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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 20:15

Echappée subsaharienne au Festival algérien d’Imzad

 

El-Djazaïr.Com - Décembre 2011

 

 

100_1605-copie-1.JPGRetour en France après quatre jours passés en Algérie, à Tamanrasset, étape incontournable sur la route transsaharienne qui mène au Mali et au Niger. Impressions.

 

Une fois encore, je reviens d’Algérie avec une énergie incomparable. Il y a dans ce pays ce supplément d’humanité qui permet de s’élever et de se recentrer sur l’essentiel : la vie. Tant d’échanges, avec tous et chacun, redonne alors courage.

Cette fois, c’est à Tamanrasset que je me suis envolée, après de précédentes échappées à Tipaza, Oran, Tlemcen, Sétif, Djemila, Taghit, Beni Abbès, Aïn Sefra… et Alger, ville vers laquelle on revient toujours, pour franchir en quelques battements d’ailes la Méditerranée, à bord de la flotte d’Air Algérie. L’incontournable compagnie nationale fend de part en part le ciel algérien et assure la desserte de cette lointaine destination, Tamanrasset. A 2 000 km de la capitale, Air Algérie est l’unique pont aérien entre le nord et le Grand sud. Autant dire que sa présence est fondamentale.

Jusqu’alors, Tamanrasset m’était totalement inconnue. Décrite, à tort, comme une cité dangereuse, en raison de menaces au Sahel, je n’avais jamais été amenée à la parcourir. Intuitivement, je savais ces précautions plus oratoires que réelles, aussi n’avais-je pas hésité à répondre à l’appel du reportage pour couvrir la Troisième rencontre internationale d’Imzad, en dépit des conseils à éviter tout séjour à Tamanrasset et Djanet. Mes intuitions allaient être validées par un commis de l’Etat français, alors en séjour à… Tamanrasset (!). Il indiqua que le Quai d’Orsay dissuadait ses ressortissants à tout séjour dans le Grand sud, appliquant en cela les dispositions prises à l’égard des diplomates français par les autorités algériennes…

Ici, à Tamanrasset, on assure en revanche de la tranquillité des lieux. « La région vit en paix avec elle-même, et le Festival d’Imzad, auquel nous assistons, enlève un certain nombre de tabous sur l’extrême sud et ses frontières avec les pays amis que sont le Mali et le Niger », atteste Saïd Meziane, wali de Tamanrasset. A l’évidence, les différentes ethnies composent en bonne intelligence, et ont donné à voir, en l’espace de quelques jours, la richesse de leur patrimoine culturel et artistique.  

 

Découverte du Hoggar…

L’arrivée à l’aéroport, dans la capitale du Hoggar, m’a parue en tout point semblable à n’importe quelle autre entrée dans une ville d’Afrique du Nord, ou encore d’Afrique subsaharienne. Foule bigarrée, passants pressés, affairistes affairés. L’éclat du levé du jour a vite auguré de ce qui allait se produire à Tamanrasset, ces sept jours et ces sept nuits, en ce mois de novembre : un festival haut en couleurs. Pick-up et chameaux ont convergé vers la place où a eu lieu l’inauguration du Festival d’Imzad. A la tribune, Farida Sellal, présidente de l’association « Sauver l’Imzad », a lancé les festivités aux côtés de celles et ceux dont la culture a été mise à l’honneur : les Imouhars, encore appelés Touarègues. Chèches indigo et basins du Mali ont rehaussé de leur brillance une assemblée venue d’Alger, de Bejaïa, de Ouargla, de Djanet, de Tombouctou, de Niamey, ou encore de Paris, Berlin, Budapest, Kiev, Antananarivo, Pékin ou Bruxelles. Et la magie a opéré…

S’il fallait décrire en seulement trois occurrences l’immensité visitée, alors je dirais de Tamanrasset que sa lumière est foudroyante, que la dignité de son peuple est imposante, et qu’à présent que l’eau est là, la capitale de l’Ahaggar bruisse d’une nouvelle joie. Figuiers, orangers, mandariniers, palmiers dattiers et roses s’épanouissent sur cette terre rocailleuse dont les sommets magistraux tutoient le ciel.

De mon séjour au pays des Hommes bleus, je conserve aussi en mémoire ces édifiantes réalisations qui révolutionnent le cours de l’existence des populations locales. A commencer par le méga transfert des eaux100_1553.JPG fossiles de la nappe albienne, qui a été réalisé de mains de maitres par une communauté d’experts, sous la direction de l’Algérienne des eaux. Chinois, Turcs, Finlandais, Français, Emiriens, Allemands et Algériens ont conjugué leur savoir-faire pour que soit pompée, puis transportée, sur 750 km de canalisation,  cette source de vie. Le fleuron des entreprises algériennes et internationales (Cosider, Wärtzilä, CPECC, Loops, Stahl…) a œuvré de concert pour livrer dans les délais (36 mois) ce chef-d’œuvre technologique - le plus grand du monde - qui pourvoit à l’alimentation en eau des quelques 100 000 habitants de la cité saharienne.

