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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 06:52

 

Des infrastructures performantes pour l’industrie

 

Paru dans African Business – Octobre-Novembre 2011

 

 carte_elect_f01.gifPour soutenir la croissance, le Burkina Faso mise sur le développement industriel en améliorant les infrastructures d’énergie et de transport.

 

Le Burkina Faso ne manque pas de ressources. A commencer par le coton, une culture dont la production à l’export est conséquente, et sur laquelle sont positionnées trois sociétés cotonnières : Sofitex, Fasocoton et Socoma. Les potentialités minières sont également importantes et l’environnement des affaires est sécurisé. Le commerce et l’artisanat offrent des opportunités intéressantes. StrategiCo., société spécialisée dans l'analyse et la prévision financière, économique et politique, confirmait, en août, la bonne orientation de l’économie burkinabè, notamment grâce à la hausse de la production d’or dont les prix ont atteint des sommets sur les marchés internationaux. Au total, 20 tonnes ont été exportées en 2010, soit 60% d’augmentation, et les prévisions de production sont de 26,4 tonnes en 2011. Le secteur minier contribue du reste pour 7% au produit intérieur brut (PIB). La mine d’or de Mana exploite annuellement 3,5 tonnes d’or et a reversé à l’Etat, au titre de l’année 2011, plus de 26 milliards F.CFA.

En revanche, les résultats sont plus mitigés pour la production de coton. Les deux dernières campagnes agricoles (2009/2010 et 2010/2011) ont connu une baisse sensible des rendements en passant sous la barre des 400 000 tonnes, comparativement à 2008/2009 ou la production d’or blanc a tutoyé les 500 000 tonnes. Les prévisions pour 2011/2012 devraient néanmoins être plus favorables, avec 513 000 tonnes (en hausse de 28%). Les autres ressources agricoles, qui contribuent à la sécurité alimentaire, enregistrent comme de coutume de bonnes performances, sauf dans la zone frontalière avec le Niger, à Dori.

Ces performances ont conduit les Burkinabè à s’engager dans le développement de l’industrie, notamment dans le secteur agro-alimentaire et textile, de sorte à transformer in situ la production locale, en escomptant une meilleure marge bénéficiaire. Des unités de transformation des matières premières sont créées, comme à Yona qui dispose d’un centre de production de beurre de karité et d’une unité de savonnerie. Plus de 45,5 millions F.CFA ont été mobilisés pour l’installation de l’entreprise dont le chiffre d’affaire annuel est d’environ 45 millions F.CFA.

 

L’énergie électrique pour soutenir la croissance

Les pouvoirs publics encouragent ces efforts en créant les conditions favorables à l’investissement. Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Arthur Kafando, confirme. « Le Burkina Faso a fait beaucoup d’efforts au plan des réformes et dispose d’un code de l’investissement et d’un code minier attractifs. En outre, la création d’entreprises y est facilitée. Nous œuvrons parallèlement à la mise en place d’une politique incitative au niveau du capital risque, ceci dans l’objectif de soutenir l’investissement ». Il incite les investisseurs à s’intéresser à ce pays agricole stable, qui dispose de nombreuses ressources.

En parallèle, l’Etat renforce ses capacités au plan de la fourniture en électricité, en dépit des difficultés. Selon les données fournies par la Société nationale d’électricité du Burkina (Sonabel), la production nationale d’énergie thermique a en effet chuté de plus de 21% en 2010 (comparativement à 2009) du fait de ruptures fréquentes en fuel et de pannes sur les équipements. La production d’énergie hydroélectrique a diminué de plus de 11% en raison de la faible pluviométrie. Il a fallu importer de l’énergie de Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo. Au total, 39% des ressources énergétiques sont importées. Et sur les 180 MW que consomme le Burkina Faso, 80 MW proviennent du voisin ivoirien, via l’interconnexion Bobo-Dioulasso-Ouagadougou, qui a été mise en service à la fin de l’année 2009. Cette forte dépendance n’a pas été sans poser de problèmes.

