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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 15:53

 

« L’avenir du continent africain

s’annonce avec de bons espoirs » 

Bassary Touré, vice-président de la BOAD



                                      Paru dans African Business – Février-Mars 2012


100_1395.JPG-bis.jpgDans un contexte de crise internationale et d’incertitude sur les marchés financiers,  Bassary Touré, Vice-Président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), livre son analyse.

Comment le franc CFA réagit-il à la crise de la dette souveraine en Europe et aux Etats-Unis ?
Cette crise, qui est à l’origine de la nervosité actuelle des marchés financiers internationaux, a créé un déficit de confiance au niveau des investisseurs et un climat d’incertitude sur les marchés. Les fondamentaux des économies de la zone franc (Uemoa, Cemac et Comores) sont néanmoins solides. Depuis 2004, la croissance moyenne est de 4,4%. Ce niveau appréciable a été obtenu au prix de multiples réformes et dans un contexte particulièrement difficile de chocs financier et économique en 2008-2009, et alimentaire et énergétique en 2008.
En outre, la zone dispose d’une monnaie forte avec un taux d’inflation moyen de moins de 3% et un taux de couverture de plus de 100%, pour une norme de 20%. Les cours des principales matières premières exportées (cacao, or, coton, etc.) se sont par ailleurs convenablement orientés ces dernières années. Cette embellie, en plus du dynamisme de la demande - notamment celle provenant des pays émergents - a permis à la zone franc de bien vendre ses matières premières. Elle a renforcé ses réserves de changes pour faire face à ses besoins d’importation, soutenir la parité de sa monnaie vis-à-vis de l’euro et atténuer d’éventuels chocs de balance des paiements.

Quelles sont les caractéristiques du marché financier de l’Uemoa ?
C’est un marché d’avenir qui intéresse tous les grands acteurs financiers. Il est jeune, mais présente beaucoup d’avantages et une grande opportunité de mobilisation de ressources. Avec plus de 90 millions d’habitants et un taux actuel de bancarisation en dessous de 20%, la marge de progression de ce marché et son potentiel de collecte de l’épargne sont importants.
Au plan local, en dehors des émissions souveraines (les Etats sont très actifs sur le marché), les institutions comme la BOAD et la Banque d'investissement et de développement de la Cedeao (BIDC) sont des grands émetteurs non souverains. La BOAD lance en moyenne une émission par an. Les industries portuaires de la zone interviennent aussi de manière significative.

Quel est le rôle de la BOAD ?
La BOAD est le principal émetteur non souverain des titres d'emprunts au niveau de l’Uemoa. Elle a joué un rôle pionnier en initiant, dès 1993, la première émission d'emprunt en FCFA sur le marché financier régional, et a contribué à la création de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), dont elle détient 10% du capital.
Pour soutenir l'intégration régionale, la BOAD a initié, en étroite collaboration avec les autres institutions communautaires, le Projet de développement du marché financier (PDMF). Il a été mis en œuvre avec le concours de la Banque mondiale, de l'Agence française de développement (AFD) et de l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Le PDMF renforce les capacités institutionnelles des acteurs clés du marché financier régional, à savoir la BOAD, le Conseil régional de l'épargne et du marché financier (CREMF), la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (Bceao), la BRVM, la Commission de l'Uemoa…
La BOAD participe également à la création ou à la recapitalisation de banques en mettant à leur disposition des lignes de refinancement. Depuis quelques années, elle a diversifié ses interventions pour renforcer son action de développement, en dépit d’un environnement économique et politique instable. Elle se prépare d’ailleurs à la notation internationale pour lever les ressources nécessaires au financement de ses activités.

Que finance la BOAD ?
Ses financements sont destinés aux huit Etats membres de l’Uemoa et concernent les projets d’infrastructures (routières, énergétiques, hydrauliques…), les investissements agricoles ainsi que la réalisation d’études. Pour l’exercice 2011, un objectif annuel de plus de 200 milliards de FCFA a été retenu pour le secteur public. S’agissant du guichet privé, principal vecteur de croissance, il est d’environ 200 milliards de FCFA, et est dédié au soutien au secteur bancaire et aux PME. La BOAD finance également l’innovation via les mécanismes de développement propre et d’adaptation aux changements climatiques.

