

Endeavour Mining détient une participation de 90% (contre 10% par l’Etat burkinabé) dans Burkina Mining Company (BMC), lequel a accordé le permis d’exploitation de la mine d'or de Youga. Endeavour est également détenteur de six autres permis d'exploration le long de la ceinture d'or de Banfora, dans l’ouest du Burkina. « En 2010, la société a finalisé un accord de joint-venture avec AusQuest Limited d'Australie, qui a acquis 51% du projet Banfora, pour un million de dollars », précise Endeavour.

 

Premier produit d’exportation

Depuis 2009, l’or caracole en tête des produits d’exportation du Burkina Faso, qui est désormais le quatrième producteur africain après l'Afrique du Sud, le Ghana et le Mali.

Le Burkina Faso tire de grands bénéfices de cette ressource minière. Selon les prévisions de la Banque mondiale, l’économie devrait connaître une croissance de 7% cette année, notamment en raison de l’augmentation substantielle de l’exportation d’or. Pour la Banque africaine de développement (BAD), « la légère augmentation de la croissance projetée pour 2012 et 2013 devrait être principalement tirée par les industries extractives (or et manganèse), l’égrenage du coton et l’agriculture vivrière. » Mais, souligne la BAD, l’économie demeurera vulnérable aux chocs exogènes : les facteurs climatiques (déficit pluviométrique), le repli du cours de l’or et la forte augmentation du prix du pétrole.

Pour autant, cette nouvelle ressource est d’un apport considérable pour l’Etat burkinabè. Le ministère de l'Économie et des Finances précise que l’or a constitué un apport de 440 milliards de F.CFA entre 2007 et 2011, ce qui correspond à 64,7% de l'ensemble des exportations et à 8% du PIB.

Le Burkina Faso peut compter sur ces entrées de devises pour garantir sa solvabilité auprès des bailleurs de fonds internationaux. « L’analyse par le FMI de la soutenabilité sur le long terme de la dette du Burkina Faso se base sur la production aurifère et sur le montant dégagé à l’exportation », nous explique ce même expert.   

L’industrie aurifère génère aussi des milliers d’emplois directs et une forte activité de sous-traitance (travaux civils, plomberie, tuyauterie, construction métallique…). Un observateur du climat des affaires burkinabè explique que la maintenance des équipements est assurée localement, mais que l’expertise burkinabè fait défaut. « Les compétences sont recrutées au Ghana ou au Mali, des pays qui se sont lancés depuis des décennies dans la production d’or, et disposent de ressources humaines formées. » Au Burkina, ajoute-t-il, il y a bien un projet d’ouverture de centre de formation, mais il faudra du temps pour que des cohortes de diplômés soient recrutées. La solution sera plus sûrement de créer un établissement sous-régional dédié aux carrières de l’industrie minière.

 

 


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