Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
  • Contact

LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

Lire la suite.

Recherche

LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 09:42

 L’Afrique

Etape clé sur la feuille de route de

Christine Lagarde

 

Paru dans L'Essentiel des relations internationales - Août 2011


zonefranc.jpg

 

Depuis le 28 juin, le Fonds monétaire international est dirigé par Christine Lagarde. Connue pour son engagement politique en faveur d’une gouvernance mondiale plus inclusive, elle a bâti de solides partenariats avec l’Afrique, ce qui lui permet à présent de défendre un programme où le rôle de cette économie sur la scène mondiale est mieux affirmé. Décryptage.   

 

 

Au Sénégal, au Togo, au Congo, en Guinée Bissau, une déclaration fait la manchette des journaux : « Le temps de l'Afrique, nouveau continent émergent, est venu ». Christine Lagarde l’aurait faite juste avant son élection à la tête du Fonds monétaire international (FMI), au cours d’un déjeuner avec les gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAD) en conclave à Lisbonne, lors de l’Assemblée annuelle, les 9 et 10 juin.

Depuis son entrée en politique, il y a six ans, la ministre française, présidente du G8 et du G20, a en effet pu prendre la mesure des potentialités du continent africain, un acteur qu’elle a toujours considéré comme tenant un rôle majeur sur la scène internationale. Cette stratégie lui a valu de créer un relatif consensus autour de sa personne et a favorisé son élection à la tête de l’institution financière internationale.

 

L’Afrique, un acteur majeur

Lorsqu’elle s’est portée candidate au poste de directeur général du FMI, Christine Lagarde, alors ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, a appelé à renforcer la légitimité et l’efficacité de l’institution. Pour y parvenir, elle a mis en avant trois axes d’action au premier rang duquel figure la promesse d’un engagement plus marqué en faveur du Moyen-Orient et de l’Afrique. Sur sa feuille de route, le continent africain apparaît comme un acteur essentiel. Les décideurs africains ont du reste plusieurs fois insisté sur ce point. Ils ont d’abord rappelé, au cours de la campagne, qu’un représentant d’un pays émergent avait toute légitimité à siéger au sommet de cette institution. L’Union africaine a indiqué que le choix du FMI aurait pu se porter sur un non-Européen, et particulièrement une personnalité issue du monde en développement. Pravin Gordhan, ministre sud-africain des Finances, s’est pour sa part étonné de la nomination de cette Française apparaissant, une fois encore, comme tacitement désignée par les pays riches pour hériter de la direction du FMI, alors que le G20 avait recommandé d’ouvrir la sélection aux candidats des économies émergentes.

Une partie du continent africain s’est finalement ralliée à la candidature de Christine Lagarde. Elle aurait ainsi été plébiscitée dans l’enceinte du FMI par l’Afrique francophone et l’Egypte, via les suffrages de l’administrateur égyptien Abdel Shakour Shaalan, représentant 12 pays arabes et les Maldives, ainsi que du Togolais Kossi Assimaidou, désigné pour représenter 22 pays africains - principalement francophones. Les gouverneurs de la BAD lui ont également apporté leur soutien.  A présent élue, Christine Lagarde va devoir écrire une nouvelle partition avec l’Afrique, continent somme toute le plus proche - géographiquement, historiquement et économiquement - de l’Europe. Et qui compte 46 pays membres sur les 187 Etats qui gouvernent le FMI. Les voix africaines ont sans aucun doute été d’un apport non négligeable pour remporter la victoire. Elles constituent en outre un point d’équilibre fondamental dans les rapports tels qu’ils se trament sur l’échiquier des relations internationales. Le FMI doit en effet composer avec l’Amérique, le géant asiatique et le sous-continent indien, des partenaires de taille, qui ont su au demeurant développer leurs affaires avec le continent africain. Christine Lagarde le sait. Depuis fort longtemps, et sans attendre son élection à la tête du Fonds, elle a su tisser des liens avec les décideurs d’Afrique.

Dès 2005, date de son entrée au sein du gouvernement français, elle a ainsi pris attache avec de nombreux chefs d’Etats et de personnages clés du continent, et a pesé en faveur de l’adoption d’un certain nombre de résolutions favorables au soutien à la croissance de l’Afrique. En 2008, la ministre française de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, recevait Donald Kaberuka, président de la BAD. Au cours de cet entretien, elle a salué les 5,7% points de croissance du continent africain et s’est réjouie du bon travail réalisé par la BAD, ainsi que des résultats obtenus dans le cadre des réformes engagées.

