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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 16:02

 

Khalida Toumi

Ministre algérienne de la Culture

 

Paru dans le Magazine Aigle Azur - Hiver 2010

 

 

Khalida ToumiQu’en est-il de la culture en Algérie ?

L’Algérie est un vaste champ d’expérimentation culturel. Une politique ambitieuse dotée des moyens financiers idoines a été définie par le Président de la République, dès son élection en 1999. Ainsi, en dix ans, les sommes allouées à ce secteur ont été multipliées par vingt. C’est évidemment colossal, mais je ne vous surprendrai pas en vous disant que je continue de me battre tous les jours pour que la nation fasse encore plus d’effort pour la culture.

 

La culture, cette ressource d’un genre particulier, est-elle un moteur de croissance de l'économie de l'Algérie ?

Dans un pays aussi jeune que le mien, les métiers de la culture sont un formidable réservoir d’emplois. Un artiste, lorsqu’il part en tournée, génère un flux de revenus pour toute une chaîne de métiers, en plus de sa propre rémunération. C’est une industrie certes particulière, mais cela n’en demeure pas moins une activité à part entière. Pour preuve, la grève des scénaristes à Hollywood en 2007-2008 a lourdement affecté l’économie américaine, lui faisait perdre en quelques mois des milliards de dollars…  

 

Quels sont les dispositifs et mesures mis en œuvre pour générer de l'emploi et former en amont les nouvelles générations, de sorte que le renouvellement de la création artistique et sa diffusion - localement et internationalement -  soient assurées ?

La formation est l’une des priorités que le Président de la République m’a confiées et qui est en cours de réalisation. Le ministère de la Culture a notamment récupéré des salles de cinéma qui étaient sous la responsabilité des mairies au moment de la dissolution du ministère, dans les années quatre vingt dix, et qui n’étaient pas exploitées. Ces équipements vont être à présent confiés en gérance à des entreprises de jeunes dont nous assurerons au préalable la formation.

 

Peut-on dire de la culture qu’elle contribue au développement du tourisme ?

Certains festivals - comme ceux du Jazz à Constantine, du Raï à Bel Abbes, de musique Diwan  à Bechar, de musique Andalouse et des musiques anciennes à Alger - sont en effet à présent fréquentés par un public étranger. C’est un début prometteur et porteur d’espoir, car, a l’instar du Panaf, les étrangers qui découvrent l’Algérie ne repartent jamais indifférents ! Ils y reviennent et encouragent leurs amis à venir. Aujourd’hui, plus de 100 festivals sont institués sur tout le territoire. Ils sont dotés des moyens financiers concourant à leur pérennité. Nous allons bien évidemment soutenir cette politique afin que partout, et durant toute l’année, les Algériennes et Algériens ainsi que les mélomanes du monde entier découvrent ces créations de qualité.


Vous avez doté votre ministère d'une agence des grands travaux de la culture. Quels sont-il s ?

L’agence des grands travaux de la culture a la charge de piloter les chantiers les plus importants comme la grande Bibliothèque arabo-sud américaine ou l’Opéra d’Alger.

Concrètement, cela se traduit par un schéma directeur du développement culturel qui prévoit grand nombre de réalisations à l’horizon 2025. A commencer par une nouvelle bibliothèque nationale digne de la place et du prestige de notre pays, en plus de celles dont seront dotées chacune des 151 communes de l’Algérie ! De la même manière, les 48 wilayas auront leur théâtre et leur musée. Quant aux salles de cinéma existantes, elles seront remises en service. Est également projetée la création de salles de spectacle de grandes capacités à Alger et dans toutes les métropoles. En cours de réalisation également, le Centre arabe d’archéologie, le Musée national maritime d’Alger, ainsi que le maillage du territoire national en établissements de diffusion culturelle et de formation. Il est également prévu d’institutionnaliser au moins un festival culturel par daïra. S’agissant du patrimoine culturel, des chantiers de restauration sont en cours. Celui de la Citadelle, de Dar Mahiedine, de Djenane Lakhdar, de tous les sites et monuments classés… L’achèvement de l’inventaire général des biens culturels est également à l’ordre du jour, tout comme le classement des sites et la restauration de centaines de monuments historiques.

 

S'agissant des artistes de la diaspora algérienne en Europe et dans le monde, quelles sont les partenariats qui s’établissent avec l’Algérie ?

