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Bio Express

  • : VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • VERONIQUE NARAME - JOURNALISTE
  • : Journaliste, je collabore avec la presse économique et la presse professionnelle. Je signe des portraits, articles, interviews, dossiers et ouvrages. A mon actif également, des reportages en Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. En parallèle, je conçois et pilote des formations sur la communication interculturelle. Et effectue tous travaux rédactionnels, présentation et animation de conférences-débats. Contact : veronique.narame@free.fr | Twitter : @veroniquenarame
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LE CHOIX DE LA REDACTION

 

 

ALTERNATIVES INTERNATIONALES  n° 067

Juin 2015

       Boko Haram épuise le Cameroun

Par Véronique Narame
A Maroua et Minawao
 
couverture
                  

Depuis un an, le Cameroun fait face aux assauts meurtriers de la secte nigériane Boko Haram. Et contribue, depuis 2013, à l'accueil sur son territoire de 40 000 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao.

 

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LE CHOIX DES INTERNAUTES

JUIN 2015

Algérie / Industrie électrique et électronique : Moderniser et restructurer

Algérie  / Maritime : L'Algérie combine mer et terre

Côte d'Ivoire / Socitech Groupe : Contribuer à la digitalisation de l'Afrique

Burkina Faso / Sibiri François Yaméogo, Styliste Modéliste

Algérie / Photo reportage au Salon international du livre d'Alger

Burkina Faso / Des infrastructures performantes pour l'industrie

 

 

16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 18:57

  

L’Afrique s’invite en Provence   

Paru dans New African  -  Septembre-Octobre 2010   

 

Image-4-0951.jpgL’Ardèche en Afrique, c’est tout l’été, de la mi-juillet au 15 août, à Saint Remèze. Un mois de festivités pour célébrer un continent, ses cultures, ses artistes. Du grand art, à quelques battements d’ailes de Dakar, Nouakchott, Alger, Porto-Novo, Ouagadougou, Bamako, Niamey, Abidjan, Conakry, N’djamena, Yaoundé, Kinshasa, Bangui, Brazzaville, Lomé et de Paris.

« Salaam Aleikoum… Ecoutez-moi : Nous sommes venus chez vous par la terre… Nous sommes venus chez vous sur un grand bateau… Nous sommes venus par les airs ». Sur un tempo balançant entre jazz et groove béninois, les musiciens du Gangbé Brasse Band ont ainsi ouvert les festivités, peu après le 14 juillet. Comme tant d’autres, ils ont irisé de leur talent et avec maestria la lande ardéchoise. Ils ont investi ces arpents de garrigue et ont essaimé quelques notes de cette partition africaine, de ce souffle vital qui vivifie les âmes.

Trois ans après la première édition d’Afrikabidon qui avait réuni des corporations d’artisans africains, des artistes - dont Tiken Jah Fakoly -, des cultivateurs, des philosophes, des littérateurs et des conteurs, trois ans plus tard, Maurice Freund, l’initiateur de l’événement, récidive de plus belle. Cet été, le fondateur de la coopérative de voyageurs Point-Afrique a relancé la machine et la magie a opéré. Celui qui programme vols et circuits touristiques au Mali, au Burkina Faso, en Algérie, au Niger a de nouveau relevé le défi et gagné son pari. La foule s’est déplacée. Ils étaient 22 000 en 2007, ils sont plus nombreux encore cette année. L’infatigable arpenteur des contrées africaines, qui a fait de son credo la maxime d’Hampâté Bâ « la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit », peut se targuer de la réussite de ce festival des rencontres africaines. Un an seulement après le Festival culturel panafricain d’Alger, c’est donc en pays ardéchois que se métissent les cultures, de manière forcément plus intimiste que le phénoménal Panaf. Mais tout de même, il fallait oser défier les lois de la pesanteur et du pessimisme environnant pour avoir idée de transformer le site de l’Aven Marzal en un plateau de création d’une teneur aussi exceptionnelle.

Imaginez : des espaces où se produisent et se relaient, des jours et des jours durant, quelques-uns des esprits les plus prolifiques que l’Afrique ait légué à l’humanité. Le festival de l’Afrique en Ardèche, c’est la luxuriante rencontre entre ces esthètes, ces intellectuels, ces inventeurs d’un nouveau monde et les forces vives que compte la région provençale. Conférences, débats, expositions, marché africain, concerts, ateliers, stages… cette myriade de thématiques permet de découvrir ce continent et engage ainsi à parler le langage universel qui transcende les frontières politiques et ethniques.

 

Espace de création et d’expression africaines

Pour sa deuxième édition, Afrikabidon a mis le feu au maquis provençal en conviant sur ses terres toutes lesaff_image-copie-1.gif disciplines artistiques : musique, photo, sculpture, arts plastiques, cinéma, littérature, peinture, bande-dessinée… Ils sont venus de tous les horizons d’Afrique pour communiquer avec les néophytes du Nord et les inviter au voyage de découverte de la quintessence des expressions culturelles de l’hémisphère sud.

Au programme de cette année, un vaste espace est dédié à la création africaine. Il est investi par les bronziers virtuoses dont fait partie Boubacar Balima du Burkina Faso, et par le sculpteur ivoirien Ky Siriki. Des tailleurs et des bijoutiers ont également été conviés, ainsi qu’un artiste qui recycle les déchets en œuvres d’art, tandis que des designers transformant la matière en mobilier ou en luminaires font démonstration de leur savoir-faire. Notons également la présence d’aquarellistes et de calebassiers. De l’artisanat togolais et sénégalais est exposé, avec son lot de sacs, de vêtements et de statuettes.

