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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 12:20

Industries de perspectives

 

 



Si l’industrie algérienne concentre son activité autour des hydrocarbures, les autres branches du secteur ne sont pas en reste, notamment grâce à l'Etat et à  la détermination  des entrepreneurs.

 

 

 

industrie6Passé le trouble des funestes années qui a fatalement ralenti le développement économique, s’édifie à présent l’architecture de l’activité industrielle du futur. Pour l’heure, elle est dominée par le raffinage du pétrole, la pétrochimie, la production d’électricité, les industries minières et manufacturières, l’agroalimentaire et les textiles. Mais les nombreux investissements sur tous les autres segments, ainsi que les réalisations et les prévisions augurent d’un avenir prometteur.

« Le marché potentiel est immense » soulignait l’économiste algérien Ahmed Bouyacoub à nos confrères du Quotidien d’Oran (édition du 7/10/2008). « L’année dernière, ajoutait-il, le service des statistiques indiquait le nombre de 200.000 véhicules vendus. Les possibilités d’investissements sont énormes dans tous les domaines (transports, logement, éducation, santé, services financiers, tourisme, alimentation, etc.). »

En 2008, 45% des investissements directs étrangers (IDE) provenaient de l’Union européenne, 23% des pays arabes, 22% d’Amérique du Nord et 10% d’autres destinations. Et s’ils connaissent en 2009 une baisse du fait de la crise financière qui impacte l’économie mondiale, ils n’en demeurent pas moins importants dans ce grand pays dont le taux de croissance va en s'améliorant.

 


Le fleuron des entreprises actives en Algérie. Parmi les sociétés leaders du pays, celles positionnées sur les industries cimentières figurent en bonne place. Elles bénéficient du bond  actuel de la construction du million de logements en prévision et des importants projets d’infrastructures en Algérie –dont l’autoroute Est-Ouest. Sur le secteur des matériaux de construction au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le groupe égyptien Orascom Cement, était, il y a peu, l’opérateur principal -avec la cimenterie de M’sila et celle de Sig- dans la wilaya de Mascara. En décembre 2007, l'égyptien a été racheté par Lafarge. Cette opération a permis en retour au poids lourd égyptien d’acquérir 11,4% du géant français et d’en intégrer le conseil d’administration.

Un autre secteur porteur en Algérie est celui de l’industrie métallurgique, qui favorise les producteurs sidérurgiques qui ont un accès direct aux ressources en matières premières, avec notamment le minerai de fer. Le groupe Arcelor Mittal détient la plus grande des usines sidérurgiques du pays, à El Hadjar, près de Annaba. Toujours en ce qui concerne le métal, l'industrie du cablage est en progression. S'y est notamment positionné le fournisseur mondial General Cable Corporation, en devenant l’actionnaire majoritaire de Enica Biskra, une entreprise  privatisée en 2008. Un choix justifié, selon le Président de General Cable Europe, par la solide base patrimoniale de l’entreprise algérienne et ses effectifs de travailleurs qualifiés conduits par une équipe de direction tout aussi professionnelle. « Cela nous permettra, tous ensemble, d’élargir notre rayon d’action vers l’Europe et le Moyen-Orient » a-t-il déclaré au moment de la constitution de la joint-venture, en mai 2008. C'est le même essor pour l’industrie chimique. Elle se développe parallèlement à celle des hydrocarbures qui lui fournissent la matière première et attirent les investisseurs.