A même époque, durant sa mandature à la présidence du Conseil de l’Union européenne pour les Affaires économiques et financières (Ecofin), elle apportait son plein soutien à l’Egyptien Youssef Boutros-Ghali pour présider au Comité monétaire et financier international (CMFI) du FMI. Il sera finalement élu en 2008 à la tête de cette instance, qui a pour mission de donner ses grandes orientations au Fonds.

 

Promotrice de partenariats avec l’Afrique

Au plan des partenariats économiques et commerciaux, Christine Lagarde a donné de la voix et payé de sa personne pour favoriser les synergies entre la France, l’Europe et l’Afrique, et promouvoir les transferts de technologie, de capitaux, de biens et de services. En 2006, c’est en Afrique du Sud que la ministre alors déléguée au Commerce extérieur engage à des investissements français durables, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports. L’année suivante, elle décide de la reprise des activités de la Coface, l’assurance-crédit à l’exportation, en Angola. En 2009, elle accompagne le président Nicolas Sarkozy à Kinshasa (République démocratique du Congo), et, à l’issue de la visite officielle, elle signe avec le Premier Ministre, Adolphe Muzito, un accord sur le renforcement des relations économiques et bilatérales.

Elle défend avec autant de vigueur le développement de la coopération euro-méditerranéenne, en particulier avec l’Afrique du Nord. A Tunis, en 2006, la ministre déléguée au Commerce extérieur déclare : « Le processus Euromed doit être considéré comme une opportunité unique de bâtir une association gagnant/gagnant au sein de laquelle les pays méditerranéens et européens sortiront mutuellement renforcés par la mise en commun de leurs forces et de leurs avantages comparatifs ».

Elle recommande alors que la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (Femip) accroisse ses relations avec le secteur privé de la rive africaine de la Méditerranée, et qu’elle s’oriente non seulement vers le financement de grands projets, mais de plus en plus vers ceux des PME. Dans la même veine, Christine Lagarde exhorte les pays membres de l’Union européenne à encourager les investissements privés, et évoque la possibilité de participation plus importante dans les projets de capital-risque et d’activités de microcrédit.  

Elle s’emploie également à la relance des partenariats avec l’Algérie, accueillant en visite officielle, dès 2008, Karim Djoudi, ministre des Finances. L'entretien porte principalement sur les perspectives d'intensification de la coopération économique et financière entre les deux pays, et sur la mise en œuvre du Mémorandum franco-algérien de partenariat économique et financier, signé à Alger en 2006. Lors de cette rencontre, une convention entre les compagnies d’assurance française et algérienne est également signée. Cet acte met fin à un contentieux vieux de 42 ans. En 2010, c’est la coopération franco-égyptienne pour la construction du métro du Caire que la ministre soutient, en présence de son homologue égyptien des Transports. Christine Lagarde parvient à instaurer le dialogue et à restaurer la confiance là où des bataillons de diplomates, d’énarques et d’hommes d’affaires avaient échoué. Le secret de sa réussite est contenu dans cette phrase qu’elle prononce en 2007, à l’Assemblée nationale : « Assez pensé maintenant, retroussons nos manches ».

 

Une politique volontariste de soutien au développement

Dans le cadre de l’aide publique française au développement, elle double ainsi, en 2008, le montant de l’aide versée au Togo alors en proie à une crise alimentaire générée par la hausse des prix des matières premières. Un accord bilatéral de remise de dette entre la France et ce pays d’Afrique de l’Ouest est également signé. En 2009, à Ouagadougou, alors qu’elle participe à la réunion des ministres des Finances de la Zone franc, elle renouvelle sa volonté d’approfondir les relations entre la France et le Burkina Faso, et paraphe une convention d’aide budgétaire pluriannuelle avec le « pays des hommes intègres ».  

