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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 20:21


Des cimes du Djurdjura à la source d’Ifri

 


Paru dans Arabies, Mensuel du monde arabe et de la Francophonie - Janvier 2010

 

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En près d’un quart de siècle, la croissance de l’entreprise Ifri a été fulgurante. Récit de cette ascension à la conquête des sommets.

 

 

C’est en 1986 que la société familiale Ibrahim et Fils, localisée dans la wilaya de Bejaia, se lance dans l’aventure entrepreneuriale en conditionnant l’eau minérale naturelle qui provient de la source d’Ifri. A la faveur d’investissements successifs, l’entreprise augmente considérablement sa capacité de production en même temps qu’elle diversifie sa gamme de produits du terroir. Elle renforce également sa valeur ajoutée en se positionnant sur l’ensemble du process de fabrication. Employant à l’heure actuelle 1.500 personnes, elle est en passe de s’ériger en holding.

Au commencement de l’activité, une entreprise artisanale de boissons gazeuses est créée par Laïd Ibrahim, sur ses terres, précisément à Ighzer Amokrane -qui signifie en Tamazight « la grande rivière ». C’est dans la vallée de la Soummam qu’Ifri prend sa source, en contrebas du massif montagneux du Djurdjura. Naturellement filtrée et enrichie en minéraux essentiels, l’eau minérale va être mise en bouteille par le visionnaire entrepreneur et ne va pas tarder à s’imposer en Algérie. En 1995, une analyse met en effet en relief les propriétés exceptionnelles de l’eau minérale naturelle d’Ifri, qui sont analogues à celle d’une eau non moins célèbre, celle d’Evian. Et c’est alors que monte en puissance la production de ces bouteilles.

A cette époque, 20 millions sont annuellement débités en formats de 0,5 litre et de 1,5 litre, conditionnés en emballages plastique. Rapidement, la gamme de produits se diversifie. De l’eau minérale plate aux sodas il n’y a qu’un pas que l’entreprise franchit, en investissant dans la fabrication de ces nouveaux produits, et en les distribuant en bouteilles de verre et de plastique. Trois ans plus tard, en 1998, la cadence s’accentue encore davantage, pour pointer à 60 millions. En 2002, Ifri confirme sa position sur le marché en multipliant quasiment par quatre sa production, atteignant les 220 millions de bouteilles. Fort de ce succès, l’année suivante, est lancée la troisième gamme : l’eau fruitée, avec la même base d’eau minérale naturelle.

Et puis, tout va s’accélérant d’année en année, avec 700 millions de bouteilles en 2007. En 2008, 90 références sont proposées à la consommation : des eaux plates ou gazéifiées déclinées en bouteilles de verre pour les tables des grands hôtels… aux petits et grands formats plastiques pour des sodas aux multiples saveurs. Pomme, orange, citron, fraise et… bitter à base d’armoise, le tout bien évidemment proposé dans la gamme light. Des boissons fruitées sont également mises en vente. Elles concentrent tous les goûts, depuis les fruits exotiques aux oranges, et combinent également des saveurs inédites, telle l’alliance généreuse du raisin et de la mûre ou de la cerise, ou bien de l’orange, de la carotte et du citron. Enfin, sont lancées les boissons fruitées au lait, pour contenter les plus subtiles envies de douceur parfumées à la fraise ou à la mangue. 

Fort de son succès en Algérie, Ifri ne tarde pas à franchir le Rubicon et à s’exporter. La France est son premier client à l’export. 5 à 10 % de son chiffre d’affaires est réalisé dans l’Hexagone, par le biais de son bureau à Paris. Les supers-marchés distribuent ainsi la marque, avec en tête, Carrefour via 80 points de vente, puis Auchan et Leclerc. Les produits sont aussi positionnés au Canada, en Belgique, en Grande-Bretagne, à Dubai, ainsi qu’au Mali et au Soudan. Cette politique de développement à l’export lui vaut d’être lauréat du Trophée attribué par le  World Trade Center Algeria.