En 2010, et jusqu’à la sortie de crise de la Côte d’Ivoire en avril dernier, l’importation de l’énergie provenant de ce pays a, en effet, été subi des délestages importants. Pour diversifier ses sources d’approvisionnement en électricité, le Burkina Faso renforce son réseau de production et de distribution, en zones urbaines et rurales. La Banque mondiale finance la réalisation de lignes tout comme l’Agence française de développement (AFD) et la Banque africaine de développement (BAD). Les infrastructures se développent à travers un certain nombre de réalisations. Parmi elles, l’extension de la centrale de Komsilga qui est financée par la BOA, la Sonapost, l’Etat, la Sonabel, ainsi que par l’Initiative régionale pour l'énergie durable (IRED) de l’UEMOA et la BOAD. Des travaux de renforcement de plusieurs centrales ont aussi été mis en œuvre à Dori et Dédougou, tandis que des projets de lignes de transport inter-Etat sont en cours d’étude. L’interconnexion Nigéria-Niger-Bénin-Burkina, d’une capacité de 330 kV, est annoncée à l’horizon 2016, tout comme un deuxième projet, de Bolgatanga (au Ghana) à Ouagadougou, et un troisième, entre Han (au Ghana), Bobo-Dioulasso (au Burkina Faso) et Sikasso (au Mali).

La production de biocarburant à base de jatropha est également expérimentée. L’usine Belwet Biocarburant SA est la première du genre au Burkina Faso. Elle fonctionne depuis un an et devrait augmenter sa production grâce à l’investissement de la coopération taïwanaise dans l’acquisition de nouveaux équipements. Un projet de construction d’une centrale solaire de 20 MW est conduit par la compagnie minière canadienne Semafo, et celui de centrales thermiques à biogaz est lancé à Pô et Manga. Pour Luc Adolphe Tiao, Premier ministre, « le développement de la filière biocarburant, comme du solaire, entre dans le cadre de la recherche de nouvelles alternatives pour résoudre les problèmes énergétiques au Burkina où l’électricité est un facteur de production très coûteux ».

 

Un système logistique performant

Les infrastructures de transport bénéficient des mêmes attentions. L’objectif recherché est d’aboutir à un système logistique performant pour abaisser les coûts de production. Les corridors routiers qui mènent aux ports du Togo, du Bénin et du Ghana sont pour cela entretenus et renforcés. Des travaux sur le tronçon Ouagadougou-Pô-frontière du Ghana ont été engagés en octobre 2010, et devraient s’achever en janvier 2012. Un autre chantier, de Kombissiri à la frontière du Ghana, a démarré en octobre 2009 et devrait être bouclé en novembre 2011. Le gouvernement intervient en appui pour débloquer des fonds et permettre aux entreprises de poursuivre leur travail dans les délais.  

S’agissant de la reprise du trafic commercial avec la Côte d’Ivoire, de substantielles améliorations sont là aussi attendues pour maximiser le transport de marchandises et de voyageurs entre Ouagadougou et le port autonome d’Abidjan, via le port sec de Bobo Dioulasso, lequel contribue à la dynamisation de la région ouest du pays. Par le passé, le train pourvoyait à l’acheminement d’une quantité non négligeable de la production burkinabé, notamment celle du coton. Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat se réjouit dès lors de la sortie de crise de la Côte d’Ivoire et escompte un retour à la normal du transport ferroviaire. « Avant la crise, nous exportions 60% de la récolte de coton par le corridor ivoirien, et 40% par voie terrestre à destination des ports de Lomé (au Togo) et Terra (au Ghana) », souligne Arthur Kafando. Il ajoute que l’entretien et la consolidation des voies ferrées doivent être préalablement effectués avec le concessionnaire Sitarail pour améliorer la circulation sur cet axe et gagner ainsi en rentabilité. Le trafic marchandises est également au centre des priorités, avec notamment la réhabilitation de l’aéroport de Ouagadougou qui s’achèvera à la fin de l’année, et le projet de construction du nouvel aéroport international Ouagadougou Donsin, qui succèdera. Celui-ci bénéficiera d’un soutien financier de 50 millions dollars de la part du Fonds saoudien de développement (FAD).  

Ce programme en faveur du développement des infrastructures de transport et d’électricité soutiendra le processus d’industrialisation dans lequel s’est engagé le Burkina Faso. La deuxième édition du Forum ouest-africain de développement des entreprises - Africallia, qui aura lieu à Ouagadougou, en février 2012, fournira l’occasion aux partenaires techniques et financiers d’accompagner cette mutation.

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