Côté lettres, une librairie donne à lire l’éloquente production continentale et des animations littéraires sont organisées, à différents moments du festival. La jeunesse peut ainsi partir en reconnaissance du monde en suivant Cram Cram chez les Dogons du Mali, et le grand public assister aux soirées contes de l’artiste franco-tchadien Iko Madengar.

Le 7ème art n’est pas oublié. Des dizaines de films ont été sélectionnés pour découvrir la production africaine. Ont ainsi été projetés, en juillet, des documentaires retraçant l’itinéraire de Thomas Sankara - à l’instar de celui du Congolais Balufu Bakupa-Kanyinda. Des réalisateurs se sont attachés à la mise en scène de la vie quotidienne, au Niger (Bataille sur le grand fleuve de Jean Rouch), au Mali (L’esprit de Mopti de Moussa Ouane et Pascal Letellier) et en bien d’autres régions d’Afrique. On aura aussi pu apprécier Un hirdé pour Dakar d’Ibrahima Sarr, un 26 mn faisant focus sur la styliste Ournou Sy.

En août, l’on ne manquera pas Le beurre et l’argent du beurre, une production France/Burkina Faso traitant du commerce du beurre de karité et de la délicate question de la répartition plus juste des revenus au profit des producteurs.

De bout en bout du festival, des stages et des ateliers sont proposés. L’un est consacré à la calligraphie du désert avec le mauritanien Ahmed Ould Amar de Chinguetti, la cité des vieux manuscrits. D’autres fournissent les rudiments pour s’initier à la danse d’expression africaine ou au balafon, au cinéma d’animation, à la photo, à la cuisine, aux contes. La réalisation d’une fresque - sous la houlette du dessinateur caricaturiste Samy Daïna et du scénariste Christophe Ngalle Edimo - se déroule en août.

Pour agrémenter l’ensemble, l’art culinaire africain ne manque pas de ravir le palais et contente, selon les envies, les appétences sucrées ou salées. Au menu, un grand choix de nourritures, dont celles proposées par l’association Tila, sur le marché installé durant tout le festival.

La musique est évidemment au programme des réjouissances, avec onze concerts au total et un florilège d’artistes qui a fait le déplacement et se produit sous chapiteau. Parmi eux, les Maliens Amadou et Mariam, Toko Blaze l’Ivoiro-camerounais de Marseille, ainsi que le guitariste Ibrahim Djo. La Guinée est représentée par Les espoirs de Coronthie et l’Algérie par son égérie Aïcha Lebga. D’autres soirées sont réservées aux divas Kareyce Fotso du Cameroun, Dobet Gnahoré de Côte d’Ivoire et Kady Diarra du Burkina Faso. L’ambiance percussive d’Afrikabidon concentre et distille toutes ces influences. Et l’éclectisme est de rigueur. Il mixe sans détour les instruments traditionnels à ceux résolument électriques. Dâwa Litaaba et le Tabala Orkestra en sont l’illustration, tout comme Abdallah ag Oumbadougou du Niger et le Touarègue de Djanet Nabil Othmani.

Palabres sur le plateau ardéchois

LOGO-FANGAFRIKA.jpgL’invitation au voyage de découverte du continent africain est également ponctuée, comme il se doit, de conférences, avec en point d’orgue le bilan des cinquante années des indépendances africaines. L’un des acteurs de la lutte contre le colonialisme et pour l’indépendance de la Mauritanie, Ahmed Baba Miskè, honore ainsi de sa participation un débat sur ce thème. Les questions relatives au développement durable sont également abordées, sous différents angles, avec, entre autres expertises, celle de Pierre Rabhi, agroécologue et écrivain. L’économiste et journaliste Sylvie Brunel est de la même manière attendue. L’une des thématiques des conférences porte sur l’islam, avec entre autres interventions celle de Soumeylou Boubeye Maiga qui dirige l'Observatoire Sahélo-sahélien de géopolitique et de stratégie (OSGS), et Philippe Yacine Demaison qui témoigne de son cheminement en mystique soufie.

Pour accueillir le public et les invités, le village africain Tamana situé dans la garigue met à disposition ses éco-lodges. Dans la plus pure tradition architecturale, les khaïmas mauritanienne, les paillottes peules et les cases songhoys sont ainsi aménagées pour passer de belles nuits en brousse ardéchoise et prolonger, à dessein, son voyage africain.

 

 

 

Le parcours de Maurice Freund

Création du Point-Mulhouse en 1964 et lancement du vol charter en France.

Premiers vols sur l’Inde, l’Afghanistan, le Yémen, l’Algérie, le Niger, en 1968.

Création de la première compagnie aérienne, la SATT, dans les années 1970.

Ancrage du Point à Ouagadougou, dans les années 1980. Le positionnement au Burkina Faso se consolide avec trois vols par semaine, des centaines de milliers de touristes, plusieurs dizaines d’hôtels rénovés dans tout le pays et la création à Gorom Gorom d’un centre de formation à l’agrobiologie dirigé par Pierre Rhabi.

En 1987, à l’occasion de la création de la compagnie aérienne Naganagani, Point-Air offre au Burkina Faso les clefs du B 707 cargo qu’il remet au Président Sankara.

De 1990 à 1991, Maurice Freund est nommé DG d’Air Mali.

Création du Point-Afrique, en 1996. Ouverture de vols Lyon/Gao, Atar, Mopti, Agadez, Sebah, Tamanrasset, ainsi que Djanet, en 2000.

Début des vols charter Ouagadougou/Niamey puis Cotonou/Bamako, à partir de 2002.

Le 9 juillet 2009, le ministre malien N’Diaye Ba remet la médaille du Mérite national à Maurice Freund.

 

 

 

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Published by Narame - dans AFRIQUE
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