 

Industrie d'avenir. Avec l’aménagement d’équipements lourds et d’infrastructures, et la mise en œuvre de stratégies managériales, l’industrie algérienne a de beaux jours devant elle. A fortiori grâce aux attentions des autorités en faveur du nouveau plan d'appui aux PME inscrit dans le cadre du programme quinquennal 2009-2014. « L’évolution du système économique algérien dans ses grandes mutations,  privilégie, a l’instar de nombreux pays développés, la promotion et le développement des PME. Ces entités économiques auxquelles s’ajoutent les très petites entreprises (TPE) jouent un rôle moteur dans le développement de l’économie nationale. Elles contribuent dans une forte mesure à  la création de richesses et d’emplois » confirme le Ministère de la PME et de l’artisanat. De nouveaux instruments financiers seront mis en place durant le prochain quinquennat pour le financement des entreprises. C’est  du reste ce qu’indiquent nos confrères d’El Moudjahid, dans leur édition du 7 avril. 2009 Ces financements comprendront la création du Fonds national d'investissements (FNI) doté d’un capital de 150 milliards de dinars, ainsi que la création (par les banques publiques) de filiales -sous forme de sociétés de capital investissement et/ou de sociétés de leasing.  

Pour faciliter l’intégration des entreprises dans l’économie mondiale, un vaste programme de mise à niveau a parallèlement été impulsé en mai 2009. Financé conjointement par l’Union européenne (à hauteur de 40 millions d’Euros) et par l'Algérie (4 millions), il concerne 450 PME locales. Il sera mené en partenariat avec le Ministère de la PME et de l’Artisanat, et ceux de l’Industrie, et des Technologies de la communication et de l'information (TIC). S’agissant de la thématique centrale de ce même programme, elle porte notamment sur l'appui à la  compétitivité des entreprises avec l'utilisation des TIC. L'Agence nationale de développement des PME (ANDPME) s’est d’ores et déjà équipée d’un portail Internet communautaire. « Mon souhait est que ce site joue un rôle déterminant dans le développement de l’entrepreneuriat et de la PME, et ce au regard des enjeux majeurs qui entourent ce secteur, et de sa place dans la vie économique nationale » confirme Mustapha Benbada, Ministre de la PME et de l’Artisanat.

Des mesures visant à la privatisation des entreprises sont parallèlement diligentées depuis plusieurs années, de sorte que s’accroissent les capacités d’innovation et les performances du secteur privé, dans le contexte global d’ouverture et de libéralisation de l’économie algérienne. « Dans cette perspective, le secteur doit se mobiliser dans la réalisation du programme de privatisation qui est avant tout un acte d’investissement » prévient Zaïm Bensaci, Président du CNC/PME, le Conseil national consultatif pour la promotion des PME (CNC/PME).

Le renforcement des capacités exportatrices de ces PME est également privilégié par le programme OPTIMEXPORT. Sur ce plan, il est à noter la tenue du premier salon de l’exportation,  qui a eu lieu fin mai/début juin à Alger : « Djazair Export ». Placé sous le haut patronage du Ministre du Commerce, la manifestation a été organisée par l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur-ALGEX, par la Société algérienne des foires et exportations (SAFEX), et par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI).

 

Soucieuse du devenir de sa jeunesse, l’Algérie s’emploie dans le même temps à l’accompagnement de ce public à la création entrepreneuriale. L’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes prévoit pour cela  de financer 30.000 projets en 2009. « Nous nous sommes mobilisés en vue d’aménager les meilleures conditions pour offrir à ces derniers un accompagnement de qualité à même de les sortir de leur isolement et d’en faire des acteurs économiques et sociaux à part entière » confirme la direction.  

A signaler que ces opportunes mutations structurelles sont soutenues par une conjoncture qui demeure favorable à l’Algérie. Du fait de son « entrée reportée dans l’économie mondiale », le pays est en effet protégé par la "contamination" dont ont été victimes les économies adhérentes au système financier international. C’est ce qui ressort d’un rapport rendu en avril dernier par le Fond monétaire international.

 

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L'emploi en mode actif


 

Président du Conseil  algérien Consultatif pour la Promotion des PME, Zaïm Bensaci nous livre un aperçu de l'industrie algérienne.


Propos recueillis par Véronique Narame

 

 

 

 

 

Hormis les hydrocarbures, quels sont les secteurs industriels les plus porteurs et ceux qui sont les plus investis par les IDE ?

