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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 22:19


Un travail de longue haleine

 

Paru dans Arabies, Mensuel du monde arabe et de la francophonie  - Avril 2009

 

Education, accès aux soins, travail… En dix ans, la société algérienne a enregistré des progrés sociaux majeurs qui ont permis une amélioration sensible du niveau de vie de la population.

 

Algérie FIBDA 1

 

 


En 1998, dans un rapport de conjoncture, le Conseil National Economique et Social (CNES) de l’Algérie donnait l’alerte concernant l’aggravation des conditions sociales et l’apparition d’un certain nombre de ruptures. La dramatique situation dans laquelle avait été projeté le pays, durant les années 90, avait en effet bouleversé les équilibres sociaux et généré de nombreux dysfonctionnements dont on pouvait redouter les effets négatifs. « Au cours du premier semestre, nous avons assisté à une amplification des phénomènes que ce soit à travers l’accélération des compressions d’effectifs, de la pauvreté et de l’exclusion sociale que de l’extension du chômage. Il en est ainsi du niveau d’emploi, du système de couverture sociale à travers la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale et la Caisse Nationale des Retraités ou du système de santé ». Une stratégie d’actions plus active allait être définie par les pouvoirs publics. Elle visait à l’amélioration des conditions de vie, de travail, de santé et d’éducation des populations, de sorte que le capital humain soit de nouveau au cœur du développement. Dix ans plus tard, qu’en est-il des transformations sociales entreprises en Algérie ?  

 

Si l’on considère qu’en termes de politique sociale, le moteur de tout programme de développement est le travail, il se confirme que le pays s’engage dans une voie dynamique. En atteste la baisse du chômage, dont le taux a été ramené à 13,8 % en 2006, alors qu’il était de 30,7 % en 1999 ! De la même manière, la législation du travail est-elle consolidée par une série de mesures visant à garantir la cohésion sociale. « Une attention particulière sera accordée à la lutte contre le travail informel et l’emploi des enfants,  au contrôle des conditions de travail, à la gestion de la ressource humaine et son utilisation optimale », précise Tayeb Louh, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, qui plaide en faveur de la réhabilitation de l’inspection générale du travail, afin de renforcer le consensus social. La modernisation de la gestion financière des caisses de sécurité sociale est également à l’ordre du jour, tout comme l’amélioration de la qualité des prestations fournies aux usagers. A noter enfin que les partenariats entre les employeurs et les travailleurs ont été consolidés. C’est ainsi que le Pacte national économique et social a été conclu, en 2006, par l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), le patronat et le gouvernement, pour une période de quatre ans.

 

Santé et espérance de vie. L’amélioration de l’état de santé et des conditions de vie de la population fait également des priorités des politiques publiques. Tout comme l’éducation sanitaire. Cela a eu pour conséquence d’élever l’indice de l’espérance de vie à la naissance, entre 2002 et 2006 (+1,16% en moyenne annuelle). De 72,5 ans en 2000, il atteint 75,7 ans en 2006. Le taux d’accroissement naturel de la population est lui aussi en hausse, passant de 1,48 % en 2000 à 1,78 % en 2006. A contrario, le nombre moyen d’enfants par femme diminue - 2,27 enfants en 2006, contre 2,56 en 2000. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène : recul de l’âge au mariage, accès à l’emploi des femmes, recours aux méthodes de contraception.

Sur le front du soutien aux personnes les plus vulnérables, les moyens de l’Etat sont tout autant mobilisés. Ils sont principalement affectés au soutien à l’éducation, aux personnes défavorisées et handicapées, ainsi qu’aux prestations familiales, aux pensions et aux autres fonds sociaux. La gratuité des soins est ainsi assurée aux citoyens les plus démunis. S’ajoutent à cela la subvention des produits alimentaires de première nécessité et de certains médicaments. La conjugaison de ces actions a eu pour effet de ramener la valeur de l’indice de pauvreté de 12,8 à 5,7 %, entre 1999 et 2006, soit un recul annuel moyen de 4 %. « Heureusement que notre économie est de type social, ce qui permet l’intervention de l’Etat. A ce titre et rien qu’à titre de transferts sociaux, l’Etat débourse annuellement 19 milliards de dinars », rappelait à nos confrères de La Nouvelle République Hachemi Djaâboub, Ministre du Commerce, en octobre 2008.

 

S’agissant des opérations d’aménagement du territoire, l’accent est mis sur les zones rurales du centre et du Sud. En 2000, est ainsi impulsé le Plan national de développement agricole et rural. La même année est simultanément mis en œuvre le Développement des zones sahariennes et des Hauts Plateaux - dont les fonds proviennent de prélèvement de 2 et 3 % sur les ressources pétrolières. Le Programme de la Politique nationale de renouveau rural (PNRU) est intervenu en 2006. Opérationnel jusqu’en 2013, il prévoit la revitalisation des espaces ruraux défavorisés, le retour des populations déplacées et la viabilité des entreprises de ces territoires. Et s’attache à la réhabilitation des patrimoines culturels et des savoir-faire. La phase pilote initiée de 2003 à 2006 aura à cet effet permis de piloter plus de 2 000 projets communautaires de développement, impliquant plus de 200 000 ménages et générant plus de 90 000 emplois dans les zones isolées. En 2008, 5 200 projets ont été formulés par la société civile sur ces territoires où l’expression des multiples richesses de la ruralité est de nouveau possible.