En 1999, l’entreprise familiale décide d’une stratégie visant au développement de son autonomie et de sa valeur ajoutée. Elle se lance dans la production de bouteilles plastique en créant General Plast, une usine de PET (polyéthylène téréphtalate) préformé, qui, en 2008, fabrique également des bouchons. Située dans la Zone d’activités Akbou, à l’endroit même de l’implantation de Danone, l’unité d’une surface de 8.000 m2 couvre les besoins propres d’Ifri et exporte, notamment en Tunisie. La filiale a d’autre part été sollicitée pour exposer lors de salons agroalimentaires, à Cuba et aux Etats-Unis, fin 2009.

Pour optimiser encore davantage ses rendements, la société Ibrahim & Fils va encore innover, en s’attaquant cette fois à la chaîne logistique et en se dotant d’une entreprise de transports. « Un parc de plus de 100 camions circule à travers 38 wilayas. L’un des éléments de la stratégie de développement d’Ifri est en effet de distribuer les boissons sur la totalité du territoire algérien » précise Mourad Bouattou, directeur marketing.

Boostée par sa croissance soutenue sur le segment des boissons à base d’eau minérale naturelle, l’entreprise familiale conquiert à présent le marché de l’huile d’olive et s’attache au développement de la filière industrielle oléicole.

 

Les produits du terroir algérien. Soucieux de développer l’agriculture locale et les produits du terroir, Laïd Ibrahim, le père fondateur, a acquis 600 hectares d’oliviers dans la vallée de la Soummam dont il assure l’exploitation. « L’appel de la terre est irrépressible pour le chef de famille qui délègue la gestion, mais tient encore les rênes du développement. On ira vers l’olivier : c’est la richesse ancienne de la Méditerranée et des ancêtres de Kabylie. La tradition culturelle se concilie fort bien avec les opportunités de marché puisqu’on sait que les ventes mondiales d’huile d’olive et d’olives de bouche croissent à un taux inégalé pour les raisons thérapeutiques que chacun connaît » fait remarquer Abdellatif Benachenhou, économiste et ancien ministre des finances, dans un ouvrage qu’il dédie aux entrepreneurs algériens.

Ainsi donc la famille décide d’orienter cette culture vers un mode de production quantitativement et qualitativement plus compétitif, en s’adossant au savoir-faire de partenaires andalous pour la mise en place d’un système d’irrigation au goutte à goutte, qui permet de multiplier le rendement à l’hectare. En construisant également des digues de protection contre les crues dévastatrices. De même, un profil génétique de plants obéissant aux normes internationales a été conçu afin de positionner le produit sur le marché méditerranéen et nord-américain très concurrentiel.

La variété d’oliviers « Chemelal » est cultivée dans cette région de Kabylie selon des normes et cahiers des charges de l’agriculture biologique, ce qui lui permet de prétendre ainsi à la labellisation de son huile extra-vierge. Pour le moment, le produit fortement prisé aux Etats-Unis et en Chine est exporté en vrac par la Sarl Huileries Ouzellaguen du complexe oléicole bâti par Ifri. Sa capacité est de 1.000 tonnes par jour. Mais une unité d’embouteillage de la production exportée sera inaugurée au début de l’année 2010. En intervenant sur l’ensemble du process de fabrication Ifri crée localement de la valeur ajoutée et accroit son résultat financier. « L’entreprise sait bien que la croissance appelle la réorganisation » constate Abdellatif Benachenhou.

 

Vers un Pôle d’excellence. Il va sans dire que la réussite de ce champion de l’industrie agroalimentaire profite à la région de Bejaia qui est déjà identifiée comme leader dans l’agriculture et l’industrie de transformation. Elle s’active à présent à l’édification d’un pôle d’excellence dans le secteur de l’agroalimentaire, en partenariat avec l’université de Bejaia.

La création d’un centre national de recherche en technologies agroalimentaires dans cette même ville a en effet été annoncée cette année 2009 par Hafid Aourag, Directeur général de la Recherche scientifique et du développement technologique. Un centre d’innovation et de transfert de technologie va également être réalisé. Il sera –dixit l’université- « une passerelle entre la dynamique mise en œuvre par l’université de Bejaïa et cela à travers les différents réseaux de conventions et de partenariats qui la relient avec le monde productif. » Cette initiative permettra en conséquence de favoriser la création de micro-entreprises sur le segment agroindustriel et favorisera l’essor du développement économique dans la région.

 

 

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Published by Narame - dans ALGERIE ECONOMIE
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