Les secteurs industriels qui présentent les meilleures conditions d’expansion -compte tenu de l’état de notre tissu industriel national, des objectifs de la politique de développement économique et social et des contraintes et incertitudes au niveau international-, sont à considérer dans le cadre d’une véritable stratégie industrielle nationale. Laquelle s’appuie sur les créneaux prioritaires et/ou à promouvoir, avec notamment  les industries de valorisation du potentiel minier (les filière des phosphates, le fer, le sel et les autres substances minières) ; les industries agro-alimentaires et les boissons. S'y ajoutent le BTPH et matériaux de construction ; l’industrie pharmaceutique ; la récupération et le recyclage des matières ; l’électronique, l’électrotechnique et la mécanique ; les biotechnologies ; le génie logiciel, les TIC ; les énergies renouvelables. Concernant les IDE, si l'on exepcte le secteur dominant des hydrocarbures, la téléphonie mobile a les faveurs des investisseurs étrangers.

 

S’agissant des exportations, quels en sont les résultats en terme de recettes et de répartition par secteur ? Et quelles sont les principales destinations ? 

Les exportations ont atteint 78,23 milliards de dollars US en 2008, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2007, avec une part prépondérante pour le secteur des hydrocarbures , soit près de 98%. Les recettes hors hydrocarbures -1,89 milliard de dollars US- représentent 2,42 % des exportations. Les entreprises exportatrices leaders dans leur segment d’activité (biens d’équipements et de consommation alimentaire, produits de l’industrie du plastique, déchets ferreux et non ferreux, médicaments…) sont des opérateurs traditionnels qui confortent ou élargissent leur présence sur les marchés extérieurs : Naftec, Michelin, SIM, CEVITAL… De nouveaux opérateurs essaient d’investir à l'étranger, à l’image de Saïdal sur les marchés arabes et africains. Les pays de l’Union européenne absorbent la moitié des exportations algériennes hors hydrocarbures. L’Italie (15 %), l’Espagne (plus de 11%) et la France (un peu plus de 8 %), sont les principaux marchés des entreprises exportatrices. Avec les pays de l’Union du Maghreb Arabe, les échanges commerciaux restent encore insuffisants et peinent à dépasser les 2 milliards de dollars US. Concernant les autres pays africains, les chiffres ne sont pas significatif. 

 

Parmi les mesures impulsées par les différents ministères, lesquelles facilitent le développement et la diversification du secteur industriel hors hydrocarbures ?

La diversification et le développement de notre tissu industriel constituent une préoccupation constante du gouvernement, en dépit des résultats qui ne sont pas toujours au rendez vous. Le besoin de disposer d’une vision stratégique cohérente est largement ressenti. Plusieurs ministres développent ainsi, chacun dans leur domaine de compétences, des politiques incitatives et des programmes visant à diversifier les activités et à améliorer la compétitivité des entreprises. Parmi eux, le Ministère de la PME et de l’artisanat, dont l’action vise à la promotion des petites et moyennes entreprises. Il s’appuie sur des mécanismes institutionnels de soutien à la création d’entreprises : mise en place de réseaux de pépinières et d’incubateurs, bourses de sous traitance… Cela concerne aussi les mécanismes de garantie des crédits d’investissements pour faciliter la création.

Ces actions ne sauraient être totalement dissociées des initiatives prises par d’autres ministères qui visent à soutenir l’emploi des jeunes par la création d’entreprises dans des activités qui se diversifient davantage grâce au niveau de formation des postulants désireux d’investir des créneaux innovants comme les TIC et le génie logiciel.

Les mesures pour encourager la production ou promouvoir les industries agroalimentaires, développer l’industrie pharmaceutique ou la sous-traitance -dans le cadre de partenariats -, ou les énergies renouvelables, contribuent à cette logique de diversification de notre tissu industriel et à la promotion de nouvelles activités. Par touches successives, le gouvernement met en place les mécanismes qui permettent de diversifier notre industrie et d’améliorer sa compétitivité. 

