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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 07:46

 

Algérie : Vivre pour la paix

 Paru dans New African - Septembre-Octobre 2010

 

 

L’Organisation nationale des victimes du terrorisme – ONVT – a réuni en avril, sous le haut patronage du Président de la République Abdelaziz Bouteflika, des personnalités connues pour leur engagement au service des droits humains. Pour la deuxième fois en deux ans, chacun a apporté sa contribution pour la promotion de la paix, de la justice et du développement humain. Il a ainsi été question d’éducation à la culture de la non-violence comme sédiment de la réconciliation, de l’islam comme vecteur de dialogue et de la lutte contre le terrorisme via la coopération internationale.

 

Des milliers de morts et de blessés. Des centaines de milliers de déplacés vers les villes. Des milliards de dollars de dégâts matériels. C’est l’insupportable bilan de la terrible décennie qu’a vécue l’Algérie, d’octobre 1988 à 1998. Pour sortir d’une situation d’extrême violence, les autorités ont alors instauré une loi sur la Concorde civile.

Le 1er février 1999, le candidat à l’élection présidentielle Abdelaziz Bouteflika présentait son programme qui était approuvé par référendum le 16 septembre de la même année, et mis en œuvre le 16 septembre 2001. Ce projet prévoyait l’exonération des poursuites contre les personnes impliquées dans des actions terroristes qui exprimaient leur volonté de cesser leurs activités criminelles, ainsi que leur mise sous probation et l’atténuation de leurs peines. La Charte pour la paix et la réconciliation nationale soumise à référendum en septembre 2005 renforcera le dispositif en faveur de la cohésion et constituera une étape supplémentaire dans la voie de l’apaisement.

Grâce à la solidité de ses liens, l’Algérie est enfin parvenue à combattre le terrorisme et à restaurer l’ordre sur son territoire. Depuis lors, elle n’a de cesse de réaffirmer son engagement en faveur de la paix. Le colloque international sur les victimes du terrorisme et la réconciliation nationale d’avril 2010, est une nouvelle victoire pour celles et ceux qui combattent pacifiquement la violence.

 

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Les femmes au-devant de la scène

Dans son allocution d’ouverture, Djamel Ould-Abbès, ministre algérien de la Solidarité nationale, de la famille et de la communauté nationale à l’étranger, a rendu un vibrant hommage aux femmes algériennes, saluant l’incessante lutte contre le terrorisme de celles qui se sont opposées à qui voulait renégocier leurs acquis. Le témoignage de Zahia Benarous, rescapée de ces années de cendres et de sang durant lesquelles elle fut la présentatrice du journal télévisé de 20 heures, attestera de l’horreur qui règnera. Elle devra sa survie à une djellaba et à des lunettes, des accessoires qui lui permettront de se fondre dans l’anonymat. Pour autant, la tension sera permanente. Son nom figurera parmi les cibles à abattre. La journaliste confirmera que la seule alternative envisageable était bien d’engager les terroristes à déposer les armes. La paix à présent recouvrée, elle poursuit son combat en siégeant à présent au Majlis el Ouma, en qualité de sénatrice.

Une autre femme d’une exceptionnelle vigueur a marqué de sa présence le colloque. Il s’agit de Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs. Elle défend pour sa part une résolution des conflits entre Algériens, sans immixtions extérieures, et constate qu’en termes de droits et de libertés, le processus est en marche. Nouria Hafsi, Secrétaire générale de l’Union nationale des femmes algériennes et Vice-présidente de l’Union des femmes africaines et des femmes arabes, a référé pour sa part au programme gouvernemental mis en œuvre dans la sphère économique et salué l’initiative consistant à soutenir les jeunes qui souhaitaient se lancer dans la création d’entreprise.   

 

L’Afrique aux côtés de l’Algérie

Nouréini Tidjani-Serpos, directeur adjoint de l’UNESCO, a rappelé que sur le plan éducatif, des programmes favorisant l’accès à l’enseignement de l’histoire de l’Afrique et à la culture de la paix étaient diligentés en direction des groupes vulnérables - que ce soient les jeunes chômeurs, les ex-combattants, les enfants des rues. Kenneth Johnson, président du Comité Europe Afrique, a précisé que l’Union africaine, dont il était porteur d’un message, s’activait pour lutter contre le terrorisme, agissant tant par le biais des instances d’évaluation par les pairs que par la mobilisation des décideurs sur le front économique et politique. Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique – NEPAD – a également été cité en référence comme institution incontournable pour la prise en charge du développement humain, tout comme le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs - MAEP – auquel l’Algérie a du reste adhéré.