Vous savez, et c’est une excellente chose, la constitution algérienne ne fait pas de différence entre un Algérien résidant dans son pays et un Algérien résidant en Europe, aux Etats-Unis ou ailleurs. Donc, bien évidemment, les artistes de la diaspora sont toujours les bienvenus et ont toute leur place. Ils sont du reste régulièrement programmés dans les festivals. A l’instar d’Abousefiane Lagraâ (ndlr : chorégraphe et directeur artistique résidant en France) qui finalise en ce moment avec son épouse un projet autour de la danse pour transmettre expérience et savoir faire à de jeunes Algériens. Dans le domaine du cinéma, nous mettons en place des séminaires de formation animés par des Algériens ayant réussi professionnellement à l’étranger dans les métiers de la chaîne de production. Dar Abdellatif que nous avons récemment restaurée s’apprête à recevoir de nouvelles résidences de création picturale. Les projets ne manquent pas !

 

Algérie 4 juillet 2è série 002La deuxième édition du Festival Culturel Panafricain s’est achevée le 20 juillet, à Alger, après quinze jours de festivités dans tout le pays, et l’accueil de plus de cinquante délégations africaines. Quel en est le bilan ?

L’initiative de relancer la dynamique Panaf revient à l’Union Africaine qui a souhaité dire au monde « Africa is back » à travers sa plus belle carte de visite, sa culture. Il nous a ensuite été demandé d’accueillir l’événement, ce qui témoigne d’une grande confiance en mon pays, son Etat et son Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Pour ce qui est du bilan, à en croire les articles de presse, les témoignages des délégations rentrées dans leur pays et les courriers qui nous parviennent, on peut dire sans forfanterie qu’il est très positif. Le défi du Panaf de 1969 a été relevé, et comme me le disait un ambassadeur occidental en poste à Alger, nous avons réussi le Woodstock des Woodstock puisque tous les arts, et pas seulement la musique, étaient présents à un très haut niveau d’excellence. L’Algérie et l’Afrique ont montré qu’elles étaient de retour et qu’il faudra dorénavant compter avec elles.

A titre personnel, je retiendrai du Panaf Alger 2009 l’immense engouement populaire. Dans un pays que certains prétendent morose, plus de trois millions de personnes se sont déplacées dans la joie et la fête pour assister aux différents événements programmés.


Peut-on dire de cet évènement de très grande envergure qu'il inaugure une nouvelle ère dans la dynamique de co-construction de projets culturels en Afrique ?Algerie-Ambassade-5.jpg

Le Panaf a non seulement eu le mérite de faire découvrir les cultures de tous ces pays d’Afrique aux Algériens qui se sont déplacés en masse, il a aussi révélé les artistes africains à eux-mêmes. Ils ont découvert de nouveaux rythmes, de nouveaux instruments, voire de nouvelles façons de s’exprimer. Tous les jours, au village des artistes de Zéralda, dans les colloques, dans les expositions, sur les scènes, des Africains ont partagé des émotions avec leurs pairs. Comme cet universitaire kenyan me racontant cette improvisation entre des danseurs du Swaziland et des musiciens maliens. Ensemble, leur musique a parcouru tout le continent, du sud-est au nord-ouest ! Ainsi donc l’esprit du Panaf Alger 2009 continuera d’essaimer et il est de notre responsabilité, à nous politiques, d’encourager cet élan si fécond. Il est évident que l’Algérie apportera sa pierre à l’édifice, parce que depuis notre guerre d’indépendance, le continent est au cœur de nos préoccupations. A titre d’exemple, dans le cinéma, nous avons proposé d’offrir une aide substantielle à la coproduction interafricaine de huit films et je ne doute pas que d’autres pays s’associeront à ce projet pour que le continent trouve les moyens de se financer et soit de moins en moins dépendant des financements occidentaux. Il y va de l’authenticité du regard que nous portons sur nous-mêmes. Nous avions déjà un mémorandum d’entente sur la coproduction cinématographique avec l’Afrique du Sud et durant le 2ème Festival culturel panafricain, nous avons signé un accord de coopération culturelle avec ce même pays ainsi qu’avec le Burkina Faso. Et je peux vous annoncer que beaucoup d’autres accords suivront, avec des pays de l’Afrique de l’Ouest, de l’Est et d’Afrique Australe. Ils concerneront tous les domaines de la culture.


Madame la Ministre, quelle importance revêt pour vous la direction politique d'un tel ministère ?

Rien de sérieux, rien de durable ne peut se bâtir sur la haine et le mépris de soi largement cultivés et diffusés en Algérie. L’un des objectifs de la politique du ministère de la Culture est de semer l’estime, la fierté et la confiance en soi, surtout au sein de notre jeunesse, pour commencer à construire ensemble. Et nos jeunes sont à la recherche de cette confiance. Il est de notre responsabilité de leur permettre, à travers la culture, de crier « Algeria is beautiful ». C’est ce qui me motive tous les jours.

 


 

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