D'où proviennent ses ressources ?
La Banque émet des titres d’emprunts sur le marché intérieur de l'Uemoa en francs CFA et contracte des prêts auprès des organismes internationaux - ou étrangers - publics ou privés. Le marché régional des capitaux – qui correspond à plus de 50% des ressources d’emprunt -  est la source privilégiée de mobilisation pour le financement du secteur privé.
Les partenaires non-résidents s’intéressent aussi au marché financier de l’Uemoa et ont contribué à l’augmentation de 50% du capital de la BOAD, lequel est passé de 700 à 1 050 milliards FCFA en juin 2010. Les contributeurs les plus visibles sont la SFI, l’AFD, l’ACDI… La Chine est de plus en plus active. Lors de la dernière augmentation de capital, elle a été parmi les premiers à notifier son accord de principe. 

La création d’un marché commun africain est-elle à l'ordre du jour ?
La question de la connexion des marchés demeure une préoccupation constante des autorités et des organisations continentales et régionales africaines. Toutefois, l’expérience actuelle de l’Europe commande de bien cerner les contours de cette intégration afin qu’elle bénéficie vraiment aux populations africaines. Au niveau de la sous-région, des réflexions ont été engagées depuis plusieurs années avec les pays ouest-africains non membres de l'Uemoa - notamment le Ghana et le Nigeria - et avec ceux de l'Afrique centrale qui ont en commun le FCFA.
Dans le cadre de l'Afrique de l'Ouest, une première étape formelle a été franchie avec la signature, en 2009, d'un Memorandum Of Understanding, lettre d'intention qui définit la création d'une plate-forme de cotation commune. Certains titres de sociétés, a l’instar de celui d’ETI – Ecobank, sont cotés simultanément dans - et hors - la zone Uemoa. Les réflexions visent à multiplier ce type de montage, et à favoriser l'élargissement du champ géographique des émissions. Les dispositions juridiques et réglementaires doivent à cet effet être édictées et adoptées par les autorités des différents marchés en présence.

Vous revenez de la Conférence sur  le climat à Durban. Quel est le coût du dérèglement climatique pour la sous-région ?
Entre 2000-2008, le montant des dommages liés aux inondations dans l’espace Uemoa a été estimé entre 189 et 388 milliards $. Le dérèglement climatique constitue une menace majeure pour la croissance économique et le développement durable, et risque de  compromettre les progrès, encore fragiles, pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement. 

Quelles sont les contributions versées par les Etats pollueurs aux pays victimes de sécheresses, d'inondations et aux réfugiés climatiques ?
Dans le cadre de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques et du Protocole de Kyoto, des financements sont disponibles et libres d’accès aux Etats de l’Uemoa. Plusieurs initiatives bilatérales et multilatérales ont été développées notamment par le Japon,  la Norvège, l’Allemagne et la Commission européenne. On peut aussi citer le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier, le Dispositif mondial de réduction des effets des catastrophes et de relèvement et les Fonds d’investissement climatiques gérés par la Banque mondiale.
La BOAD s’est pour sa part vue confier la gestion du Fonds de développement de l’énergie mis en place dans le cadre de l’Initiative pour l’énergie durable.  Elle a par ailleurs signé avec la KfW Bankengruppe un contrat de financement d’un montant de 10,66 millions d’euros (6 994 millions de FCFA) pour la mise en œuvre au Niger de l’opération « Facilité du Sahel », et pour d’autres projets au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal.

Comment se profile l'avenir du continent ?
L’avenir du continent africain s’annonce avec de bons espoirs malgré le contexte général de crise économique mondiale. L’Afrique subsaharienne a enregistré un taux de croissance du PIB annuel de 5 % pendant dix ans, avec des pointes de plus de 6 % entre 2006 et 2008. La croissance s’est généralisée dans plusieurs pays du continent. Le secteur privé africain attire de plus en plus d’investissements et le climat est propice aux réformes. Au plan social, de nombreux pays ont enregistré des progrès suffisamment rapides pour atteindre la plupart des Objectifs de développement pour le millénaire (ODM), d’ici à 2015.
Pour les prochaines années, les efforts de développement du continent doivent être soutenus. L’objectif est de garantir l’accès à l’énergie électrique et à l’eau potable, la sécurité alimentaire via une agriculture adaptée aux changements climatiques, et l’accès aux services financiers pour les plus démunis. La promotion de la création d’emplois, notamment pour la jeunesse, est également la priorité.



                                                                           BIO EXPRESS
Bassary Touré a été ministre de l’Economie et des Finances de la République du Mali, de 1991 à 1992 et de 2002 à 2004. Avant sa désignation comme vice-président de la BOAD en 2008, il a été représentant régional résident du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) à Libreville (Gabon) et directeur exécutif de la Banque mondiale de 1998 de 2002. Il a exercé comme consultant international  pour le  Programme  des Nations-Unies pour le développement (PNUD), pour la Fondation africaine pour le renforcement des capacités (ACBF) et pour les Organismes bilatéraux de financement en 2004. 

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