De la même façon, le Grand sud est désormais relié à la capitale algérienne, via la Transsaharienne Alger – Tamanrasset - Agadez (Niger) - Lagos (Nigeria), à présent que le tronçon de plus de 400 km de route qui mène à In Guezzam a été achevé. « Tam » peut ainsi se hisser au rang de premier carrefour urbain du Hoggar, a fortiori du fait des performances réalisées au plan des technologies numériques par Algérie Télécoms. L’interconnexion avec le monde, par internet et la téléphonie mobile, est assurée par ces autoroutes de la communication qui transfèrent, en temps réel, les informations. Ces performances vont encore être renforcées, à la faveur de la liaison par fibre optique qui emprunte l’itinéraire du gazoduc transsaharien Alger-Abuja (Nigeria), et de celle qui longe le pipeline des eaux transférées entre In Salah et Tamanrasset.

 

… Et de la culture touareg

S’agissant du savoir et de sa transmission, là-aussi les avancées sont significatives à Tamanrasset. La coopération Sud-Sud fonctionne également. L’Algérie accorde des bourses dans plusieurs disciplines (médecine, protection civile, polytechnique) aux étudiants maliens et nigériens. Dans le cadre du Plan quinquennal 2009-2014, pas moins d’un milliard de dollars a été dédié, à l’échelle nationale, à des projets de recherche, dans un pays qui consacre 1% de son PIB à la recherche scientifique. La capitale de l’Ahaggar n’est pas oubliée. Son université dispense ses enseignements dans de nombreuses disciplines – sciences dures et sciences molles – et 100_1484.JPGelle dispose à présent de Dar El Imzad, la Maison internationale des artistes, un institut de formation destiné aux artistes locales ainsi qu’aux passionnés des arts traditionnels des déserts. Il a été impulsé par Farida Sellal, ingénieure des télécoms, qui est directrice de « Sauver l’Imzad », une association portée par la société civile. Son objectif vise à la sauvegarder de la culture targuie, symbolisée par une vièle monocorde dont jouent les femmes. La langue tamahak, la poésie et l’artisanat font aussi partie du patrimoine que s’emploie à valoriser l’Algérie. « L’initiative est louable dans le sens où Farida Sellal a matérialisé, à travers l’école, un élément de notre patrimoine », atteste Souad Bendjaballah, ministre déléguée chargée de la Recherche scientifique. Sur 10 000 m2, Dar El Imzad, qui a été construit par Cosider, comprend des salles de cours et de musique, un laboratoire audio-visuel et des ateliers, ainsi qu’une salle polyvalente et un musée.

 

Relance du tourisme saharien

L’intervention de l’Etat dans tous ces domaines – infrastructures d’eau et d’assainissement, routes, voies aériennes, technologies de l’information et de la communication, éducation – permet de désenclaver et de redynamiser l’économie du Grand sud. Le tourisme, élément éminemment structurant de l’économie de la région, est également promu. Sur ce plan, on prévoit l’implantation d’enseignes de classe internationale qui viendront renforcer l’offre existante dont le joyau actuel est l’hôtel Tahat, construit en 1978 par Ferdinand Pouillon. Mohamed Amine Hadj Saïd, directeur général de l’Office national du tourisme (ONT), annonce l’aménagement de nouveaux sites et l’ouverture de circuits. « Les opérateurs de Tamanrasset préparent de nouveaux produits dans le respect de l’environnement. Des bivouacs dans des hôtels à mille étoiles sont organisés dans l’Assekrem et le Tassili, avec vue sur le plus beau coucher du soleil qui soit ».

La Rencontre internationale d’Imzad concourt à la relance de l’activité touristique. Les nombreux artistes qui se sont produits durant le festival ont créé l’enchantement. Zaïd, poète de l’Adrar des Iforas, au Mali, a déclamé ses odes en faveur de la paix et du développement. Lela Bent Salem Badi, sémillante septuagénaire qui a fait le tour du monde, s’est illustrée par le chant autant que par le tindé et la guitare. Les maalem forgerons ont fait démonstration de leur virtuosité. Le groupe nigérien Atri N’Assouf, Nabil Baly Othmani de Djanet, Fadimata Walett Oumar de l’ensemble féminin Tartit… tous étaient au rendez-vous de l’Imzad, du 11 au 18 novembre, à Tamanrasset.

Cette troisième édition, qui a associé les créateurs et intervenants d’Algérie et des pays frères du Sahel, a attiré un public venu d’Europe du Nord et de l’Est, ainsi que de Chine. Nul doute que les touristes vont revenir en nombre fouler la terre saharienne avec leurs guides imouhars, sous les bons auspices des Aménokals, les chefs spirituels des tribus touarègues. La capitale du désert se prépare à accueillir les voyageurs d’Algérie et de l’étranger dans ces espaces d’exception où alternent, à l’infini, oasis, cascades, montagnes et dunes. « Les touristes nous manquent comme nous leur manquons », confie d’ailleurs Abdelkrim Touhami, un notable de Tamanrasset.

En attendant leur retour, les projets urbanistiques et économiques se structurent. On annonce la réalisation de logements, d’une station d’épuration, le réaménagement de la foire régionale  de l’Assihar, la création d’un théâtre en 2012 ou encore la végétalisation de l’oued et de ses berges. Tamanrasset entame graduellement - et sûrement - sa métamorphose, et promet de nouveaux évènements riches en émotions.

100_1589.JPG  100_1708.JPG 100_1648.JPG

 

 

 

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Published by Narame - dans ALGERIE ECONOMIE
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