 

Qu’en est-il en particulier du nouveau plan d’appui aux PME inscrit dans le cadre du programme quinquennal 2009-2014 ?

Dans le cadre de son plan d’action visant la concrétisation des objectifs du programme présidentiel, le gouvernement entend mettre en place et consolider les dispositifs d’incitation facilitant l’investissement et le développement de l’outil national de production. C’est ainsi que l’offre en termes de foncier industriel sera améliorée, notamment par l’aménagement et la mise à niveau des zones industrielles.

Seront aussi améliorées les conditions d’accès au  crédit à l’investissement, via la création de filiales bancaires, afin de financer le capital d’investissement des PME et le leasing. Il convient d’ajouter la création du Fonds national d’investissement, doté d’un capital de 15 milliards de dinars, et le renforcement du niveau de couverture des crédits d’investissements par des mécanismes publics. Par ailleurs, la mise à niveau de l’entreprise sera améliorée via une politique nationale intégrée visant à harmoniser les mécanismes publics de soutien à ces programmes.

Le gouvernement entend également encourager l’innovation au sein des sociétés pour accroître leur compétitivité, ainsi que les actions de développement des partenariats entreprises–universités pour dynamiser la recherche. S'agissant de la concrétisation de l’objectif de création de 200.000 PME, ces cinq prochaines années, les capacités nationales de sous-traitance industrielle seront optimisées.

 

Combien de PME/PMI exercent en Algérie, et combien d'emplois génèrent-elles ? Quels sont les objectifs visés en termes de création d’entreprises pour les cinq prochaines années ?  

home r5 c4Selon les données statistiques publiées par le Ministère de la PME et de l’artisanat, il y aurait plus de 310.000 petites entreprises en Algérie, chiffre que l’on peut considérer comme objectif puisqu’il  résulte des immatriculations au Centre national du registre de commerce [CNRC] et à la Caisse nationale d’assurances sociales [CNAS]. Ce nombre ne tient naturellement pas compte d'une multitude d’activités non déclarées et qui répondent à la définition légale de la notion de PME. Les PME recensées en 2008 sont au nombre de 325.000 -avec 30.000 créations par an, ce qui  représente quelque 215 000 emplois permanents. Il est à noter que  la plupart des PME algériennes sont à l'heure actuelle des entreprises de droit privé. Le programme présidentiel a fixé un objectif de création de 200.000 PME pour 2014, ce qui demeure une ambition réaliste pour lequel le gouvernement s’attachera à mettre en place les conditions propices à sa concrétisation.  

 

Quelles sont les principales organisations patronales et professionnelles ?

Le patronat est constitué de plusieurs associations professionnelles et d'organisations patronales, généralement organisées par branche ou filière - et dont la plupart sont représentées au Conseil national consultatif pour la promotion des PME- [CNC/PME]. Je pourrais citer notamment la Confédération algérienne du patronat- CAP, la Confédération des industriels et producteurs algériens - CIPA, la Confédération nationale du patronat algérien – CNPA...  Permettez moi de rappeler que la création du CNC/PME, qui regroupe une quarantaine d’associations professionnelles et d'organisations patronales, répondait notamment  à la préoccupation de rassembler ces organisations et de leur offrir un espace de concertation. D’autres organisations patronales à la vocation plus large existent aussi sans être membres du CNC/PME. Parmi ces dernières, je peux citer le Forum des chefs d’entreprises [FCE] qui représente à la fois des patrons de PME ainsi que des dirigeants de grandes entreprises. Il dispose d’une audience désormais bien établie.

 

 

Paru dans Arabies, Mensuel du monde arabe et de la francophonie en juillet-août 2009 - N° 267/268

 

 

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Published by Narame - dans ALGERIE ECONOMIE
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