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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 10:24

 

Burkina Faso


Entreprises cherchent fonds désespérément

 

 

Paru dans African Business | Février-Mars 2013

 

 

Au pays des hommes intègres, banques et entreprises ne font pas toujours cause commune…

 

Il n’y a pas d’économie compétitive sans investissement dans la productivité et l’innovation. Sur ce plan, le concours des banques est indispensable. Mais au Burkina Faso, le financement du secteur privé est faible : il représentait une moyenne de 14 % du PIB entre 2004 et 2007. L’entreprise ne peut en conséquence exercer pleinement son rôle de pilier de la croissance économique. Les PME qui souhaitent se développer, mais ne disposent pas suffisamment de fonds propres, ne  peuvent avoir accès au crédit bancaire.

 

Tout pour le coton

Quant à celles du secteur informel, elles sont de fait écartées des circuits de financement. « Les prêts bancaires sont concentrés sur les grandes entreprises et le secteur public », atteste la Banque mondiale (BM). Le milieu bancaire de la place ouagalaise confirme. « Certaines sociétés ont des besoins colossaux, mais leur base financière ou leur capacité de management sont insuffisantes. Pour d’autres, en revanche, l’offre de financement est bien supérieure aux besoins. C’est le cas par exemple pour la société Total ».

La difficulté est la même dans l’agriculture. La BM précise que le secteur du coton absorbe à lui seul la plupart des financements bancaires et qu’il n’y a aucun crédit disponible pour les autres activités agricoles. Taladidia Thiombiano, professeur d’économie à l’Université Ouaga II, expose la situation qui prévaut à l’heure actuelle. « Exit le temps où des banques étaient dédiées au développement de la filière agricole. Elles ont progressivement disparu et celles qui se maintiennent consentent des prêts à d’autres activités, à l’exclusion de l’agriculture. S’agissant en particulier de la culture du coton, ce sont généralement les sociétés cotonnières et les organisations non gouvernementales (ONG) qui accordent des crédits aux cotonculteurs. Les banques classiques ont des conditions très difficiles et des procédures trop lourdes. »

Le crédit bancaire est, en effet, prohibitif. Un chef d’entreprise, qui opère entre la France et le Burkina Faso, le constate. « Le taux est très élevé, de l’ordre de 10 à 15% dans la quasi-totalité des banques, alors qu’il est de 3 à 6% en France ». Il en expose les motifs. « Il y a plusieurs raisons à cela. Le climat des affaires est certes assaini au Burkina Faso, mais les craintes existent. Les dégâts causés par la mutinerie de 2011 sont encore présents dans les esprits et le pays est classé à risque. Les capacités de remboursement des emprunteurs peuvent également être la cause. Cela justifie alors que les taux d’intérêts des prêts bancaires soient si élevés ».

 

Des fonds de garantie pour partager la prise de risque

Pour résorber le problème de financement du secteur privé, l’Etat a adopté en 2010 un nouveau référentiel de développement : la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD). Son objectif : drainer de l’investissement privé. En parallèle, le ministère de l’Economie et des finances a institutionnalisé le Salon international de la finance de Ouagadougou (SIFO), dont la première édition a lieu en novembre. Des trophées des banques et établissements financiers des PME/PMI au Burkina Faso sont également décernés depuis deux ans.

 

Miser sur la transformation

 Ces initiatives, certes louables, ne suffisent pourtant pas à aplanir les difficultés. « Des fonds de garantie doivent être créés pour que la prise de risque soit partagée et que les banques ne pourvoient pas à elles seules à la totalité du financement des PME », confie un banquier burkinabè. Il ajoute : « L’Etat doit favoriser l’entrée de fonds d’investissements car ils sont à même de renforcer le capital des entreprises en prenant des participations et en participant au management ».

Pour un industriel burkinabè, c’est la politique de soutien à l’entrepreneuriat qui doit être corrigée. Il recommande aux partenaires techniques et financiers de miser sur les entreprises de transformation, qui créent de la valeur ajoutée, et pas seulement sur les sociétés commerciales d’import-export. « Au Burkina Faso, on a principalement des banques de dépôt, qui, lorsqu’elles financent, privilégient les sociétés d’import-export qui font des achats à Dubaï, en Chine ou à Hong Kong et revendent ensuite leurs marchandises sur le marché burkinabè », lâche-t-il, regrettant que les banques n’accordent pas plus d’intérêt à ceux qui contribuent à la montée en gamme de la production locale.

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