En sa qualité de représentante de la France au Sommet des chefs d’Etats et de gouvernement des pays membres du G20, la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi appuie les négociations qui contribuent au développement des pays les plus touchés par la crise et à leurs besoins de balance des paiements. A Bercy, au lendemain du Sommet du G20 de Londres, elle déclare : « Je considère qu’il est de notre responsabilité de prendre la mesure de l’impact de la crise sur les pays les plus fragiles. C’est un thème que j’ai souvent évoqué, notamment avec mes collègues africains. Nous ne pouvons pas laisser une crise née dans les pays riches et qui s’explique par un dysfonctionnement de nos systèmes de régulation remettre en cause les efforts de développement accomplis depuis plus de dix ans. C’est pour moi un devoir de solidarité internationale ».

Aux côtés de Lazare Essimi Menye, ministre camerounais des Finances, elle travaille alors à la réforme des instruments financiers pour répondre aux besoins de trésorerie des pays à bas revenus, et à l’assouplissement des conditions des prêts du FMI. De même, elle réaffirme l’engagement à mettre en œuvre les Objectifs de développement du millénaire et ceux en matière d’annulation de dette. Elle plaide également en faveur de l’utilisation de la vente d’une partie des réserves d’or du FMI pour l’octroi de prêts aux économies les plus fragiles. Charles Diby Koffi, ministre des Finances de Côte d’Ivoire, atteste de son rôle déterminant dans l’application de cette mesure qui bénéficiera notamment aux pays africains. En 2010, à la veille du Sommet de la Zone franc, elle réitère son appui aux initiatives visant à l’intégration économique régionale en Afrique. Elle promet de faire écho des demandes relatives à la stabilité des prix des matières premières et aux équilibres monétaires entre les zones. Un an plus tard, en avril 2011, à N’Djamena (Tchad), à l’occasion de la réunion des ministres de tutelle de la Zone franc, la ministre française présente les priorités en matière de développement telles qu’évoquées lors des travaux de la présidence de la France du G20. Elle annonce la mobilisation de financements - notamment pour le développement des infrastructures à dimension régionale -, et aborde les questions relatives à l’inclusion financière et à la réduction de la volatilité des matières premières. Puis c’est à la Côte d’Ivoire qu’elle assure, le même mois, le plein soutien de la France, contribuant à hauteur de 400 millions d’euros au financement des dépenses d’urgence, à la relance de l’activité économique et à l’apurement d’arriérés. Quelques jours plus tard, aux côtés du secrétaire au Trésor américain, elle réunit les ministres des Finances des principaux partenaires des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient avec les responsables des institutions financières internationales. Ensemble, ils définissent les principes d’une stratégie commune pour accompagner dans leur transition l’Egypte et la Tunisie. Deux mois plus tôt, en février, la ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie avait conduit la délégation française qui effectuait le premier déplacement en Tunisie après la révolution du 14 janvier.

De bout en bout de son parcours politique, le credo de Christine Lagarde aura été de défendre le projet d’une gouvernance fondée sur un rôle accru des pays émergents et en développement dans l’économie mondiale. A présent qu’elle siège à la direction générale du FMI, elle aura à cœur et tout loisir de poursuivre en ce sens à l’échelon international.

Le continent africain sera on ne peut plus attentif à ce qui sera entrepris sous les auspices de cette Française et Européenne au service de l’ensemble des pays membres du Fonds monétaire international, et donc de l’Afrique, qui représente le quart des adhésions.  

 


Du Ministère français de l’Economie, des finances et de l’industrie...

...au Fonds monétaire international

 Dans un monde dominé par la mâle gouvernance, Christine Lagarde fait figure d’exception. Désormais, le FMI est orchestré par une femme. Elle est la première dans l’histoire de l’institution - depuis sa création, en 1944 - à qui est confié la régulation du système monétaire et du suivi des politiques économiques et financières des pays membres. L’enjeu est de taille. Il consiste à prévenir les risques éventuels et à formuler des conseils de sorte à faciliter les échanges entre les pays. Il s’agit en outre de tenir les ressources du FMI - temporairement et moyennant garanties – à la disposition des Etats membres qui rencontreraient des difficultés de balance de paiements. « Mon objectif premier sera de faire en sorte que notre institution continue de servir tous les pays membres avec la même détermination et le même engagement », a d’ailleurs assuré Christine Lagarde lors son discours d’investiture. Elle a pris les commandes de l’institution le 5 juillet, depuis le siège du FMI, à Washington.

 


Partager cet article

Published by Narame - dans AFRIQUE
commenter cet article

commentaires