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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 17:07

 

Algérie / Gagner la bataille de l’eau


Paru dans African Business - Décembre 2011-Janvier 2012

 

Le Sahara est inhérent à l’Algérie. Il couvre 84% de ce territoire pourtant fertilisé sur 1 200 km par la mer méditerranée. L’eau y est donc une ressource primordiale, et les efforts sont centrés sur l’or bleu et sa distribution.

 C’est le point d’orgue des travaux structurants décidés par le président Abdelaziz Bouteflika dans le Plan quinquennal des investissements publics 2010-2014. Près de 2 000 milliards de dinars sont dédiés aux ressources en eau, et en particulier à l’amélioration de l’alimentation en eau potable. « La dimension stratégique et vitale de l'eau, caractérisée par la rareté et la pénurie, impose une politique hardie de mobilisation maximale et d'exploitation rationnelle de cette ressource », atteste l’Algérienne des eaux (ADE), l’établissement délégué par l’Etat.

Au ministère des Ressources en eau, on s’emploie à la modernisation des infrastructures pour permettre aux Algériennes et Algériens de disposer sans restriction de ce produit vital.  Exit les pénuries qui ont tant compliqué le quotidien des particuliers, et très certainement ralenti le développement de l’industrie. Aujourd’hui, l’eau coule au robinet et circule dans les canalisations. Produite, traitée, retraitée, assainie, distribuée, son cycle est à présent constant. Abdelmalek Sellal, ministre en charge des Ressources en eau peut afficher sa satisfaction. « L’Algérie a atteint et dépassé les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) fixés par l'Organisation des Nations unies en matière d'accès à l'eau et à l'assainissement. Le raccordement aux réseaux d'eau potable et d'assainissement a atteint respectivement 93% et 86%. La dotation quotidienne par habitant est de 170 litres distribués dans plus des deux tiers des communes du pays », déclarait-il en octobre. Il précisait que la composition physico-chimique était conforme aux normes édictées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Quant au tarif de base, l’eau était facturée 6,30 dinars le m3 aux usagers d’Alger, d’Oran et de Constantine, en 2010, et 5,5 dinars aux administrations, artisans et services du secteur tertiaire.  

L’approvisionnement en eau figure au premier plan des préoccupations des pouvoirs publics. Toutes les options sont retenues pour que les usagers en disposent 24h/24. Que ce soit via les unités de dessalement d’eau de mer, les barrages, l’exploitation des eaux souterraines et leur transfert, l’or bleu est désormais produit en quantité pour satisfaire aux besoins du pays. L’investissement y afférent est colossal. Il a fallu débourser 25 milliards $ pour construire les équipements, rénover et accroître le réseau de distribution. L’ouvrage emblématique en la matière est celui du transfert d’eau de la nappe phréatique d’In Salah à destination de Tamanrasset.

Sur plus de 700 km, le précieux liquide est pompé et acheminé, via un pipeline, pour fournir, la ville de l’extrême-sud algérie, à raison de 50 000 m3/jour d’eau potable. A terme, le débit sera doublé pour atteindre 100 000 m3/j. La mise en service de la première tranche du projet a eu lieu en avril. Elle a été confiée au groupe de BTP Cosider, en partenariat avec une entreprise chinoise, pour réaliser 48 forages à 600 mètres de profondeur, deux conduites (de 750 km), six stations de pompage, deux réservoirs de 50 000 m3 chacun et d’une station de déminéralisation. Le coût de l’opération est estimé à 197 milliards de dinars.

En 2012, c’est le réseau d’alimentation en eau de la ville qui sera modernisé. Les populations locales et l’agriculture sont les premiers bénéficiaires de cette manne, la première de cette importance depuis que l’Humanité s’est fixée dans cette région si aride du Sahara. Cette première opération de transfert des réserves albiennes va être suivie d’un deuxième projet, avec le transport des eaux de l'Albien nord (El Goléa/Messaâd) au profit des populations installées plus au nord, à Djelfa, Bou Saâda, M'Sila et Tiaret.