Parallèlement, une ambitieuse politique d’habitat a été entreprise depuis 2005. Elle concerne la réalisation d’un million de logements dans les zones urbaines et rurales, selon des normes architecturales inspirées de l’esthétique maghrébine. En 2007, plus du quart du programme était achevé et une moitié en cours de construction. Le raccordement aux sources d’eau améliorées fait également partie des priorités. En 2006, le réseau d’alimentation couvrait 95 % des besoins des usagers - contre 83 % en 1998. La tendance devrait encore s’améliorer, à la faveur des barrages et stations de dessalement d’eau de mer en cours de réalisation.

 

Sur le plan des mutations sociales à l’œuvre ces dix dernières années, il est à souligner que la diversité sociale et culturelle de l’Algérie a été reconnue en 2002. Le tamazight a ainsi été proclamé langue nationale par la Constitution. A mentionner également la création, en 2002, du ministère délégué à la Famille et à la Condition Féminine. Celui-ci est dirigé par Nouara Saadia Djaffer, auparavant journaliste reporter. Parmi ses réalisations, on retrouve une révision, en 2005, du Code de la nationalité consacrant l’égalité entre hommes et femmes et reconnaissant la nationalité algérienne d’origine par filiation maternelle.

Le Code de la famille a également été modifié, en 2005. Il rétablit l'équilibre en droits et en devoirs entre les deux époux, et reconnaît à la femme la pleine capacité de conclure son contrat de mariage. Il uniformise l'âge du mariage à 19 ans pour les deux sexes et soumet la polygamie à des conditions plus restrictives. En outre, l’obligation est faite à l'époux d'assurer, en cas de divorce, le logement à ses enfants mineurs dont la garde est confiée à la mère. Enfin, l’ordre des priorités en matière de droit de garde a été reconsidéré au profit de la mère, puis du père.

En parallèle de ces mesures, l’Observatoire de l’emploi féminin a été créé au niveau du Ministère de l’Energie et des Mines, en 2005. Ceci dans l’intention « d’encourager les managers à prendre en compte les qualifications du personnel féminin dans l’emploi ». Une mesure d’autant plus aisée à mettre en œuvre que, en  2004, 61 % des diplômées de l’enseignement universitaires étaient des femmes. 

 

Généralisation de l’instruction. Pour la jeunesse, les pouvoirs publics ont adopté, en 2003, une nouvelle politique nationale, qui entend ainsi restaurer la confiance entamée par des années de crise. Elle succède à la réforme du système national d’enseignement décidé trois ans plus tôt par les autorités. Parmi les changements majeurs en direction de cette population, notons la généralisation de l’instruction, avec une évolution de 1,22 %, entre 2002 et 2006.

Les progrès réalisés dans l’accès à l’éducation des jeunes générations sont significatifs. Le taux de scolarisation a augmenté de plus de 12 % en seulement huit ans, avec 71,25 % de la classe d’âge des 6-24 ans scolarisés en 2006. Il en est de même pour l’enseignement supérieur dont l’effectif a connu une hausse de plus de 10 %, entre 1998 et 2006. Par ailleurs, l’accès à l’alphabétisation des adultes est soutenu via des programmes spécifiques. Des actions à destination des populations résidant dans les espaces ruraux sont également diligentées.

La scolarisation est gratuite, au même titre que la cantine des écoliers du cycle primaire. Un système de bourse est également octroyé pour 11 % des effectifs des cycles moyen et secondaire. Une prime de rentrée scolaire de 2 000 dinars est également accordée à trois millions d’élèves. D’autres actions sociales sont accessibles en fonction des nécessités - pour le transport et les soins médicaux. Le gouvernement a simultanément renforcé l’accès à la connaissance universelle via le e-learning, en le dotant de nombreux programmes et d’allocations budgétaires importantes. Parmi ces mesures figure le programme Oustratic, avec l’opération appelée « Un PC par foyer » lancée, en 2005, par le ministère de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication.

 

PortraitOfficiel.jpgToutes ces transformations sociales n’auraient été possibles si l’Algérie n’avait, en 1999, fait face à un enjeu majeur : celui de l’adoption de la loi sur la Concorde civile pour le retour de la paix, après les années de terrorisme. Une charge énorme que le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, aura assuré pour restaurer pleinement la cohésion nationale. Six années plus tard, en 2005, la Charte pour la Paix et la réconciliation nationale sera soumise au peuple algérien par référendum… et approuvée.

L’adoption des textes sera ainsi proclamée en février 2006, par le président de la République, qui rendra hommage au digne peuple algérien. « La Nation a, une fois encore, puisée dans ses valeurs civilisationnelles la foi et l’énergie nécessaires pour faire sienne la politique de paix et de réconciliation nationale, au service de la Patrie, au service de son développement, au service de son unité irremplaçable et au service de ses jeunes générations ».

 

 

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