Kiflé Sellasié Beseat, ancien directeur du Fonds international pour la promotion de la culture (FIPC/UNESCO), a insisté sur le fait qu’il était fondamental que ce soit les victimes qui élèvent la voix pour condamner la violence, de sorte que s’institue le processus de réconciliation nationale.

Si l’amnistie telle que décrétée par les autorités est saluée par la société civile, l’impunité des criminels est en effet difficilement comprise par des femmes ayant perdu un proche parent. Elles réclament - pour le moins - une journée de commémoration nationale à la mémoire des victimes ainsi que la reconnaissance d’un statut pour les veuves avec les dédommagements requis. Ammar Belhimer, Maître de conférence à la faculté de droit d’Alger, a de son côté attiré l’attention sur la question des disparus, des enfants de victimes et sur le statut des patriotes et des Groupes de légitime défense (GLD) qui ont pris les armes contre les terroristes.

 

Comprendre pourquoi tant de violences…

A l’heure où le pays s’organise pour prendre en charge les victimes, des questions restent en suspens : comment et pourquoi a-t-on pu en arriver à un tel niveau de violence contre le peuple et l’Etat ? Qui a formé ces groupes armés ? On s’interroge de la même manière sur les raisons qui ont amené des pays occidentaux à héberger des commanditaires du crime et sur le silence assourdissant de la communauté internationale au moment où s’ourdissait le drame en Algérie. On rappelle que la nation avait lutté seule contre le terrorisme sans que quiconque ne lui prête secours.  Fatma-Zohra Flici, Secrétaire générale de l’ONVT, a ainsi déclaré en préambule que s’il était fondamentalement vital de rompre avec un esprit de haine et de vengeance, il était tout aussi essentiel d’en identifier les causes. Plusieurs hypothèses ont alors été avancées durant ces deux jours de colloque. Ont été mis en exergue par des conférenciers et des participants les éléments endogènes et exogènes considérés comme déclencheurs de la terrible tragédie vécue par l’Algérie. A commencer par les méfaits d’une mondialisation qui génère de l’injustice sociale en accentuant les disparités entre pays bailleurs de fonds imposant leur diktat et pays endettés. D’aucuns ont stigmatisé les échanges commerciaux qui se font au détriment des économies émergeantes, rappelant qu’à l’époque des faits, le prix des hydrocarbures était au plus bas et que l’Algérie n’avait pas de quoi acheter un bateau de blé. Elle dépendait des décisions du FMI. Les frustrations et les rancœurs qui en ont découlé ont conduit certains, et notamment les jeunes qui constituent 75 % de la population algérienne, au crime contre les Algériens pouvant apparaître comme injustement privilégiés parce que détenteurs d’un statut socioprofessionnel plus avantageux. Ils ont été en conséquence abattus par ces individus transformés en dangereux hors-la-loi ou instrumentalisés par des groupuscules promouvant un islam rigoriste engoncé dans un dogmatisme d’un autre âge. C’est dans ce contexte instable, quelques dizaines d’années seulement après la fin de la longue nuit coloniale, que des jeunes esprits échauffés par tant de précarité sont allés en découdre avec le pouvoir en rejoignant le maquis et en s’attaquant aux civils, aux institutions d’Etat et à leurs représentants.

Pour l’heure et avant que l’Histoire ne livre ses archives, les autorités et la société civile avancent dans le sens de l’apaisement et de la recréation d’un climat de confiance, ceci afin  de reconstituer peu à peu un tissu social fragmenté. La prise en charge des populations à risque, majoritairement des jeunes, se fait par la réinsertion socioprofessionnelle. Des emplois se créent grâce à l’accroissement de l’activité économique par le développement de l’industrie, de l’agriculture et des activités de services, et à la faveur des grands chantiers mise en œuvre sur l’ensemble du territoire.

Il reste encore à faire pour restaurer la paix civile. L’Algérie s’y emploie avec la détermination et le courage qu’on lui connaît.

 

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