 

Infrastructures hydriques

Pour faire face aux besoins actuels, d’autres grands ouvrages sont programmés. La réalisation de 15 nouveaux barrages (à Tipasa, Khenchela, Skikda, Médea…) s’ajoute aux 68 déjà existants, et portera la capacité globale de stockage des eaux à 9,1 milliards de m3, soit le double des ressources dont disposait l’Algérie en 2000. Le plus grand ouvrage hydraulique est le barrage de Béni Haroun, dans la wilaya de Mila, au nord-est du pays. D’une capacité totale de 960 millions de m3, ses réserves atteignaient 850 millions m3 à la fin du mois de juin. Réalisé pour pourvoir aux nécessités en eau de cinq millions d’habitants, il permet aussi l’irrigation de 40 000 hectares de terres agricoles. A l’Ouest, ce sont deux barrages interconnectés, à Cheliff et à Kerrada, ainsi qu’une station de traitement des eaux qui vont assurer l’approvisionnement de la région oranaise.

Le recours au dessalement de l’eau de mer concourt à sécuriser les ressources en eau potable de l’Algérie. A l’horizon 2014, treize stations seront entrées en action, cinq sont en activité à Arzew, Alger, Skikda, Aïn Temouchent et Tlemcen. Plusieurs autres sont en chantier. C’est l’ADE qui supervise les opérations, en association avec l’Algerian Energy Company, une société créée par les groupes Sonatrach et Sonelgaz.  Plusieurs partenaires étrangers participent au capital social de ces usines de dessalement : les Sud-Africains Black & Veatch, General Electric Water pour les USA, Inima/Aqualia pour l’Espagne, Hyflux de Singapour…

L’ADE assure aussi la maitrise d’ouvrage du raccordement des unités de dessalement d’eau de mer aux réseaux des villes, ainsi d’ailleurs que celui des autres infrastructures – barrages et transferts de la nappe albienne.  

 

Transfert d’expertise

Pour optimiser la capacité de distribution de l’eau, un partenariat a été mis en place avec des opérateurs étrangers dont Suez environnement en liaison avec l'Office national de l'assainissement (ONA) et l'Algérienne des eaux (ADE). En octobre, un contrat de cinq ans a été conclu pour moderniser les services d’eau et d’assainissement de la ville d’Alger. Le contrat, d’un montant de 105 millions d’euros, prolonge celui de 2006 qui avait été conclu pour le management de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal), chargée de la fourniture en eau des 3,2 millions d’habitants que compte le Grand Alger. « L’objectif consistait à offrir aux Algérois un accès à l’eau potable 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et à améliorer le service d’assainissement de la ville », souligne Suez environnement. Son intervention porte aussi sur la formation du personnel d’encadrement des wilayas d’Alger et de Tipaza. Des clauses de qualification du personnel sont intégrées de sorte qu’ingénieurs et techniciens algériens maximisent leurs capacités opératoires. Au ministère des Ressources en eau, on encourage d’ailleurs les partenariats publics privés qui favorisent le transfert d’expertise au plan technique et managérial. En parallèle, on finance de nouveaux dispositifs de formation dans les instituts spécialisés, principalement l’ADE, l’ONA et l'Agence nationale des barrages et transfert (ANBT). L’Ecole supérieure de management des ressources en eau d’Oran, inaugurée en octobre, enrichit la gamme de formation dans les métiers de l’eau.   

En aval de la production, l’assainissement des eaux usées est de la même manière au cœur des priorités, l’objectif étant d’atteindre un taux de 90% d’ici à 2014 (contre 60% à l’heure actuelle). Les eaux et boues recyclées sont destinées à l’agriculture (l’irrigation de 1,6 million hectares est fixée d’ici à 2014), à certaines industries (dont celle du papier), à la régénération des oueds et à l'arrosage des espaces verts. Des stations d'épuration sont construites, comme celle de la capitale du Hoggar, qui a été livrée au printemps, et les trois stations de la wilaya d’Alger. La capitale algérienne est aujourd’hui en passe de reconquérir son littoral - et sa baie – avec l’ambition de se hisser au rang d’éco-métropole de la Méditerranée. Le défi de l’eau est ainsi sur le point d’être relevé en Algérie grâce à une politique volontariste et à un investissement massif dans ce domaine.

