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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 12:18

 

« Adapter nos modes de production

aux besoins des populations »

 

Paru dans Les Afriques - 16 novembre 2011

 

 

Sylvanus-Traore.JPGSa Sylvanus Traoré, ingénieur en développement rural, dirige le Bureau de restructuration et de mise à niveau depuis la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso. Il livre son analyse sur cinquante ans d’agriculture en Afrique.  

 

Les Afriques : Quels changements ont été opérés en Afrique subsaharienne au lendemain des indépendances ? 

Sa Sylvanus Traoré : Il a fallu transformer les modes de production qui, durant la période coloniale, étaient orientés vers la satisfaction des besoins de l’Occident, et travailler alors à l’autosuffisance alimentaire. Nous avons toutefois conservé les « cultures de rente » comme le cacao, le café, l’hévéa et le coton, qui répondaient aux besoins de l’industrie de transformation des pays du Nord, mais qui ont néanmoins servi de moteur à l’adoption de nouvelles pratiques agricoles et à l’amélioration des outils de production.

Aujourd’hui encore cette tendance demeure, même si les sécheresses successives des années 1970 et 1980 sont venues rappeler l’impérieuse nécessité d’assurer d’abord notre sécurité alimentaire.

 

LA : Comment se sont réorganisées les politiques agricoles ?

SST : Toute la stratégie a été repensée. Dans chaque pays, un ministère chargé du secteur a été créé, ainsi que des structures de vulgarisation agricole et de recherche scientifique.

Au début des années 1980, une politique foncière permettant d’acquérir des titres de propriétés sur le domaine agricole a été adoptée. Elle s’est cependant heurtée à des réticences. Cette situation perdure aujourd’hui encore, notamment au Burkina Faso. La mesure serait pourtant de nature à faciliter le passage progressif à l’agrobusiness tel qu’il est promu depuis la fin des années 1990. Le lancement, il y a un an, de la politique de sécurisation foncière, dans le cadre du Millenium Challenge Account (MCA), participe de cette volonté de donner à nos agriculteurs la possibilité d’investir sereinement dans la valorisation des terres.

 

LA : Qu’en est-il des coopérations entre les états membres de l’Afrique de l’Ouest ?

SST : Depuis le début des années 2000, les pays ouest-africains ont décidé de mettre en commun leur intelligence et leurs moyens pour conduire le développement de l’agriculture. Cela s’est traduit par l’adoption d’une politique agricole commune à l’espace CEDEAO, avec une déclinaison au niveau de l’UEMOA. Déjà, en 1993, les états membres de la CEDEAO avaient inscrit la nécessité d’une coopération afin de promouvoir l’agriculture et pour protéger le cours des produits d’exportation sur le marché international.

L’UEMOA a adopté la même approche. La coopération entre Etats est construite autour de l’intégration des structures de production, des intrants agricoles, des outils de production et de la mise en valeur des bassins fluviaux. Cette dernière disposition s’est du reste traduite par la création de nombreux organismes de développement autour du bassin du Niger, des Volta et du fleuve Sénégal.

 

LA : Et avec l'Afrique du Nord ?

SST : Dans chacun de nos pays, nous travaillons au rapprochement des acteurs, et le forum Africallia, organisé par la CCI du Burkina Faso en mai dernier, a été une occasion de mise en relation des hommes d’affaires du continent.

Dans le cadre d’une coopération Sud–Sud bien pensée, on peut imaginer que la Tunisie, qui a su développer un secteur textile fort à la faveur du Programme de mise à niveau de l’industrie de 1995, préparant le traité de libre échange avec l’Union européenne, puisse mettre à disposition son expertise pour aider le Mali ou le Burkina Faso. Ces deux pays transforment en effet à ce jour moins de 2 % de leur production de coton, malgré les facilités offertes par l’African growth and opportunity act (AGOA). La collaboration avec la Tunisie - via le Centre technique textile qui est l’un des plus modernes du continent africain - concernerait le transfert et l’adaptation intelligente des technologies.

Il pourrait en être de même s’agissant de l’agro-industrie. Depuis le début de la décennie 1990, on assiste d’ailleurs à de grandes avancées sur ce plan.

 

LA : D’où proviennent les investissements directs étrangers ?

SST : En plus du Vieux Continent qui continue d’investir dans les différentes filières agricoles et dans la transformation des matières, la sous-région connaît depuis quelques années l’arrivée de nouveaux acteurs venant pour l’essentiel d’Asie et qui se positionnent notamment sur la transformation du coton. Après les Chinois au Niger et au Mali, le Burkina Faso reçoit à présent des Indiens. Ils sont actifs dans le secteur du coton, des amandes de karité et des noix de cajou. Les investisseurs d’Afrique du Nord se font encore attendre, même s’ils sont présents dans le domaine du commerce des biens et services.

 

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