 


 

Une autoroute de l’eau entre In-Salah et Tamanrasset



 On l’attendait, elle est là : l’eau. Depuis mars 2011, elle est distribuée à Tamanrasset. Au-delà de la prouesse technologique et de l’investissement colossal qu’a requis la réalisation du transfert des eaux de la nappe albienne d’In-Salah, c’est un véritable soulagement pour les populations locales qui ont eu à souffrir de la rareté de cette ressource dans une région où les températures peuvent atteindre 53° à l’ombre.
De Tamanrasset, Véronique Narame

C’est un événement majeur qui a radicalement révolutionné l’existence des populations locales. C’est en même temps le projet du siècle, celui voulu par le président Bouteflika pour une wilaya de plus de 560 000 km2, qui a tant souffert d’être privé de cette ressource vitale. Depuis toujours, les Imouhar, ceux qu’on appelle Targuis, ou encore Touarègues, ont capté l’eau à partir des alluvions de l’oued, à la faveur des rares pluies, mais cela ne suffisait plus pour les 100 000 habitants qui résident désormais dans la capitale de l’Ahaggar, communément appelé le Hoggar.
 

Alors, pour satisfaire aux besoins en eau, il a fallu chercher La solution. Et c’est à In Salah, à quelque 600 mètres sous terre, dans ce qui constitue la nappe de l’Albien, que les eaux sont à présent pompées, puis acheminées, sur plus de 700 km, jusqu’à Tamanrasset. Elles proviennent d’une véritable mer souterraine dont la superficie est estimée à 750 000 km2 et les réserves à 45 000 milliards m3 d’eau, soit la moitié du volume d’eau du bassin méditerranéen.

L’expertise de plusieurs pays a été mobilisée, sous la forme de partenariats public-privé, pour mettre au point un procédé ultra-performant pour le plus long transfert qui soit au monde, selon Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau. L’entreprise algérienne Cosider a été chargée de la pose de la tuyauterie sur un linéaire de 400 km. L’installation a été prévue pour résister à des températures pouvant atteindre, en certains endroits, 53° à l’ombre.

Les Chinois de China Petroleum Engineering & Construction Corporation (Cpecc) ont été100_1573.JPG associés à cette entreprise ainsi qu’à la réalisation de stations de pompage. D’autres partenaires sont intervenus. Le pipeline, qui est enterré à une profondeur minimum d’1 m 50, a été produit en moins de deux ans par une société turque. Quelque 300 000 tonnes d’acier traité ont été requis pour usiner les 1 300 km de tuyaux. Des camions ont convoyé cette masse depuis le port de Djendjen. Au total, plus de 22 000 rotations ont été effectuées, du nord-est du littoral jusqu’au grand sud, pour livrer le matériel. 

Les ponts roulants ont été construits par les Allemands Stahl systems et les moteurs des stations de pompage, qui fonctionnent au gasoil, sont finlandais. Le traitement de l’eau est pris en charge par des compétences germano-françaises. Des équipements pour la fibre optique sont installés par Algérie Télécoms et le système de transmission est assuré par Loops Automation, société émirienne sise à Dubaï. D’ici au printemps 2012, une fibre blindée sera livrée.

Il aura fallu un peu plus de trois ans - depuis janvier 2008, date du lancement des travaux, à l’inauguration, en avril 2011 - pour réaliser ce mégaprojet de transfert des eaux de la nappe albienne. Plus de 5 300 personnes ont été employées pour l’exécution du projet, dont près de 3 000 Algériens. L’opération, dont le coût s’élève à 3 milliards $, est la deuxième du genre dans le monde. L'exploitation du système a été confiée à L’Algérienne des eaux (ADE), une entreprise publique qui dépend du ministère des Ressources en eau. L’ADE s’attelle à présent à la remise en état du réseau de distribution de l’eau de la ville de Tamanrasset pour optimiser le service et éviter les gaspillages du précieux liquide. En parallèle, une station d’épuration est conçue pour donner une deuxième vie à l’eau.


 

Chiffres clés


 770 km de pipeline pour le transfert de l’eau entre In Salah et Tamanrasset

1 258 km de conduites

6 stations de pompage de 5,5 Mégawatts

48 forages

1 réservoir terminal d’une capacité de 50 000 m3

1 station de déminéralisation d’une capacité de 100 000 m3/j

265 litres par jour et par habitant

 


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Published by Narame - dans ALGERIE ECONOMIE
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